Comment faire évoluer la légitime défense ?

18 commentaires

La légitime défense est mal appliquée en France. Trop de magistrats ne se sont pas formés à la compréhension de la réalité de l’agression violente. Les textes sont appliqués à la lettre et aboutissent, parfois, à des absurdités. C’est la preuve que ces textes sont perfectibles & la jurisprudence à prendre avec des pincettes.

Thibault de Montbrial, qui est déjà intervenu plusieurs fois dans les colonnes de ce blog, répond à une interview du Figaro sur ce sujet, et met le doigt sur les raisons des dysfonctionnements de la légitime défense en France, et aussi sur l’attention qu’il convient de porter à l’évolution de ce principe, pour ne pas passer non plus d’un extrême à un autre. Pas facile de placer le curseur au bon endroit.

Qu’en pensez-vous ?

18 Comments

  1. chris

    7 mars 2014 at 10:44

    Bjr,il faut que les magistrats dans leur formation subisse une simulation d’agression dans un parking sans lumieres afin qu’ils apprecient par eux mêmes une situation stressante et non au fond du Coe Penal.
    @+

  2. Yuri

    7 mars 2014 at 22:32

    Bonjour,
    bien que le titre de l’article du figaro soit assez médiocre, l’interview est très intéressante, et reflète bien l’analyse biaisée que font certains magistrats de la légitime défense, au regard des faits, mais aussi des textes. Mais malgré tout, peut-être faudrait-il que l’article 122-5 CP soit l’objet d’une réforme…

  3. Galaad

    12 mars 2014 at 23:44

    Le manque de données et d’études fiables sur les actes de violences empêche toute conclusion valables sur l’impact d’un cadre légal plus permissif sur la question de la légitime défense.

    La question est de savoir si le cadre légal et les autres dispositions (justice, force de l’ordre) actuel est plus efficace pour réduire le coût des conséquences des agressions (morts, blessures, pertes matérielles des victimes…) qu’un cadre plus permissif. Le problème en amont serait de minimiser à moindre coût la réalisation d’actes de violence.

    On ne peut que rester sceptique quant à l’impact d’une modification de la législation. Surtout vu l’état de l’art sur le sujet et la vague d’arguments dignes du café du commerce que l’on peut trouver sur le web.

    Ensuite mettre en situation d’agression des magistrats ne semble pas logique. En quoi cela aiderait à trouver une solution objective au problème? Se baser sur une expérience personnelle pour en faire une règle générale, alors qu’il existe un très grand nombre de variables, c’est contraire à la recherche de la meilleure solution pour l’ensemble des personnes. Cela reviendrait à étendre à l’ensemble des agressions le cadre de l’agression vécue. Il existe des outils et des méthodes plus objectives que le pifomètre pour émettre des conclusions applicables à l’ensemble des cas.

    Pour répondre à la question comment faire évoluer la légitime défense? Je répondrai qu’il faudrait établir une base de données, en faire une analyse scientifiquement valable, créer un modèle comparant différents scénarios de cadre légal de la légitime défense afin de trouver la situation qui répondrait le mieux aux objectifs attendus, baisse du nombres d’actes de violence et diminution de leurs conséquences.

    Et comme dit plus haut, ce type de résultats n’est pas encore possible et sans travaux sur lesquels s’appuyer, prendre une décision ou une autre ça serait du pipeau vu que de toute façon on ne saurait pas en mesurer l’impact.

    • Robert Marchenoir

      20 mars 2014 at 14:52

      Bien sûr que les données existent. Allez voir aux Etats-Unis.

      • Galaad

        20 mars 2014 at 21:47

        Bien sur que non. Toutes les études sérieuses arrivent à la conclusion que les données disponibles ne sont pas suffisantes pour obtenir des résultats acceptables pour émettre des préconisations.

        • Robert Marchenoir

          21 mars 2014 at 16:23

          J’adore ce genre d’affirmation péremptoires étayées sur absolument rien. Quand quelqu’un dit « toutes les études disent que… » vous pouvez être à peu près sûr qu’il n’a pas lu la queue d’une étude.

          Les Américains ont cette grande qualité qu’ils font des statistiques sur absolument tout, et que les résultats en sont publiquement disponibles pour qui veut bien les consulter.

          En particulier, la criminalité, l’armement privé, son usage et la légitime défense sont abondamment couverts par des données de toute sorte.

          D’innombrables études sont basées sur ces données.

          D’innombrables livres sont basés sur ces recherches.

