9 questions que tout instructeur de self-défense devrait se poser

12 commentaires

J’avais récemment une discussion avec un ami prof de self-défense sur les attentes des pratiquants.

Il y a beaucoup d’approches différentes de la self-défense, qu’elles soient issues d’arts martiaux traditionnels, de sports de combat ou bien adhoc (ie sans pratique martiale associée).

Il y a une grande variété d’instructeurs de self-défense, avec leurs façons de se défendre, et surtout leur façon d’enseigner la self-défense à leurs élèves.

En revanche, les attentes des élèves restent les mêmes. Cela m’a inspiré la liste des questions suivantes, qui pourraient aider certains instructeurs à perfectionner leur système :

– Comment faire pour améliorer la prise de conscience de l’environnement à mes élèves ?
(ie à améliorer les capacités d’observations & de physionomie)
– Comment aider mes élèves à ne pas ressembler à une victime / ne pas attirer les emmerdements ?
– Comment apprendre à mes élèves à savoir répondre verbalement à un agresseur potentiel ?
– Comment faire progresser un élève rapidement sur ses techniques de frappe ? (rapidité, puissance d’impact)
– Comment aider chacun de mes élèves à se concentrer sur son arsenal propre de techniques & enchaînements qui marchent pour lui ?
– Comment faire travailler la prise d’initiative & le déclenchement de l’action physique à mes élèves ?
– Comment aider / inciter mes élèves à continuer l’entraînement après le cours ?
– Quel discours tenir à mes élèves sur les accessoires de défense ? (lesquels je conseille ? pourquoi ? comment s’y entraîner ?)
– Comment donner à mes élèves les bons réflexes après une agression ? (gestion des premiers secours, de la police, de la justice…)

12 Comments

  1. Marc ANGEVIN

    31 mars 2014 at 14:14

    Très utiles effectivement. Il y a aussi :
    – comment me défendre de façon optimale sans causer de dommages définitifs à mon agresseur ? (Non pas pour son bien-être mais pour le mien ) !

    • eddy

      31 mars 2014 at 15:23

      je considere qu’il s’agit de la question de trop. Elle est source d’inhibitions dans la defense. Et qu’entendez-cous par dommages definitifs?
      D’autre part, si un instructeur de self ne s’est pas encore posé les questions formulées dans l’article, c’est grave. Ces questions, on doit y avoir repondu avant de commencer a enseigner.

      • Lord yaourt

        31 mars 2014 at 21:03

        Il y a des méthodes et des instructeurs qui vous enseignent à faire trop de mal à votre agresseur.
        Si vous lui causer trop de dégâts, c’est vous qui risquez des ennuis avec la police. Le système judiciaire est ainsi fait.
        Il faut savoir proposer une réponse proportionnelle à l’attaque. Il faut savoir gérer le moment après l’agression, ce qui inclut les conditions légales.

        • eddy

          1 avril 2014 at 0:24

          @LORD YAOURT
          -quelles methodes, quels instructeurs ? Trop mal par rapport a quoi ?
          -« Si vous lui causez trop de dégâts, c’est vous qui risquez des ennuis avec la police ». La aussi, trop de degats par rapport a quoi ?
          -« Il faut savoir proposer une réponse proportionnelle à l’attaque ». Belles paroles. Beaucoup moins facile a mettre en oeuvre. Dans la rue, un agresseur ne vous informe pas a l’avance de la violence de son attaque.
          Je trouve vos propos un rien peremptoire et scolaire. Je constate egalement que vous mettez la charrue avant les boeufs. Vous pensez aux consequences engendrees par votre eventuelle riposte avant d’avoir livrer combat. Desolé, mais ça ne marche pas comme ça. La legitime defense se juge apres, pas pendant ni avant. Elle s’etudie au cas particulier APRES la fin des hostilités. Pas avant. Cf maitre lienard et son livre, force a la loi. Je le redis, un tel mode de pensée inversée est dangereux car inhibiteur des reactions adequates en situation d’agression. Je suis d’ailleurs convaincu que ce discours ambiant recurrent vise volontairement a tenter d’oter toute idée de defense chez le citoyen. Niant au passage une liberté FONDAMENTALE de l’homme, le droit d’assurer sa protection, celle de sa famille et de ses biens. C’est, a mon sens, un projet tout simplement totalitaire.

