Statistiques de victimation

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Dans le livre Protegor, il y a depuis 2008, deux pages de chiffres pour bien comprendre ce que représentent les vols, les viols, les violences, les homicides… dans notre société. Dans la dernière édition du livre, les chiffres ont été mis à jour bien sûr, sur la base des dernières études réalisées pour beaucoup pour l’ONDRP. Il n’est pas inutile d’avoir en tête quelques ordres de grandeur pour comprendre le poids que représentent les viols et certaines formes de violence, et en face de cela le poids bien moins moindre (fort heureusement) d’homicides — les causes de mortalité principales sont, rappelons-le, les maladies type cancer…

Cet observatoire national de la délinquance vient de publier un nouvelle étude sur les données 2016 qui couvre :

  • Les atteintes aux biens (résidences, véhicules, vols divers, fraudes),
  • Les atteintes aux personnes (violences morales, violences physiques, violences sexuelles),
  • Les perceptions de l’insécurité

On pourra retenir quelques chiffres clés :

  • Environ 2% de risque d’être cambriolé
  • Ce sont souvent les mêmes logements qui sont cambriolés
  • 30% des cambriolages se font alors qu’il y a quelqu’un dans la maison/appartement
  • Il y a plus de vols en juillet, août et décembre
  • Seulement 55% des personnes cambriolées portent plainte… (how come!)
  • Les vols de voitures sont stables depuis 2-3 ans, mais bien plus bas qu’il y a 10 ans
  • Il y a 2 fois plus de risque de se faire voler un deux-roues (moto ou vélo) qu’une voiture
  • 0,4% de la population a subi des vols avec violence physique ; ce chiffre est au plus bas en 2016
  • 40% des vols avec violence sont des vols de portables, 65% se déroulent dans la rue, dans 61% des cas il y a plusieurs agresseurs
  • Les fraudes sur cartes bancaires sont en pleine progression
  • Près de 10% de la population déclare avoir reçu des injures (2,6% seulement portent plainte), et 3,5% des menaces
  • 1,2% de la population a été victime de violences physiques ; ce chiffre est au plus bas en 2016 ; 38% se sont déroulées dans la rue ; 8% avec des armes par destination, 7% avec des armes blanches, 3% avec matraque ou lacrymo, 2% avec arme à feu ; seulement 27% portent plainte…
  • Dans 70% des agressions sexuelles, l’agresseur est connu de la victime
  • 21% de la population déclare ressentir de l’insécurité dans leur quartier (taux de perception assez stable dans le temps)
  • 16% de la population déclare ressentir de l’insécurité à leur domicile !
  • 32% de la population est « préoccupée » par le terrorisme…

Accéder au rapport complet avec ce lien ^^

(merci à Vincent pour m’avoir passé l’info)

3 Comments

  1. Bastoun

    12 décembre 2017 at 9:34

    Les 16% de la population qui déclare ressentir de l’insécurité à leur domicile sont en effet assez interloquents…

  2. Mag'

    13 décembre 2017 at 20:04

    @Bastoun :

    j’ai quitté un parc de 20 hectares alloue a 8 familles d’officiers militaires (qui a dit que les deux plus gros proprietaires terriens en France etait l’Armee et l’Eglise ?) pour aterrir il y a 10 ans de ca dans un appartement au 3eme etage d’une barre de 9 etages dans un des quartiers bon a raser de la ville d’Angers.
    J’ai decouvert :
    – l’urine quotidienne dans les cages d’ascenseurs,
    – les caves ou vous n’osez pas y foutre un pied sauf accompagne d’un sig sauer et une lampe tactique,
    – les courses de quad sous mes fenetres quelle que soit l’heure de la nuit (et uniquement la nuit),
    – les voitures incendiees sur le parking,
    – les tirs de carabine et d’armes de poing en pleine nuit,
    – les cris nocturnes de personnes qui a priori ne dorment pas aux memes horaires que vous et moi,
    – les centres hospitaliers psychiatriques qui vous renvoient des skyzos a leur domicile (dans votre immeuble) faute de budget (merci l’Etat) ; ces derniers arretant leur medicamentation le premier jour ou ils rentrent chez eux.

    Donc oui, j’ai fait parti de ces 16 % et ai tenu 8 mois à dormir – de 5 heures par jour.

  3. Chendu

    19 mai 2018 at 11:38

    @Mag : J’ai vécu exactement la même chose que vous mais pendant 25 ans. Je rajouterais :
    _les incendies réguliers dans les immeubles
    _les horaires 7-13h sont les plus sécurisés pour sortir se ravitailler, quoique ce n’est plus vraiment d’actualité (j’ai failli sauter sur une bombe suite à un braquage de dab)
    _les fusillades régulières
    _les mauvais regards et les insultes gratuites et même tabassage gratuit. Et si l’on osait répondre, d’abord on aura tout le voisinage qui nous tombent dessus et ensuite la police qui n’est vraiment pas de notre côté et qui trouve ça amusant.
    _les 14 juillets où une centaines de personnes débarquent en bas de notre immeuble pour y détruire le mobilier urbain et mettre le feu à aux voitures. Voir la police battre en retraite et nous laisser seul dans ce merdier. Donc impossible de sortir dehors surtout quand on travaille. Pour ma voiture j’avais décidé de louer box, eh bien on y a mis le feu à mon box… Du coup je louais deux box pour alterner…
    _les routes qui ne sont pas sûr en plus du risque d’agression (feu rouges très régulièrement grillés, sortie de route très réguliers, les voitures qui finissent sur un trottoir en renverser un panneau ou une personne n’est pas rare) le plus sûr est de prendre les voies rapides où il n’y a pas de feu rouge et de toujours être en mouvement. J’ai appliqué des films anti-agression sur les vitres ma voiture. En deux-roues je grillais les feux pour ne jamais être à l’arrêt.
    _À l’école, des explosifs artisanaux explosent régulièrement et les agressions physique très fréquentes qui pouvaient aller jusqu’au menace au couteau. Les rackets sont également fréquents.
    _les arrachages de vélo pendant les balades
    _les équipements de mobilier urbain inutilisable parce que l’on se fait emmerder lorsqu’on les utilise.
    _des quartiers entier plongés dans le noir suite à un sabotage des installations électriques
    _voir des interventions du gipn en live comme à la télé mais depuis son balcon

    Depuis j’ai quitté cette ville pour une autre légèrement mieux mais ce n’est pas non plus la panacée car après toutes ces années passées dans cette je suis devenu paranoïaque. J’ai systématiquement un outil de défense personnel dès que je passe le palier de ma porte.

    Encore autre chose, les statistiques sont très largement faussés. Jamais je n’ai pu porter plainte dans un commissariat sauf quand je leur disais que c’était pour les assurances, seul les mains courantes sont acceptés même lorsque j’ai fini aux urgences pour une agression. Et ceux qui ne portent pas plainte sont ceux qui avaient déjà essayé de le faire car c’est une perte de temps.

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