          Et de nombreux auteurs (vous voyez, je suis plus prudent que vous : je ne dis pas tous) en concluent, après avoir passé des milliers d’heures sur le sujet : oui, les armes à feu dans les mains des citoyens honnêtes réduisent la criminalité.

          Tenez, un seul fait : il existe, tous les ans, un grand nombre d’incidents, dûment recensés par les autorités, où la seule exhibition d’une arme à feu, légalement détenue et employée par un citoyen, a empêché la commission d’un délit ou d’un crime.

          Sans qu’un seul coup de feu ne soit tiré.

          Et il existe aussi, je m’empresse de le préciser, un grand nombre d’incidents, dûment recensés par les autorités, où l’emploi légal d’une arme à feu par un citoyen a permis d’empêcher, ou de mettre fin, à la commission d’un délit ou d’un crime, par la blessure ou la mort du délinquant ou du criminel.

          Ce qui est une bonne chose, pour mettre les points sur les i.

          • bruno

            21 mars 2014 at 21:11

            Les états unis avec la vente d’arme, c’est tellement bien qu’il y a 4 fois plus de crime pour mille habitant que pour la France; avant de parler de criminalité,il faut un peu étudier les chiffres, cela évite de dire des contre vérités.

          • Galaad

            22 mars 2014 at 21:57

            Toutes les études sérieuses… Par-ce qu’il faut un niveau de compétences en mathématique, en modélisation, en statistiques et en analyse de données pour comprendre la complexité du problème.

            Mais oui avec vos arguments du café du commerce, c’est clair qu’on peut prendre une donnée sans remettre en question la méthodologie de collecte. On peut aussi l’interpréter telle quelle, sans respect aucun de méthodologie d’analyse de donnée. Pire encore on peut la foutre sous le nez de gens crédules et n’ayant pas la formation pour les remettre en question et la faire passer pour la vérité.

            La réalité c’est que les études validées par des pairs et publiées dans des revues sérieuses, sont beaucoup plus critiques et réservées.

            Et vu que j’ai jamais rien lu. (Attaque Ad homimen non étayée c’est déjà la preuve de votre incompétence à débattre sur le sujet) :

            We observed a robust correlation between higher levels of gun ownership and higher firearm homicide rates. Although we could not determine causation, we found that states with higher rates of gun ownership had disproportionately large numbers of deaths from firearm-related homicides.

            Source : Siegel M, Ross C, King III C. The Relationship Between Gun Ownership and Firearm Homicide Rates in the United States, 1981-2010. American Journal Of Public Health [serial online]. November 2013;103(11):2098-2105. Available from: Business Source Complete, Ipswich, MA. Accessed March 22, 2014.

            On average, guns did not protect those who possessed them from being shot in an assault. Although successful defensive gun uses are possible and do occur each year,[ 33][ 57] the probability of success may be low for civilian gun users in urban areas. Such users should rethink their possession of guns or, at least, understand that regular possession necessitates careful safety countermeasures. Suggestions to the contrary, especially for urban residents who may see gun possession as a surefire defense against a dangerous environment,[ 61][ 67] should be discussed and thoughtfully reconsidered.

            Source : Branas C, Richmond T, Culhane D, Have T, Wiebe D. Investigating the Link Between Gun Possession and Gun Assault. American Journal Of Public Health [serial online]. November 2009;99(11):2034-2040. Available from: Business Source Complete, Ipswich, MA. Accessed March 22, 2014.

            Je quoterai pas mais j’ajouterai pour les curieux :

            Wodarz D, Komarova NL (2013) Dependence of the Firearm-Related Homicide Rate on Gun Availability: A Mathematical Analysis. PLoS ONE 8(7): e71606. doi:10.1371/journal.pone.0071606

            Branas C, Richmond T, Culhane D, Have T, Wiebe D. Investigating the Link Between Gun Possession and Gun Assault. American Journal Of Public Health [serial online]. November 2009;99(11):2034-2040. Available from: Business Source Complete, Ipswich, MA. Accessed March 22, 2014.

            Wintemute G, Hemenway D, Webster D, Pierce G, Braga A. Gun Shows and Gun Violence: Fatally Flawed Study Yields Misleading Results. American Journal Of Public Health [serial online]. October 2010;100(10):1856-1860. Available from: Business Source Complete, Ipswich, MA. Accessed March 22, 2014.

