Posté le 2 juin 2011 |
une réponse
Ofir a créé, via son expérience de terrain, un nouveau système de self-défense d’origine israélienne, le Hagana. Le premier club en France se situe à Marseille et a été créé en 2005. L’énergie qu’il insuffle dans sa méthode mérite de s’attarder un peu sur le concept, pour bien comprendre les spécificités et points clés du Hagana System.
PROTEGOR : Ofir, quel est ton parcours personnel ?
Ofir : J’ai tout d’abord étudié les arts martiaux (judo, tae kwon do) étant enfant, puis à l’âge de 17 ans, j’ai étudié le Krav Maga, à raison de 7h par jour pendant une année, en Israël chez un élève direct d’Imi Lichtenfeld (le fondateur du Krav Maga). Ensuite, je me suis dirigé vers le secteur de la sécurité ; au cours des différents tests de passage et formations professionnelles en protection rapprochée ou autre, je me suis vite rendu compte, grâce à d’autres instructeurs des forces spéciales, que certaines techniques de Krav Maga (que je pensais à l’époque parfait), ne fonctionnaient pas du tout et n’étaient pas adaptées à réagir face à un ou plusieurs individus en crise, avec une force extrême et dans un contexte de stress intense. Grâce à mes expériences de terrain de policier dans une unité spéciale puis dans de nombreuses fonctions de terrain, j’ai décidé de mettre en place un système adapté aux situations extrêmes, rencontrées dans des opérations ou interventions sensibles. Ce système prend en compte les paramètres d’agressivité, de stress, de fatigue physique avant intervention, etc.
PROTEGOR : Justement, qu’est-ce que le Hagana ?
Ofir : Le HAGANA SYSTEM est un concept de combat comprenant 3 grands départements :
- Le 1e est dédié aux forces d’intervention, avec tout ce que cela comprend : pénétration dans un bâtiment, travail de cohésion d’équipes, stress extrême, neutralisation d’individu armé ou non, etc.
- Le 2e est destiné aux civils qui souhaitent avoir un outil pour se défendre dans la rue en cas d’agression
- Le 3e, appelé HAGANA KIDS, est comme vous l’aurez compris, réservé aux enfants (de 7 à 12 ans), et enseigne sous forme ludique, tous les comportements à avoir en cas d’agression ou pour prévenir une telle situation. Nous apportons ainsi aux enfants, confiance en eux, ouverture d’esprit, coordination, renforcement musculaire, discipline et respect.
Les entrainements sont composés d’une partie de condition physique, indispensable au combat et d’une partie technique self défense qui varie : saisie, étranglement, car jacking, home jacking, défense dans un endroit confiné (bus, ascenseur, taxi,…), dans des positions diverses (assis, couché, mains ligotées, …). Nous augmentons petit à petit le niveau de stress des élèves afin d’augmenter leur tolérance à celui-ci.
J’ai également créé un système de préparation physique très performant à efficacité court terme. Je pourrai développer cela lors d’une prochaine interview.
PROTEGOR : Quelle différence avec le Krav Maga finalement ?
Ofir : On me pose souvent la question… évidemment parce que les origines de ces 2 systèmes sont israéliennes.
Le Hagana est composé de techniques tout simplement différentes du Krav maga ou des autres systèmes.
Nous n’avons pas de ceintures ou kimonos dans mon système, car il reflète rarement le niveau d’efficacité dans la rue.
D’autres parts, nous sommes le seul système à ne pas mettre l’accent sur la perfection technique (dans un premier temps) mais sur l’action de réaction à une agression. Je ne passe pas 2 mois à enseigner un coup de poing direct à mes élèves, mon objectif est qu’ils réagissent le jour J et pour cela nous travaillons beaucoup de simulations.
Le Hagana est un mix de nombreux systèmes, j’ai pris le meilleur, à mes yeux, des autres méthodes existantes, puis j’ai élaboré mes propres techniques grâce à mon expérience de terrain et aux retours d’expérience des élèves que je forme et qui travaillent au quotidien sur le terrain face au terrorisme ou a la délinquance.
Le Krav Maga comprend 15 attaques au couteau alors que nous en avons 119 par exemple, des situations tirées d’attaques du monde entier ( Brésil, Mexique, Afrique, Europe, …) avec des contextes très violents.
Le Krav Maga enseigné en Israël est très différent de celui enseigné en France dans les clubs, et les gens pensent étudier les mêmes techniques que les soldats, mais comment peut-on penser qu’une armée aussi évoluée que Tsahal ou que des unités spéciales dans le monde puissent s’entrainer avec des techniques enseignées à monsieur et madame tout le monde dans les clubs de part le monde !? (sourire)
Le Krav Maga est une des composantes du Hagana tout comme le Judo, le Karaté, la Boxe, etc.
