114

12 commentaires

Le 114 est un numéro d’urgence récemment lancé et destiné pour ceux qui ne peuvent pas utiliser le téléphone ! Il marche par SMS et par FAX (uniquement). Information à relayer aux connaissances qui pourraient avoir un tel besoin.

Je pense qu’une utilisation détournée de ce numéro, par des non handicapés, risque rapidement d’apparaître : le témoignage discret d’agression. Un SMS « agression sur le quai de la station Machin » permet en effet d’éviter de subir un temps d’attente (ce qui ne veut pas dire qu’il n’y en a pas dans le traitement du SMS reçu) et requiert moins « d’investissement personnel ». A suivre… si un agent du 114 nous lit, qu’il n’hésite pas à témoigner.

Merci aux nombreuses personnes qui m’ont relayé l’info… apparemment la campagne du gouvernement a plutôt bien marché !

12 Comments

  1. Robert Marchenoir

    12 décembre 2011 at 19:07

    Heu… dites-moi que c’est une blague ?… Un numéro d’appel d’urgence à passer par fax ? Mais bien sûr ! Tout le monde a un fax à portée de la main !

    Y’a le feu ? Attendez ! J’allume mon fax… Je cherche une feuille de papier… Mince, y’en a plus… Je vais au supermarché acheter du papier… Je reviens… J’écris une belle lettre… Je mets ma lettre dans la machine… etc.

    Sur le site indiqué, on voit le formulaire fax proposé par l’Etat. Bien. Il faut donc avoir pris soin d’imprimer des formulaires à l’avance !…

    Puis, on observe les cas prévus : « évanoui », « noyade », « électrocution »… donc : je suis sourd-muet, je suis en train de me noyer, hop ! j’allume mon fax, j’envoie mon fax… Ou bien : je suis évanoui ? hop ! j’allume mon fax, etc.

    On me dira : c’est aussi pour sauver quelqu’un d’autre. Certes. Donc, nos dirigeants ultra-lucides ont prévu le cas où quelqu’un est en train de se noyer juste devant une maison équipée d’un fax, habitée par un sourd-muet, lui-même seul témoin, alentour, capable d’alerter les secours.

    Y’a pas de doute, on est protégés.

    J’aime beaucoup, aussi, la case « perdu ? ». Donc, les lumières qui nous gouvernent ont prévu le cas où un sourd-muet se serait perdu (en escaladant une montagne, au fin fond d’une forêt…), et où il aurait pensé à amener son fax sous le bras, agrémenté d’un groupe électrogène. Il lui suffirait alors de brancher la prise téléphonique sur… euh…. bref.

    Parce que là, l’hypothèse du sourd-muet qui est témoin, ça ne tient pas…

    Formidable également, le langage utilisé dans le formulaire. Sous prétexte que les gens auxquels on s’adresse sont des handicapés physiques, on leur parle comme à des débiles mentaux, en petit-nègre : « victime qui ? », « mal poitrine ? », « os cassé ? », « secours arrivent », « vous : rester calme ».

    (Je ne suis pas un spécialiste des handicapés mentaux, mais je doute, d’ailleurs, qu’on ait plus de chances de se faire comprendre par, mettons, un trisomique, en lui demandant « victime qui ? », plutôt qu’en lui parlant en français normal.)

    Et ce sont les mêmes qui nous volent notre pognon par centaines de millions d’euros, pour nous faire la leçon avec de la propagande d’Etat, en nous accusant de « handiphobie » et en nous sommant d’avoir à « changer notre regard sur les handicapés ».

  2. Robert Marchenoir

    12 décembre 2011 at 19:22

    Tant qu’à imaginer des solutions techniques spécialement pour les sourds-muets, les génies qui nous dirigent auraient pu faire les constatations de bon sens suivantes :

    – La quasi-totalité de la population possède un téléphone portable.

    – La consultation d’Internet sur téléphone portable est en train de se banaliser.

    – Par conséquent, au lieu d’imaginer des solutions Minitel-like à la Gaston Lagaffe comme le fax (et encore : chez Gaston Lagaffe, ça marche…), il suffisait de mettre en place un site Web interactif.

    Ce qui aurait permis, en plus, de proposer un système d’inscription préalable facultative, identifiant automatiquement l’appelant et accélérant la réponse.

    Mais en France, l’Etat, quand il « innove », a toujours recours à la technologie n – 1 (quand ce n’est pas n – 2 ou n – 3). C’est le syndrôme de la ligne Maginot, du paquebot France, du Concorde, etc.

  3. Robert Marchenoir

    12 décembre 2011 at 19:27

    Et pour finir : quand on prend connaissance du dispositif, et qu’on découvre le formulaire, on se rend compte que les plus handicapés ne sont pas ceux auxquels il s’adresse.