  4. Humber

    18 mars 2014 at 12:28

    Avis partagé sur la légitime défense.
    Dans le cas du bijoutier de Nice, je pense qu’il n’aurait pas du tirer sur un type qui s’enfuyait en plein milieu d’une foule, entre autre parce qu’il aurait pu blesser quelqu’un d’autre que sa cible… Là c’est plus le principe du moindre mal qui me dicte cette opinion.

    D’un autre coté, j’aimerai qu’en cas d’agression au domicile, il y ait présomption de légitime défense, de jour comme de nuit, et pas seulement de nuit comme c’est le cas aujourd’hui.
    Enfin il me semble qu’il faudrait que la notion de « non assistance à personne en danger » soit renforcée par une protection légale sur le plan de la légitime défense: par exemple en cas d’intervention pour défendre une personne agressée, que l’on soit protégé par la loi.
    Je pense que si l’on met en place de tels changements, il y aura besoin de former les citoyens à des méthodes simples d’autodéfense.
    Je pense que l’exemple de ce qui est fait en matière de secourisme est un très bon exemple de ce qui pourrait être fait.
    En secourisme de niveau 1 (PSC1, assez présent dans le public notamment par son enseignement lors de la Journée défense et citoyenneté), on apprend aux gens à faire ce qui est nécessaire pour maintenir en vie la personne en attendant l’arrivée des professionnels. Il faudrait la même chose en matière de légitime défense.

    • Humber

      18 mars 2014 at 12:37

      Note: par « méthodes simples d’autodéfense » je veux dire: qui puissent être utilisées par tous, de l’ado à la grand-mère en passant par le père de famille. Et qui puissent être facile à retenir.
      L’idée de pouvoir alerter les voisins et de systèmes de gardes (au sens: vérifier pourquoi l’appartement du 3eme dont les locataires sont en vacance est éclairé par une lampe torche…) au sein du voisinage ne me semble pas bête non plus. Sauf évidemment si l’un des voisins est un cambrioleur :D.

      Il faut aussi que l’intervention de la police/gendarmerie soit plus rapide. J’ai souvenir d’un ami, vivant en campagne, qui a attendu une heure entre un vol à domicile (qui venait juste d’avoir lieu) et le moment où la gendarmerie est intervenue. Temps suffisant pour que les cambrioleurs prennent largement la fuite, alors que le nombre de routes d’accès à sa maison étaient limitées (campagne oblige) et que l’objet volé était suffisamment gros pour être repéré (camping-car). D’après son récit du comportement des gendarmes (absence de relevé d’empreintes, simple « constatation » que la porte du garage avait été forcée), ceux ci devaient surtout compter sur l’assurance pour faire leur travail…

  5. Curieux

    18 mars 2014 at 15:35

    @Humber
    Il ne faut pas généraliser à partir d’un cas particulier.
    J’ai moi-même subit un cambriolage dans une maison à la campagne et les gendarmes sont arrivés en 15 mn alors qu’ils n’avaient presque aucune chance d’attraper le cambrioleur que je n’avais pas vu. On a compris après qu’il venait probablement juste de s’enfuir (il a abandonné ses chaussures donc il a du fuir en m’entendant arriver en voiture). Les gendarmes ont fait la totale : examen soigné de la fenêtre utilisée pour entrer avec relevé d’empreintes, prises de nombreuses photos… et quand on a trouvé la paire de chaussures abandonnée à coté des gravillons, ils sont revenus pour faire un relevé d’ADN!
    Les gendarmes sont humains : la majorité fait sont taf et puis il y a peut être qq glandus comme partout mais probablement moins qu’ailleurs.
    Mais peut-être y a t’il moins de moyens mobilisés pour un vol de véhicule (même un camping-car) que pour un cambriolage.

    • Humber

      21 mars 2014 at 15:54

      C’est peut-être aussi une question de disparité de moyen… Je ne sais pas quels sont les effectifs dans chaque ville, et je suppose que ça doit varier d’une ville à l’autre.