          • John Wayne Gacy

            1 avril 2014 at 15:59

            J’ai appris le krav maga en Israel (et en suis d’ailleurs devenu instructeur). L’une des choses les plus sensées qu’il me semble y avoir entendu est: « There is no such thing as self défense ». Cela m’a été démontré très clairement par une expérience avec mise en situation ou je n’ai pas réussi à réagir efficacement (nidan karaté Kyokushin, nidan aikido, ceinture noire junfan et longue pratique de la boxe thai) contre un couteau (en plastique… merci Seigneur) dans un environnement clos (bureau de 3m sur 3).
            Je suis complètement d’accord avec vous, Eddy. Toute personne qui met en danger votre intégrité ou celles des vôtre perd son droit à avoir une vie longue et heureuse. La loi peut être contre, mais au vu des conséquences d’une attaque par un camé ou une personne qui vous voue une haine féroce et spontanée, il vaut mieux prendre le risque de déplacer des corps dans le coffre de la R16 que celui de se faire assassiner ou handicaper gravement.

          • Yuri

            5 avril 2014 at 18:00

            Bonjour,
            Je suis d’accord que l’idée de proportionnalité est extrêmement difficile à mettre en œuvre en situation réelle(temps de réaction, vitesse de l’attaque, présence ou non d’une arme, doute quant aux intentions etc.).
            Cependant, et là je ne vise personne ici, n’oublions pas que dans un certain nombre de situation mieux vaut
            -Désamorcer par le dialogue
            -Ou bien, quitter les lieux.
            Ce sont là déjà des réponses proportionnées à un certain nombre de cas ou l’agression n’est que verbal ou bien lorsqu’elle est prévisible.

            Je dis cela, car j’ai déjà vu des situations dégénérer par ex. en sortie de bar sur une soi-disant « agression », alors qu’en réalité il y avait surtout des gus un peu alcoolisés et embrumés, et que quelques mots, et un départ de la zone auraient suffit à calmer le jeux, plutôt que de ruer tout de suite dans les brancards.
            (Cf. Sun Tzu sur la meilleure façon de gagner la guerre).

            Et puis, à tout hasard, le Monsieur qui parle du coffre de sa R16 devrait tout de même faire attention à ses propos… La légitime défense est déjà difficile à faire valoir devant un juge, mais si vous cachez en plus le corps, alors là je crois que votre cas sera indéfendable.

          • Jean-Christophe le Guennic

            18 février 2017 at 8:06

            Je confirme, »il vaut mieux être jugé par 12 que porté par 6″! Pendant une agression c’est le cerveau reptilien et les gestes réflexes qui se réveillent. Même s’il est important de connaître la législation, la priorité est de se sortir d’une situation d’agression par tous les moyens avec le moins de dommage physique pour la personne agressée. On pense à sauver sa peau, on à surement pas le temps de penser au code pénal ou de procédure pénal.Penser à l’avance au tribunal dans un contexte violent, c’est perdu d’avance. Il appartient à chaque instructeur d’apprendre le savoir faire et le savoir être pour éviter d’être identifier comme une victime par un prédateur ( de ressource ou ritualiste)ce qui permet de s’éviter en amont pas mal de situations néfastes. Le pire ennemi est souvent nous-même!!En cas de dernier recourt « que Dieu est pitié de mes ennemis, car je n’en aurai aucune »!! Ne laissons pas nos faiseurs de loi protégés par des gardes du corps, faire de nous de gentils moutons prêt à être dévorés par les prédateurs.Le terrain ne ment jamais! Quand je vois le nombre de « Maîtres ou experts » en arts martiaux ou self défense qui ne se sont jamais confrontés à la réalité de la rue, qui n’ont jamais vue une victime de coups de couteaux les boyaux à l’air mourir sous leur yeux, qui ne se sont jamais pris une raclée ou ne se sont jamais « frité » dans la rue et qui vous montrent des centaines de techniques pour maîtriser un individu agressif sans lui causer de dommage, tout çà me fait bien « rigoler ». Pour moi c’est de l’esbroufe, il ne faut pas confondre les techniques pour les forces de l’ordre ou de sécurité qui interviennent en équipe pour maîtriser un agresseur et le citoyen lambda qui se retrouve souvent seul face à une agression !! Je pense que certains entraineur en pensant bien faire et je respecte cela, ne se rendent pas compte qu’ils éduquent de futures victimes par manque de connaissance de la réalité de la rue. Cordialement

