La couverture de survie, mythe & réalité

12 commentaires

12 mars 2013, la France est sous la neige, les journaux télévisés en parlent à tour de bras. A l’instant, un sujet sur M6 fait l’apologie de la couverture de survie. Je trouve impensable qu’aujourd’hui encore, nous continuions à transmettre des informations erronées à ce sujet, et surtout, qui peuvent mettre en péril la vie des victimes.

La couverture de survie, célèbre petite feuille en mylar, rassure énormément de personnes, dans le sens où elle sera toujours là en cas de pépin, afin de les réchauffer, de les protéger du froid, tout en attendant les secours.

Possible en cas de bonne utilisation, mais faux sinon. La couverture de survie est en général très mal utilisée, et profite d’une très mauvaise information diffusée par les médias.

Le principe annoncé de fonctionnement de cette feuille de mylar, est qu’elle réfléchit les rayonnements infra-rouges du corps humain, et permet ainsi, de réchauffer ce dernier. Cela était vrai sur les toutes premières couvertures de survie de l’époque de sa création (à ce moment-là, elles étaient beaucoup plus épaisses et de conception bien différentes), mais, à ce jour, sans doute par recherche de profit et surtout par une perte de qualité flagrante des produits utilisés, les couvertures de survie ne sont plus aussi efficaces.

Je ne suis pas partisan de ces « couvertures ». Utilisées à bon escient, elles peuvent être utiles, mais dans beaucoup de cas, elles peuvent aggraver la situation : on pensera maîtriser l’hypothermie d’une victime, qui en fait continuera à avoir froid.

En fait, dès que la place le permet, il vaut mieux apporter avec soi une couverture en laine polaire, qui vous réchauffera efficacement, où encore, des vêtements chauds. Dans un véhicule (le cas du JT incriminé dans ce billet), nous avons en général, largement la place de prendre une vraie couverture en polaire…

Pour conclure, n’utiliser la couverture de survie que par-dessus une couche conséquente de protection vestimentaire, où par-dessus une couverture (vous profiterez ainsi de la protection coupe-vent de la toile, ainsi que de la faible réfractions des IR). Pensez également à ne pas trop serrer la couverture survie autour de la victime, vous bénéficierez ainsi de la couche isolante offerte par la couche d’air ainsi produite.

Et pour rappel :
– côté doré vers le ciel pour maintenir au chaud
– côté argent vers le ciel pour maintenir au frais (et éviter les surchauffes, souvent fatales en été)

Kevin B., sapeur pompier militaire

12 Comments

  1. Seb

    16 mars 2013 at 2:06

    Bonjour,
    Favorisez la couverture en laine plutôt qu’une en polaire.

  2. Luc Astier

    16 mars 2013 at 19:14

    Je confirme pour la couverture en laine.

    On en trouve de surplus de l’armée à moins de 20€, parfois encore beaucoup moins si on sait chercher un peu…

  3. EvilEmile

    20 mars 2013 at 11:36

    Quel est le meilleur rapport chaleur/poids/encombrement pour une couverture (de survie ou non)?
    Quid de l’énervant bruit de la couverture de survie ainsi que sa propension à voler au moindre vent (nuit blanche garantie)?
    Une polaire ou laine ne trouve pas facilement sa place dans une boîte à gants ou un EDC.
    En extérieur, une bonne résistance à l’eau est un plus, mais à quel prix?
    Ces questions saugrenues sont field made.
    Perso, j’ai opté pour un poncho Bundeswehr: Grand, solide, imperméable, silencieux, assez low-profile mais relativement lourd.
    Pour finir, le lourd n’est pas un défaut, ça colle à la viande et le combo vêtement/couverture dans cette optique remplit toutes les conditions de « confort ».

    • EvilEmile

      20 mars 2013 at 11:49

      Oups, j’oubliais: mon cahier des charges pour un tel objet et d’être transportable à pieds (poids raisonable et surtout volume mini)
      Low profile (plus OD que fluo D4).
      Facilité de mise en oeuvre/rangement (sous stress, de nuit sans éclairage, pluie, vent…).
      Polyvalence.
      Sympa à l’usage (silencieux, robuste, entretien mini…)

  4. FLo

    6 mai 2013 at 12:38

    Bonjour,

    pour avoir utilisé une couverture de survie (dans une voiture sur un parking avec 5 degrés dehors): ma conclusion est qu’à défaut de tenir chaud, elle permet un maintien en éveil constant de la personne grâce au bruit de froissage métallique ultra désagréable qu’elle génère au moindre mouvement…

    A ne pas utiliser sans un complément en polaire, et à proscrire par temps d’orage.

  5. ChristopheL

    29 mai 2013 at 7:37

    À défaut de tenir chaud (ou frais), cet outil est très efficace pour se signaler. Elle est en permanence dans mes sacs lors de mes sorties dans la verte. Par expérience, elle est bien visible et de loin.

  6. Adrien

    24 juin 2013 at 10:21

    Le papier bulle est un autre moyen efficace, pas cher et léger, mais un peu plus volumineux que la couverture.
    Il est assez souvent utilisé lors de sauvetages en montagne en Suisse.

  7. Block

    26 septembre 2013 at 19:44

    Bonjour,

    Dans l’obligation de faire un bivouac en moyenne montagne 1800 m, j’ai été content de trouver ma couverture de survie. Habillé d’un pantalon de rando et d’une polaire, j’ai passé une dans de bonnes conditions en dormant correctement. le bruit n’est,pour moi accessoire. Je privilégie le poids avec dans mon sac un tee-shirt sec et une bonne polaire. je partage l’avis sur la qualité actuelles, sera-t-elle aussi bonne que mes anciennes couvertures.

  8. Pierre

    7 janvier 2015 at 14:22

    Pour moi, le principal inconvenient – voire risque – de la couverture de survie est la condensation. Cela m’est arrive une fois et je m’en souviens encore 17 ans après…

  9. Lucas Philippe

    29 mars 2018 at 10:42

    Quelqu’un parmi vous aurait il connaissance des caractéristiques techniques suivantes pour une couverture de survie « type mylar ou mieux mylar ignifugé » ?

    – R = résistance thermique [m².°C/W]
    – λ : conductivité thermique [W/(m.°C)]
    – L’épaisseur d’une couverture thermique

    Ceci avant de me lancer dans un essai grandeur nature

    Merci

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