Beaucoup d’ « experts » en Krav Maga sont nés dans les dernières années mais lesquels ont vraiment été dans l’armée ou la police israélienne et ont pu savoir ce qu’est le vrai Krav Maga comme il était à son origine, avec son état d’esprit ?
Les systèmes de combat israéliens sont plus un état d’esprit que des techniques.
D’ailleurs, un livre sur le Hagana sortia en Février 2012 dans les librairies (FNAC, Virgin, Amazon, …).
PROTEGOR : Mais pourquoi développer un nouveau système ?
Ofir : J’ai toujours trouvé que dans les systèmes existants, que je respecte beaucoup, il fallait étudier 3 ou 4 années afin de sentir une petit maitrise de l’art martial pratiqué, et de gagner en confiance en soi.
D’autres parts, peu de systèmes travaillent des agressions de rues modernes, ils ne sont pas évolutifs mais figés.
Un petit exemple : beaucoup de systèmes travaillent sur une menace au couteau, nous nous travaillons les menaces couteau mais nous travaillons également les mêmes situations avec des menaces à la seringues (infectée du sida).
Quelle grande différence entre ces 2 armes ?
En réagissant sur un couteau , je peux me permettre de me faire couper sur un endroit non vital,(comme ce sera souvent le cas) mais avec une seringue, un simple contact avec celle ci m’empêchera de dormir pendant 3mois le temps de savoir si j’ai été contaminé ou pas.
Ce n’est qu’un exemple d’un travail différent et d’un niveau de stress différent que vous comprendrez aisément.
PROTEGOR : Dans le Hagana, enseignes-tu l’utilisation de certaines armes ? lesquelles et dans quelles conditions ?
Ofir : Concernant le travail armé, nous travaillons le combat mains nues contre un individu armé de couteau, objets coupants, tranchants, arme à feu, bâton, tonfa, matraque télescopique, hache, tesson de bouteille, machette etc. Mais nous travaillons aussi le maniement des armes tels le Tonfa, Bâton télescopique, Kubotan (dont j’ai créé un modèle unique), menottes à utilisation offensives, utilisation des vêtements en défense ou en attaques, neutralisation etc.
Il y a également tout un panel technique et technologique qui est réservé aux unités dans lesquelles j’enseigne dont je ne peux dévoiler le contenu à tous les publics.
PROTEGOR : Quels sont tes EDC (every-day-carry) ?
Ofir : J’utilise une sacoche du type 5.11 PUSH avec des modifications que j’ai faite au niveau des attaches (en mettant des crochets plus larges à la base de la sacoche afin qu’elle ne bouge pas lorsque je suis en moto) & des zip d’ouvertures (ajout de bouts de cordes à l’extrémité des tirettes des fermeture, afin de pouvoir les ouvrir plus rapidement).

PROTEGOR : Pour un novice en arts martiaux et en self-défense qui souhaite rapidement acquérir quelques reflexes, sans investir 4h d’entraînement par semaine à vie, que lui conseilles-tu ?
Ofir : De venir rejoindre un club HAGANA au plus vite ? (rires) sur Nice, Valence, Strasbourg, Paimpol ou à Marseille bien sûr. Sinon, je conseille à un novice ou autre pratiquant de tester plusieurs systèmes et de chercher un instructeur avec de l’expérience réelle de terrain et non un collectionneur de grades ou de diplômes qui ne reflètent que rarement une efficacité et un professionnalisme hors norme.
Qui mieux qu’un professionnel de terrain peut comprendre ce qu’il enseigne ? Aucun diplôme ne retransmet cela. Ne vous laissez pas berner. Ce point est important car nous parlons de self-défense, de sauver une vie et non d’arts martiaux. Etant depuis des années sur des terrains sensibles, je peux vous assurer que peu de mes collègues d’intervention ont des diplômes ou des ceintures d’arts martiaux, ils ont l’expérience, un entrainement adapté à leur besoin.
PROTEGOR : Inversement, pour un pratiquant d’arts martiaux traditionnel qui souhaite rendre sa pratique plus adaptée à la rue, que lui conseilles-tu ?
Ofir : Les conseils donnés ci dessus valent également pour un pratiquant confirmé. Je lui conseillerai de continuer l’art martial qu’il pratique et de suivre des stages spécifiques à thèmes, couteau, bâton, stress extrême, etc. afin de compléter et élargir sa vision du combat.
PROTEGOR : Pour finir, aurais-tu 3 principes clés du Hagana à partager avec les lecteurs de Protegor ?
Ofir : REAGIR, VITE et FORT, notre devise.
Les personnes souhaitant organiser un stage dans leur ville, leur dojo, peuvent me contacter avec plaisir afin d’organiser ces stages.
Merci Ofir !
www.haganasystem.com