    Et ces handicapés-là ne sont pas des handicapés physiques.

  4. bruno

    12 décembre 2011 at 20:52

    Il faudrait un mode d’emploi pour robert, il a un peu de mal à comprendre le pauvre.

    • Robert Marchenoir

      18 décembre 2011 at 2:08

      Au cas où vous n’auriez pas bien lu mon commentaire, je me suis précisément donné la peine de lire le mode d’emploi (qui est en ligne). Et ce mode d’emploi est idiot, comme je viens de le démontrer.

      Maintenant, si vous croyez intelligent de proposer à des sourds-muets d’appeler les secours par fax quand ils se sont perdus dans un endroit inaccessible, je crois que vous devriez vous donner la peine d’expliquer pourquoi.

      Bon courage.

  5. Arnaud

    13 décembre 2011 at 11:14

    Je pense que certains devraient être handicapés (sourd ou muet) pour pouvoir comprendre l’intérêt d’un tel système.
    Car même s’il est plus lent …. quoique (vu les temps d’attentes et ce que l’on peut raconter dans la panique), il permet de communiquer un appel au secours.
    un formulaire préimprimé a coté d’un fax, peut et va effectivement sauver des vies,
    le sms dans les transport aussi.

    Par contre au vu de la rapidité de la 3G dans les transports et de l’impossibilité de tracer et repérer rapidement un portable connecté, je ne vois pas l’intérêt d’un portail web, ou il faudra systématiquement rentrer une adresse hyper précise.

    Très bonne initiative du gouvernement. Et oui il y aura des détournements. Ma centrale de détection incendie enverra certainement des sms vers le 114

    • Robert Marchenoir

      18 décembre 2011 at 2:37

      « Je pense que certains devraient être handicapés (sourd ou muet) pour pouvoir comprendre l’intérêt d’un tel système. »

      Mode de pensée habituel du politiquement correct contemporain. « Tu peux pas comprendre. » « Tu n’es pas chinois, alors tu ne peux pas comprendre les Chinois. » « T’as pas le droit d’exprimer un avis sur la sourd-muétude, puisque t’es pas sourd-muet ».

      Je suppose donc, Arnaud, que vous êtes sourd-muet, puisque d’après vous, quiconque ne l’est pas « ne peut pas comprendre ».

      Alors expliquez-nous en quoi un sourd-muet peut se sauver de la noyade grâce au fax (ou sauver quelqu’un qui se noie, d’ailleurs : il y a fort peu de fax sur les plages). Expliquez-nous comment un sourd-muet perdu en montagne peut appeler les secours grâce à son fax. Expliquez-nous. Je suis curieux.

      « Par contre au vu de la rapidité de la 3G dans les transports et de l’impossibilité de tracer et repérer rapidement un portable connecté, je ne vois pas l’intérêt d’un portail web. »

      C’est très simple.

      Le service stupide proposé ici par notre merveilleux gouvernement part du principe que l’usager handicapé s’est préparé à l’utiliser avant que l’urgence ne survienne.

      Il suppose que le sourd-muet (si tel est son cas) a préalablement téléchargé et imprimé des formulaires fax. Qu’il connaît l’existence du système. Qu’il en a a étudié le fonctionnement, et sait comment l’utiliser le moment venu.

      Or, c’est exactement comme cela que fonctionnent d’innombrables sites Web. Pour profiter au maximum de leurs avantages, vous êtes invité à vous inscrire au préalable.

      Dans le cas qui nous occupe, vous indiquez votre nom, votre adresse, la nature de votre handicap, le mode d’accès à votre logement pour faciliter l’accès des secours, etc.

      Le cas échéant, vous pouvez même donner la référence d’un document officiel qui atteste de votre handicap, un code délivré par une association de handicapés qui certifie que vous n’êtes pas un mauvais plaisant, etc.

      Dès votre inscription, le centre de secours peut vous contacter, d’une façon adaptée à votre handicap, pour vérifier que la liaison fonctionne, pour que vous sachiez d’avance comment vous serez contacté en cas l’alerte.

      Le jour où une urgence survient, vous serez automatiquement reconnu dès votre arrivée sur le site, grâce à un cookie placé sur votre terminal, grâce à un mot de passe, etc.

      Si vous n’êtes pas préinscrit, ou si votre cookie est effacé, ou si vous avez oublié votre mot de passe, vous en serez quitte pour réindiquer vos coordonnées — mais c’est le cas pour n’importe quelle personne valide appelant les secours !

      Même chose si vous êtes dans la rue. Quand un personne normale signale un incendie ou une agression sur la voie publique, elle est bien obligée de préciser l’endroit où elle se trouve !

      Il existe des téléphones portables avec clavier. Un fax n’est pas portable et n’a pas de clavier.