  6. EvilEmile

    21 mars 2014 at 15:00

    De manière plus générale, le justice d’Etat telle qu’on la connait s’est substituée à l’idée de vengeance privée.
    Vaste programme plutôt de bon sens.
    Si le péquin moyen n’a pas l’impression que la justice fait son boulot, à plus forte raison dans un cas de légitime défense, il faut s’attendre à ce que la vengeance privée redevienne à la mode.
    Le souci de ce principe est qu’il ne s’arrêtera pas à un coupable, mais à un vague profil qui fera bien l’affaire.
    Par exemple si l’agresseur a une voix bizarre, tous les ventriloques locaux seront en danger…Desastre social et culturel.
    Sérieusement, la légitime défense est inapplicable en France si l’on admet que l’agresseur aura toujours un tour d’avance sur la victime (sommeil, surprise, ruse, peur…). Si l’on pose seulement ce critère, on peut essayer de faire avancer les choses sans que ça devienne le Far West

  7. bruno

    21 mars 2014 at 21:16

    Pourquoi réformer, M. Thibault de Montbrial ne dit rien dans le fond, ne prouve rien et n’apporte aucune statistique, c’est du vent, du blabla, sans fondement,sans preuve.
    Avant de parler réforme qui s’est donné la peine d’étudier sur ses dix dernières années, les affaires de légitime défenses (vraies ou fausses), personne.
    Faisons une étude sérieuse et puis on pourra avancer des chiffres et des propositions.
    Ne faisons pas d’un cas particulier une généralité. Il faut une démarche sérieuse et non un discours creux pour personne en mal de reconnaissance.

  8. eddy

    22 mars 2014 at 0:28

    votre discours, bruno, frise la betise crasse. Oui, je le dis, ce que vous dites est tres con.
    Mardi 18 mars, un de mes collegues a pris trois coup^s de ciseaux par un » IP3″, un classement medico-psychiatrique…..En raison des antecedents de l’auteur des faits, il n’a été hospitalisé que 24 heures (il est donc en liberté…) et les faits ont été requalifiés de violences volontaires sur agents depositaires etc (qualifiés tentatives d’homicides par l’OPJ).
    L’individu, tres connu a la gare du nord pour des faits quasi similaires, a utilisé (heureusement…) un ciseau a bout rond. On imagine les consequences avec un ciseau pointu….Ce qui , normalement, ne change rien a la qualification des faits.
    C’est pour ces raisons que je qualifie votre commentaire de branlette intellectuelle. Du foutage de gueule. La legitime defense, je la vis tous les jours. En permanence. Sans l’appliquer. Parce que je serais en prison depuis longtemps si je faisais mon metier dans les regles. Alors, votre discours, vous vous le carrez où je pense….
    Ce que j’écris, c’est un cri de colere. Venu des tripes. Le mien. Celui de mes collègues. Et nous vous disons, avec vos propos bien pensants, d’aller vous faire foutre.
    Libre a protegor de laisser, ou pas, ce commentaire. C’est juste un coup de colere. De blues. Merde !

  9. Robert Marchenoir

    24 mars 2014 at 15:51

    Très bien, Galaad. Vous m’obligez à mettre les points sur les i. Alors, allons-y.

    Vous citez donc une étude qui affirme :

    « We observed a robust correlation between higher levels of gun ownership and higher firearm homicide rates. Although we could not determine causation, we found that states with higher rates of gun ownership had disproportionately large numbers of deaths from firearm-related homicides. »

    Ceci est censé étayer votre position anti-légitime défense et anti-armes. L’ennui est que cela ne prouve rien du tout, et que les auteurs de cette étude le disent eux-mêmes, dans le passage même que vous citez ! Le fait qu’il y ait une corrélation entre le taux de détention d’armes légales et le taux de meurtres par arme à feu ne prouve nullement que c’est le droit à détenir des armes légalement qui fait augmenter le nombre de meurtres.

    En fait, le bon sens suffit à montrer qu’il est tout à fait possible (pour ne pas dire probable) que ce soit le contraire : c’est évidemment dans les zones où les criminels tuent le plus de gens que les gens honnêtes ont tendance à se prévaloir de la loi qui les autorise à s’armer pour se défendre.

    Mais les partisans de votre thèse font toujours l’amalgame entre ceux qui, aux Etats-Unis, possèdent des armes illégalement et ceux qui possèdent des armes légalement. Ils font toujours l’amalgame entre les meurtres et les assassinats, d’une part, et les personnes tuées légalement par un citoyen en état de légitime défense.

