Tony LOPES, les lames de Champagne

tonyLe talent n’attend pas le nombre des années, surtout lorsque l’on a fréquenté la bonne école, notamment sous l’égide de Fred Perrin.
Tony créé ses modèles en fonction de son inspiration et des desideratas de ses clients. Et aussi exigeante que soit le cahier des charges, il se fera un point d’honneur à répondre le plus fidèlement possible aux multiples requêtes de ses commanditaires.
La mixture à base d’arts martiaux et de forge prends vite forme, forme qui se conceptualise dans les diverses gammes de couteaux que décline Tony.
Et lorsque pragmatisme et esthétisme font aussi bon ménage, on ne peut que se réjouir de la belle ascension du jeune coutelier !

– Peux tu te présenter à nos lecteurs ?
Je m ‘appelle Tony Lopes et suis artisan coutelier à Reims dans la région du Champagne. Cela fait bientôt 4 ans que je dessine des concepts de couteaux et surtout que je les fabrique de A à Z ! Je participe à de quelques salons : SICAC à
Paris, journée de la coutellerie à Paris, salon du couteau et des arts de la table à Lyon, etc.… et présente ma gamme de couteaux sur mon blog www.tonylopesblades.com.

– Quelle est ta conception de la coutellerie et comment as-tu embrassé cette profession ?
Je me suis toujours intéressé aux couteaux. Depuis le plus jeune âge je collectionne les couteaux, lis les magazines spécialisés et j’utilise quotidiennement  ce « prolongement de la main ». A cela s’ajoute une pratique des arts martiaux et une passion pour le sport. Du karaté à la boxe thaïlandaise ou encore le krav maga, le penchak silat, j’ai toujours étais féru des disciplines de contact. La conception de la coutellerie est intimement liée à ma pratique de la self protection. Tout a commencé par la pratique de la self défense avec Fred Perrin. Sa méthode, simple, efficace et très réaliste, ma donné envie de concevoir des couteaux utilitaires, proches des besoins des utilisateurs.

– Ta pratique martiale s’oriente dans quelle direction ?
Je ne pratique pas une méthode sportive de combat avec ces règles, ces médailles et ces grades. Je pratique et j’enseigne la méthode ACDS (Académie du Couteau et de la Défense en Situation) créée par Fred Perrin et Philippe Pérotti. Mon parcours ma aussi permis d’apprendre le stick fighting et le grappling. Ces complémentarités me permettent d’appréhender les réalités des combats en situation. Ma profession de coutelier et par conséquent la connaissance et l’utilisation quotidienne du couteau m’amène à introduire dans mes cours de self protection des notions très pragmatiques. Pour savoir se défendre contre un couteau il faut avant tout savoir l’utiliser. Aussi, je préfère décrire ma pratique comme de la self protection car ce n’est pas qu’une méthode d’affrontement, elle enseigne une multitude de savoir faire permettant d’éviter (comportement, verbatim), de combattre (techniques d’actions immédiates) et d’intervenir après les situations de conflits (premiers secours, porter plainte).

– Comment réalises-tu un couteau et quel est ton modèle « emblématique » ?
Un couteau se réalise en une dizaine d’étapes.
La première étape est le cahier des charges. Celui-ci me permet de définir en amont de la fabrication les grandes caractéristiques : utilité, environnement,matériaux, gabarits et finitions. Pour vérifier l’ergonomie du couteau, je réalise des maquettes. Ensuite vient le l’étape de la réalisation du couteau :
– réalisation du modèle par découpe (stock removal) ou par forge
– mise en forme de l’émouture
– revenus et trempe
– collage, rivetage et mise en forme des plaquettes
– polissage de l’ensemble du couteau
– réalisation de l’étui
– affûtage de la lame
– tests de coupes
J’utilise le plus souvent de l’acier de type XC75. Cette matière allie un pouvoir de coupe très performant et une facilité d’affûtage sur le terrain. Je réalise la plupart de mes étuis en Kydex. Ce matériau a l’avantage d’être léger, peu encombrant, imputrescible et permet des modes de port multiples. Je privilégie des matières synthétiques comme le Micarta et le G10 pour les plaquettes de mes couteaux.
Mes inspirations sont la plupart du temps issues d’expériences personnelles de la pratique de la self et de mes balades en forêt et d’échanges avec des experts de la survie en nature et urbaine.
Mon modèle « emblématique » est le Carcajou, couteau de type outdoor.
L’histoire de ce modèle à commencé sur un forum spécialisé dans le domaine de la survie, davidmanise.com, c
e qui m’a permis de lancer ma carrière. Aujourd’hui j’ai développé ma gamme et propose des modèles urbains, outdoor et d’utilisations plus spécifiques.

– Ta vision du combat au couteau ?
Comme dirait un ami que nous avons en commun…lol, « cfc » soit « cours forest cours ! ».
Contre une arme blanche, la vigilance est de mise, si cela est possible, il vaut mieux prendre la fuite. Toutefois, certaines situations ne nous donnent pas le choix il faut agir et vite. Il faut utiliser tout ce qui nous tombe sous la main pour se défendre et sauver sa vie. « Mieux vaut être jugé par 12 que porté par 6 ».

– Quelles sont tes autres passions ?
La lecture, la randonnée, le tir, le cinéma, la bonne bouffe, le dessin, les stylos, armes en tout genres de toutes époques, les sports de combat et le sport en général.

– Un conseil pour nos lecteurs ?
Pour progresser dans le domaine de la self, il faut rester ouvert aux autres disciplines : « il faut savoir remettre la ceinture blanche ». Pour les amateurs de couteaux, je vous accueillerais avec plaisir dans mon atelier.