  6. Jérôme

    13 décembre 2011 at 11:27

    Arrêtez de critiquer les bonnes initiatives, et surtout quand vous n’imaginez pas le vécu de ces personnes handicapés !

    Il existe également une appli pour iPhone développée par 2 pompiers du SDIS Val d’Oise qui est super bien faite et gratuite.
    SMS IRAUDA
    Elle utilise ce nouveau service 114

    détails ici:
    http://itunes.apple.com/fr/app/sms-irauda-demande-secours/id483574677?mt=8

    • Robert Marchenoir

      18 décembre 2011 at 2:52

      « Arrêtez de critiquer les bonnes initiatives. » (Jérôme)

      Ben voyons. L’initative est bonne, par définition (qui en a décidé ainsi ?), donc il est interdit de la critiquer.

      C’est un truc fait pour les pôvres nandicapés, donc c’est forcément bien, donc quiconque a le culot de critiquer n’est qu’un sans-coeur et un salopard.

      Le fait que ce soit fait avec le pognon de tout le monde n’a pas à rentrer en ligne de compte. C’est pour les nandicapés, donc il FAUT en dire du bien, s’extasier, etc.

      Interdit de réfléchir.

      Je crois pourtant avoir démontré que c’était au contraire une initiative parfaitement détestable, et personne n’a réfuté ma démonstration pour le moment.

      « Surtout quand vous n’imaginez pas le vécu de ces personnes handicapés. »

      A nouveau, le terrorisme sentimental. Voir ma réfutation plus haut.

      La simple lecture de mon commentaire montre, précisément, que j’imagine parfaitement le-vécu-de-ces-personnes-handicapées. Et pas ceux qui promeuvent ce service grotesque.

      (Au fait : on ne dit pas « personnes handicapées », c’est stigmatisant, c’est très mal. On dit « personnes en situation de handicap ». En attendant que cette dernière expression soit, à son tour, considérée comme « offensante »…)

      « Il existe également une appli pour iPhone. »

      Qu’est-ce que je disais ?

  7. curieux

    18 décembre 2011 at 10:07

    Le système évoqué dans le billet fonctionne aussi par sms.
    Donc on peut envisager que le système par fax est plutôt destine aux foyers spécialisés, etc tandis que l’accès sms est destine aux particuliers.
    Envoyer un sms ne nécessite pas une bonne qualité de réseau contrairement a l’accès a un site web.
    Moi je dis ça, je dis rien…

  8. aramis

    18 décembre 2011 at 11:16

    @robert marchenoir
    le but est de discuter de l’appli, pas de vos considérations personnelles sur les handicapés, qui ne concernent que vous.

  9. Gilles

    22 décembre 2011 at 12:20

    j’ai l’impression d’avoir déjà vécu ce type de réaction en ce qui concerne le numéro d’urgence dans les transports. Et je ne le comprends toujours pas.

    C’est évident qu’un tel service n’est pas universel, qu’il ne remplacera pas le 112 et autres numéros habituels mais pour la communauté des sourds et malentendants, c’est une avancée très appréciable.
    En effet, comment ces gens pouvaient auparavant appeler au secours ?

    Comme ils sont privé de parole, cette communauté est très largement équipée en fax et cela depuis longtemps (ou moins pour les plus fortunés). L’arrivée des mails et surtout des SMS a contribué à les sortir de leur isolement. Pour avoir pariticipé à une formation sur le langage des signes et donc avoir cotoyé des personnes sourdes-muettes, je peux vous garantir que la vie est très compliquée lorsque l’on est privé de ce sens. C’est évidemment vrai pour tous les handicap avec des réalitées différentes. Dans le cas présent, la solution est simple et relativement peu honéreuse puisque les solutions technique existent. Je suppose qu’il a suffit de rediriger les fax et SMS sur les consoles des centres d’appel concernés, je ne suis pas certain qu’il est nécessaire de mettre en place un service entièrement dédié.

    Je suppose que les associations concernées ont beaucoup travaillées pour la mise en place d’un tel service. Et si cela a abouti, c’est bien que le législateur a estimé qu’une telle demande était recevable et utile à la communauté.
    Il suffit d’aller sur les sites de ces associations pour avoir un aperçu de l’importance de ce sujet pour ces personnes (par exemple http://www.mdsf.org/page227/page227.html).

    Bon, c’est vrai que le modèle de fax proposé peut être criticable, il a le mérite d’exister. Il évoluera certainnement, les association en proposeront peut-êtres d’autres modèles mieux adaptés. Ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain.

    Quand à en détourner l’usage pour envoyer des alertes à partir d’une centrale d’alarme, par contre je trouve cela dégueulasse!
    C’est un service destiné à aider des personnes handicapées qui se trouvent dans des situations critiques et certains imaginent déjà comment l’encombrer avec des messages automatiques.

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