    Et puisque vous avez cru malin de vous lancer dans le petit jeu des citations, à mon tour de citer « More guns, less crime », de John Lott , livre dont le titre suffit à expliquer le contenu. Vous en trouverez une recension détaillée ici (et en français, en plus) :

    http://aristidebis.blogspot.fr/2013/09/plus-darmes-moins-de-crimes-14.html
    http://aristidebis.blogspot.fr/2013/09/plus-darmes-moins-de-crimes-23.html
    http://aristidebis.blogspot.fr/2013/10/plus-darmes-moins-de-crimes-23.html

    Donc, voyez, c’est moi qui avais raison quand j’écrivais :

    « De nombreux auteurs (vous voyez, je suis plus prudent que vous : je ne dis pas tous) en concluent, après avoir passé des milliers d’heures sur le sujet : oui, les armes à feu dans les mains des citoyens honnêtes réduisent la criminalité. »

    Et c’est vous qui aviez tort quand vous écriviez :

    « Toutes les études sérieuses arrivent à la conclusion que les données disponibles ne sont pas suffisantes pour obtenir des résultats acceptables pour émettre des préconisations. »

    Vous avez aussi tort quand vous affirmez :

    « Il faut un niveau de compétences en mathématique, en modélisation, en statistiques et en analyse de données pour comprendre la complexité du problème. »

    Tout d’abord, parce que votre fabuleux niveau en mathématiques et en modélisation dont nous autres, clients du « café du commerce », sommes dépourvus, ne vous a pas empêché de citer à l’appui de votre thèse une citation qui ne démontre rien du tout.

    Ensuite parce que non, il ne faut surtout pas un niveau de compétences en mathématiques pour décider si les citoyens honnêtes ont, oui ou non, le droit de posséder des armes et de les utiliser pour se défendre contre les délinquants.

    Pour évaluer les études auxquelles vous faites allusion, il suffit d’un minimum de bon sens. Un peu d’honnêteté ne fait pas de mal non plus.

    Mais vous répétez, ici, la thèse bien connue de l’idéologie gauchiste selon laquelle le gouvernement doit être laissé à une poignée d’experts qui savent, mieux que le peuple, ce qui est bon pour le peuple. Vous entonnez l’air connu : « c’est complexe ». Sous-entendu : trop complexe pour que les peigne-culs qui composent la population soient autorisés à décider par eux-mêmes des questions vitales qui les concernent.

    La décision sur la légitime défense et le droit à porter des armes ne relève ni des mathématiciens, ni des statisticiens : elle relève des citoyens. Faisons donc un référendum sur la question. Chiche ?

    D’ailleurs, même si l’on se cantonne aux études et aux statistiques, votre posture est fallacieuse, biaisée et perverse. Vous prétendez que les études existantes ne permettent pas de savoir si un droit plus étendu à la légitime défense que le droit français, ainsi que l’autorisation de porter des armes pour les citoyens respectueux de la loi, feraient baisser la criminalité.

    Et vous en concluez : il ne faut surtout pas permettre aux Français de se défendre plus facilement.

    C’est évidemment absurde. Si, malgré des masses de données et d’études sur la question, il y a encore incertitude sur la question (ce qui est faux, mais admettons), alors il va de soi qu’il faut adopter la solution de bon sens, c’est-à-dire élargir le droit à la légitime défense, et permettre aux Français honnêtes de porter des armes.

    De tous temps, et il y a encore moins d’un siècle en France, avant le règne des experts, avant l’arrivée des « mathématiciens », des « statisticiens » et des « modélisateurs », il allait de soi, pour tout le monde, dans tous les pays, toutes les cultures, toutes les latitudes, que s’armer permettait de se protéger des criminels, que la légitime défense était… légitime, et, bien entendu, qu’elle était efficace.

    C’est aux partisans de la thèse contemporaine invraisemblable qui prétend le contraire de nous prouver que l’eau est sèche, et que la bière du Café du commerce ne désaltère pas. C’est à eux de nous prouver que nous laisser voler, attaquer, violer et tuer sans réagir serait, d’une certaine manière, préférable au fait d’attendre les criminels avec des pistolets et des fusils.

    Dernière chose : vous prétendez qu’écrire, comme je l’ai fait :

    « Quand quelqu’un dit « toutes les études disent que… » vous pouvez être à peu près sûr qu’il n’a pas lu la queue d’une étude. »

    …est une attaque ad hominem.

    C’est évidemment un mensonge. Une attaque ad hominem à votre égard consisterait, par exemple, à dire : « Galaad pue des pieds » ou « Galaad a vendu du beurre aux Allemands ».

    Épingler une figure de rhétorique effectivement employée en masse par les gauchistes sur Internet, et relever que vous y avez recours, n’est pas une attaque ad hominem. C’est une mesure de légitime défense contre une idéologie fallacieuse et oppressive. Mais vous êtes contre la légitime défense ; ce n’est sans doute pas un hasard…

    D’ailleurs, au vu de la citation que vous avez choisi de copier-coller, on peut se demander si vous avez effectivement lu les études dont vous parlez.

