Dominés, dominants, autonomes et souffre-douleurs

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Cet article raconte l’expérience assez connue des « rats plongeurs » et regarde les conclusions à en tirer en sécu perso & en survivalisme.

Cette expérience s’applique à des rats et cela ne veut pas dire que c’est pareil chez les hommes, mais elle appelle à la réflexion.

L’expérience

Voici un résumé de l’expérience :

  • 6 rats séparés de leur nourriture (ils savent où elle est) par de l’eau, ils doivent plonger pour aller chercher à manger. Tous les rats savent nager et plonger, mais c’est un stress pour eux
  • Dans tous les groupes testés, se forment des sous-groupes : les plongeurs et les non-plongeurs. Les plongeurs ramènent la bouffe, et souvent se la font piquer par les non-plongeurs à l’arrivée. Des fois ils défendent leur bouffe, des fois ils la perdent et y retournent (et quand tout le monde a à manger, ils ont du répit pour manger)
  • Jamais il n’y a des groupes 100% plongeurs ou 100% non-plongeurs (ils mourraient), il y en a toujours « qui s’y collent » et toujours « qui en profitent », même quand on regroupe les plongeurs d’autres groupes ensembles
  • Au final, très grossièrement / schématiquement, on retombe quelque soit les groupes sur un dispositif : 2 dominants (les branleurs qui piquent la bouffe des autres), 2 soumis (qui vont chercher la bouffe), 1 autonome (qui va chercher sa bouffe et la mange), 1 soufre-douleur (qui ose pas aller chercher la bouffe et n’a rien à manger)

Pour ceux qui veulent voir en détail, voici un exemple en vidéo :

Et aussi une variante en texte ici.

La vidéo explique certains éléments intéressants, notamment :

  • Le rôle dans le groupe n’est pas figé. Un même animal dominant dans un groupe sera soumis dans un autre (ou vice-versa, ou un autre rôle). Le rôle dépend des individus composant le groupe mais aussi du type de problème auquel fait face le groupe. C’est logique mais il fallait le trouver/prouver. Dans un groupe de personnes, notre relation et « pouvoir » social varie selon qui on a en face, mais aussi selon la situation… dans une situation où l’on a des compétences fortes, on n’agira pas pareil que dans une situation où l’on ne sait pas quoi faire, et cela aura un impact sur la perception des autres de qui on est
  • Les premiers actes effectués dans le groupe joue sur le rôle final que l’on va tenir dans ce groupe. Et une fois le rôle déterminé, en tous cas chez les rats, il ne change plus dans le groupe / situation étudiée
  • Les scientifiques modèlisent les critères influençant la prise de rôle dans le groupe, dans l’expérience décrite, par 3 axes : l’anxiété (le stress), la faim, la force. Les plus stressés n’iront pas à l’eau, et s’ils ont faim et sont forts, deviendront facilement dominants / voleurs. Les moins stressés par l’eau, ça les gênera pas de plonger aller chercher la bouffe… après selon s’ils sont forts & affamés ou pas, ils oscilleront entre autonomes & soumis. Le stressé faible sera le souffre-douleur

Le lien avec la sécu & la survie

Difficile de généraliser une expérience de rats plongeurs à un groupe d’être humains en situation d’agression (groupe, témoins…) ou de survivalisme (regroupement de survie, communauté), car beaucoup la situation n’est hélas pas aussi simple que des croquettes au bout d’un tube rempli d’eau 🙂

Ceci étant dit, ça fait réfléchir :

  • Dans une phase pré-agression dans un groupe de personnes, les premiers petits « actes » (le premier coup de dents d’un rat dans l’expérience, si ça marche, le positionne dominant pour la suite) vont avoir du poids dans le déterminisme des dominants vs soumis. Ca peut être quitte ou double. C’est lié aussi au sujet clé en self de la « prise d’initiative »
  • Dans un groupe d’agresseurs, on sait que l’effet groupe joue beaucoup et on peut imaginer qu’il y a une répartition similaire de dominants et de suiveurs. La self dit que s’il faut en venir au main, il faut fracasser un dominant (donc l’avoir reconnu comme tel) pour avoir une chance de calmer le groupe
  • Dans un groupe d’usages d’un transport public où rentre un prédateur, c’est pareil, il y a des dominants, des soumis, etc. et dans chaque situation de transport, c’est un nouveau « groupe » qui se forme et donc à chaque fois votre rôle change. Dans un bus vous serez perçu comme le dominant du groupe, dans un autre métro, vous serez peut-être perçu comme le plus soumis. Le prédateur choisira celui qu’il sent le plus faible (et qui a de la nourriture / un iPhone 11 bien visible)
  • Pour ceux qui réfléchissent (déjà) à leur communauté de survie pour quand la civilisation se sera effondrée tout ça, difficile de savoir à l’avance et théoriquement qui seront les dominants / dominés / autonomes / souffre-douleurs du groupe ; mais il y en aura forcément de tous types (peut-on ne pas avoir de souffre-douleurs ? maybe… je sais pas), et surtout ce rôle n’est pas déterminé par la personne elle-même mais par le groupe, les interactions avec le groupe et surtout le type de problème auquel fait face le groupe… donc aujourd’hui vous savez pas (la collapso a tellement d’idées de problèmes à affronter, ouch)

Je donne pas de solutions, juste des pistes de réflexion ^^

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