La chasse aux « couteaux pointus »

5 commentaires

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20 minutes aujourd’hui communique sur un renforcement de la vigilance et des mesures policières sur le port d’armes de 6e catégorie et en particulier des couteaux. Pour rappel, le port sur soi d’un couteau est depuis longtemps non autorisé par la loi… mais des tolérances étaient faites selon le contexte. La multiplication des agressions aux couteaux citée par l’article serait à l’origine de mesures plus radicales lorsqu’un couteau est découvert sur un individu. En somme, on se rapprocherait doucement de la situation en Angleterre où les bagarres aux couteaux ont entraîné par le passé des campagnes de communication & de responsabilisation, et une législation assez dure sur le sujet.

Entre nous, quelle position avoir sur le port des couteaux ?
1 – Si vous n’êtes pas un petit peu entraîné à vous servir d’un couteau pour vous défendre, il vaut mieux éviter d’en porter (trop de risque que l’arme se retourne contre vous).
2 – Si vous n’êtes pas certain de savoir vous contrôler psychologiquement en cas d’agression légère ou moyenne, et que le risque de planter l’agresseur avec votre couteau existe, il vaut mieux éviter d’en porter (trop de risque de tuer l’agresseur et de passer des années en prison à cause d’un nobody).
3 – Si vous connaissez les dangers d’un couteau & maîtrisez les limites de vos réactions personnelles, et si vous estimez avoir besoin d’un outil de survie dans le cas où une agression grave (e.g. volonté de blesser/tuer plutôt que voler) pourrait survenir… portez un couteau en étant conscient que ce choix peut vous apporter des ennuis judiciaires graves et en assumant cette responsabilité.

=> je suis preneur de vos feedbacks en commentaires sur mes propositions de principes

5 Comments

  1. Lucas

    10 février 2010 at 22:49

    Il ne faut pas oublier le cas ou le couteau est un outil, qui n’est pas du tout envisage comme un moyen de défense par certain. J’ai moi même un couteau sur moi pour les petits découpages, pour manger le midi… Par contre, il n’est pas a la portée de la main, mais clipser sur mon porte-feuille et donc ne peut pas être dégainer rapidement comme on pourrait le demander a un arme…

  2. Un citoyen

    11 février 2010 at 10:22

    Pour ma part hors de question de porter une lame en tant que matériel de défense. Bien trop lethal et peu efficace pour stopper une aggression AMHA (a moins d’être entrainé). Je porte un couteau, mais dans une pochette, elle même placée dans mon sac.

    Les seules lames que je porte sur ma personnes sont un SOG micron en porte clé (très bien pour ouvrir les paquets, couper une ficelle) et le coupe-sangle du Resq-me, aussi fixé sur le porte-clé. Cela dit j’aimerais bien porter une petite lame fixe utilitaire à la ceinture, juste pour la facilité d’accès.

    Pour la défense, les kubatons polymères me semblent bien plus intéressants. Moins dangereux, imlmediatement deployables, peu chers (donc moins de remords à se le faire confisquer). Et ca ne fait pas sonner les portiques pour les étourdis 🙂

    Et

  3. Laurent

    11 février 2010 at 19:12

    Il me semble que plutôt que de s’attaquer à un symptôme (le port du couteau), l’on ferait mieux de revenir au problème de base : l’agression. C’est contre elle qu’il faut sévir, quelles que soient les formes qu’elle prend ou les conséquences (physiologiques, psychologiques…) pour la victime.
    Si celle-ci était punie à sa juste valeur (amendes plus dommages et intérêts prohibitifs, peines fermes de prison, obligation de suivi psychologique, voire châtiments corporels comme ils peuvent se pratiquer en pays musulmans ou à Singapour), le port des armes ne serait plus vraiment un problème.
    De plus, il me semble que le concept de « couteau pointu » est juridiquement vaseux (la jurisprudence tend à tolérer le port des couteaux à crans forcés, tels les Laguioles, Douk Douk et autres couteaux suisses).
    Je ne reviendrais pas sur le racisme sous-jacent que l’on retrouve dans la plupart des législations restrictives sur les armes, sous prétexte de protection de la population (voire des forces de l’ordre, comme cela arrive de plus en plus aux Etats-Unis ces temps).

  4. Mercier

    1 mai 2010 at 16:49

    Je suis allé rechercher la réglementation sur les armes
    Décret n°95-589 du 6 mai 1995.

    Chapitre II
    Article 2
    6e catégorie. Armes blanches:
    paragraphe 1
    Tous objets susceptibles de constituer une arme dangereuse pour la sécurité publique, notamment: « baïonnettes, sabres-baïonnettes, poignards, couteaux-poignards, matraques, casse-tête, cannes à épées, cannes plombées et ferrées, sauf celles qui ne sont ferrées qu’à un bout, arbalètes, fléaux japonais, étoiles de jets, coups de poing américains, lance-pierres de compétition, projecteurs hypodermiques. »

    Chapitre IV
    Article 57
    Sont interdits: le port des armes et munitions de 1e et 4e catégorie, des armes de poing de 7e et 8e catégorie, des armes de 6e catégorie nommément désignées ainsi que, sans motif légitime le port des armes de la 6e catégorie.

    Un poignard est défini par un texte administratif. Poignard de 6° catégorie. Texte n° 90-50-DA du 10.04.90 Bureau D/3 Direction Générale des Douanes:

    « Lames solidaires de la poignée ou équipées d’un système permettant de la rendre solidaire du manche, à double tranchant sur toute la longueur ou tout au moins à la pointe, d’une longueur, supérieure à 15 cm, d’une épaisseur au mois égale à 4 mm, à poignée comportant une garde. »

    Le port d’un couteau à lame bloquante ou solidaire du manche, ne remplissant pas toutes les conditions énumérées ci-dessus est interdit comme celui de tout objet pouvant servir d’arme, sauf motif légitime. Or la défense est, entre autres, un motif légitime.

    Il est donc possible d’avoir sur soi un Opinel, un couteau de Laguiole, ou à sa ceinture un couteau de scout. On ne peut être condamné pour port illégal que si on se sert de ces outils pour agresser. L’agression n’est pas un motif légitime. A contrario, la défense l’est.

    Vous avez ainsi tous les textes. Il vous reste uniquement à trouver un motif. Si vous ne dîtes rien, vous pouvez être traduit devant un tribunal. Même si vous avez une pierre, un tournevis, un cutter dans votre poche ou un marteau à votre ceinture comme les couvreurs du bâtiment.

  5. Ivan

    18 juin 2011 at 21:55

    « Or la défense est, entre autres, un motif légitime. »

    Malheureusement, non.

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