    • Galaad

      25 mars 2014 at 14:27

      Vos remarques impliquent des idéologies et expriment votre incompréhension de mes propos.

      Je n’ai pas exprimé d’opinion pour ou anti quoi que ce soit. J’ai juste rappelé que la prise de décision publique s’appuie sur des travaux de recherches. Sur le sujet des armes à feu, de la défense personnelle, il y a peu d’études sérieuses et que ces rares études ont des conclusions beaucoup plus « critiques et réservées ». Et j’ai appuyé ce propos par des citations de conclusion qui en effet ne sont ni en faveur ni contre la dérégulation de l’accès et du port d’armes. MAIS les études concluent bien qu’il y a un cruel manque de donnée et de littérature sérieuse sur laquelle s’appuyer pour obtenir des conclusions amenant à des préconisations.

      Et là ou moi je reste prudent, vous vous interprétez directement (avec votre avis de café du commerce j’insiste):

      « En fait, le bon sens suffit à montrer qu’il est tout à fait possible (pour ne pas dire probable) que ce soit le contraire : c’est évidemment dans les zones où les criminels tuent le plus de gens que les gens honnêtes ont tendance à se prévaloir de la loi qui les autorise à s’armer pour se défendre. »

      C’est exactement le même problème avec John Lott. Son objectivité mais surtout son travail est remis en cause. Il n’est pas exempt de belles casseroles. Notamment concernant la relecture et la révision de ses travaux par des pairs.

      Et c’est bien là l’objet de ma critique envers les propos que certains tiennent. Ici être pour ou contre un durcissement de la légitime défense, des législations sur les armes à feu, ça revient à dire que la meilleure couleur c’est le bleu. Un débat totalement subjectif donc infertile.

      Donc voilà, oui j’ai bien lu les articles que je cite, oui j’ai bien saisi leur sens, oui les citations que j’ai utilisées appuient bien mon propos. Et non je ne suis pas anti-gun, non je ne suis pas pro-gun, non je n’invoque pas d’idéologie dans mes propos.

      • Robert Marchenoir

        26 mars 2014 at 22:43

        Galaad,

        Je vous ai pris en flagrant délit de mensonge une première fois. Selon la bonne vieille méthode gauchiste, vous continuez à pérorer en changeant de sujet. Maintenant, vous prétendez que John Lott est « remis en cause »… mais toujours en vous gardant bien de dire en quoi !

        La minute d’avant, vous prétendiez que les gens comme John Lott n’existaient pas. Quelle crédibilité faut-il accorder à votre nouvelle version ?

        Evidemment que John Lott est « controversé », selon le bon vieux vocabulaire gauchiste. Il est controversé par des gens tels que vous, qui n’ont pas le moindre respect de la vérité.

        Mais ça n’impressionne plus personne, vous savez, les fatwas d’idéologues dans votre genre. Le fait que certaines personnes prétendent que John Lott a tort ne veut pas dire qu’il ait tort.

        Et le fait-divers suivant, il est « remis en cause », aussi ? Il ne s’est pas produit, peut-être ? Il ne prouve pas que la légitime défense et le port d’arme sont une bonne chose ?

        Avant-hier, à Detroit, des vigiles tentent d’interpeller un drogué qui volait dans un magasin. L’homme se débat, frappe les vigiles, sort une seringue de sa poche et pique les gardiens avec.

        Un client, qui passait par là, brandit son pistolet détenu légalement, vise l’agresseur et lui intime l’ordre de se rendre. L’homme obtempère sans résistance, il est arrêté. Pas un coup de feu n’est tiré. Fin de l’incident.

        http://bearingarms.com/concealed-carrier-stops-shoplifters-syringe-attack-on-home-depot-security-guard/

        Des histoires comme ça, il en arrive tous les jours aux Etats-Unis. Je peux vous en sortir des brassées juste en me baissant.

        Evidemment, les gros malins dans votre genre, les « experts », les « spécialistes des statistiques », les « modélisateurs » d’élite, ceux qui ne jurent que par les « études » mais ignorent délibérément celles qui concluent à l’efficacité du port d’arme, et prétendent toujours qu’il y a un problème avec la « méthodologie » quand on finit par les leur fourrer sous le nez (mais sans jamais dire en quoi consiste le problème), ceux-là, ils n’en parlent jamais, de ces milliers de délits et de crimes qui sont empêchés, ou stoppés, par un simple citoyen faisant usage de son droit constitutionnel à porter une arme à feu dans un lieu public.

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