  2. eddy

    5 avril 2014 at 18:26

    vous confondez bagarres aux motifs variés et agressions. C’est hors sujet et votre analyse s’en trouve donc inappropriée. Le sujet qui nous occupe est celui de la veritable agression, qui generalement a lieu a plusieurs et par derriere, avec un but precis (vol, vengeance, homicide etc). Dans de tels cas, verbaliser et quitter les lieux me parait un rien compliquer….

    • Yuri

      5 avril 2014 at 21:36

      Oui, pour nous c’est évident, je disais cela aussi pour clarifier les choses, parce que le terme « agression » peut-être beaucoup plus large pour un profane, et englober les rixes qui dégénèrent (qui peuvent d’ailleurs parfois dégénérer en agressions véritables). Que les gens qui nous lisent ne soient pas induis en erreur.
      J’ajouterai tout de même que j’ai des amis (pas des professionnels, mais qui pratiquent self-défense et sports de combat) qui se sont sortis de situations dangereuses [entourés par une quinzaine de personnes agressives dans une cité du sud de la France dans le 1er cas, et dans un autre cas par un peu moins de monde à Pigalle] par la parole dans le premier cas, et par un retrait stratégique dans le second cas.

      Après je ne veux pas en faire des généralités, chaque situation est différente, et le facteur chance a joué aussi (surtout dans la 2nde situation).
      Je ne suis pas du tout un expert, et je ne prétends pas détenir la vérité sur le sujet. L’un de mes amis mentionnés ci-avant à d’ailleurs dû faire usage de la force deux ans plus tard …

      Cordialement,

      Yuri.

      • Yuri

        5 avril 2014 at 21:41

        PS : *Mea culpa. lire dans mon commentaire précédent : « Pour vous c’est évident »
        Bonne soirée.

  3. Vince

    11 avril 2014 at 14:21

    Alors moi perso (je touche du bois), je n’ai jamais été agressé, mais j’ai déjà entendu des proches/connaissances à qui c’est arrivé :

    – deux amis judoka (ceinture noire, 18 ans, etc.) mis hors d’état par une bombe lacrymo
    – une connaissance qui vide son chargeur (pas en France) en pleine nuit sur un camé au crack qui fait effraction chez lui, le camé ne sent rien et avance jusqu’au moment où …
    – un proche qui se fait frapper dans la rue sans motif particulier,
    – une connaissance qui se fait « enlever » dans le 18ème et tabasser pour obtenir son numéro de carte bleue
    – etc.

    Mais parfois cela tourne bien : un ami (moins d’1m70) qui se fait agresser par deux rastas qui en veulent à sa montre, manque de bol, il est ceinture noire de shidokan ; ou une autre connaissance dont la femme se fait cracher dessus, lui est prof de karaté, je vous laisse imaginer comment cela finit.

    Donc à mon avis, il faut arrêter de se m…….r l’esprit. Si vous vous faites agresser, ce sera par plusieurs personnes et/ou armées et/ou sachant bien se battre. Si vous n’êtes pas capable de passer en mode « méchant » (ce qui est souvent le cas pour ceux qui vont prendre des cours de self defense), il faudra savoir courir vite ou être (semi-)armé. Si vous n’avez rien de cela, la vie est dure …

  4. DavPit

    11 avril 2014 at 20:18

    La formule que j’utilise pour mes élèves, c’est « Éliminer la menace! ». Si on prends du recule sur cette phrase, elle peut permettre de comprendre beaucoup de chose. Seul sauver sa peau compte ! les sentiments de haine, de vengeance ne doivent pas exister en self-défense. Plus facile à dire qu’a faire, mais se l’imprimer dans la tête peut aider le jour où !!

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