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Survie UrbaineAide juridique

Légitime défense !

laurent-franck-lienardLa concept de légitime défense est au coeur des pré-occupations de sécurité personnelle. Les textes de loi sur le sujet sont clairs, toutefois ils rendent souvent compliqué la démonstration qu’un acte de défense est bien « légitime ». Chaque lecteur a d’ailleurs sûrement déjà entendu parler d’une affaire où une « victime » avait perdu juridiquement face à son « agresseur » car elle s’était défendue. J’ai demandé à un véritable spécialiste en la matière de nous éclairer un peu sur le sujet : Maître Laurent-Franck Liénard. Avocat spécialisé, auteur de l’excellent ouvrage Force à la Loi, il a bien voulu répondre à une interview exclusive pour PROTEGOR.


Laurent-Franck LIENARD, la défense légitime

Laurent-Franck LiénardMaître Laurent-Franck Liénard est un avocat spécialisé ente autres, dans le traitement des cas de «légitime défense». Il défend aussi bien des particuliers que des professionnels dans des cas où la victime a employé la force contre son agresseur. Par ailleurs, Maître Liénard est auteur de plusieurs ouvrages, le dernier s’intitulant Force à la Loi : Analyse juridique et judiciaire du port et de l’usage des armes par les forces de l’ordre. Il a bien voulu accorder une interview exclusive à PROTEGOR et répondre aux questions que nous nous posons tous sur le sujet de la légitime défense.

PROTEGOR : Cher Maître, commençons directement par un cas concret (*) pour bien entrer dans le vif du sujet. Samuel, 32 ans, se fait agresser dans un couloir du métro parisien par deux grands gaillards qui veulent voler le Blackberry qu’il tient à la main. Les deux agresseurs ne sont pas armés, mais l’un d’eux attrape Samuel au cou, le plaque dos contre le mur et appuie fort. Samuel donne un coup de genou à ce premier agresseur pour prendre un peu de distance, et sort une bombe lacrymogène qu’il utilise contre ce même agresseur. Le second agresseur réagit alors en saisissant Samuel violemment à l’épaule, Samuel le frappe au visage avec le fond de la bombe lacrymogène, ce qui lui permet de se dégager et de s’enfuir. Quelle analyse ferait le législateur s’il devait se prononcer sur ce cas (imaginons que des témoins ont décrit la scène ainsi) ?
Laurent-Franck Liénard :
Votre première question pose plusieurs difficultés. Tout d’abord, ce n’est pas au législateur de faire l’analyse de votre cas concret, mais au magistrat qui aura à connaître de ce cas. La différence est importante, dans la mesure où ce que prévoit la loi doit être appliqué par les hommes et qu’il existe souvent des écarts importants entre les prévisions légales et l’application qui en est faite par les juridictions. Par ailleurs, il est très difficile de donner un pronostic de ce que sera la décision d’une juridiction tant l’application de la loi est différente en fonction des hommes qui sont appelés à juger. Sur le plan du droit, la scène que vous décrivez entre bien évidemment dans les prévisions de l’article 122-5 du Code Pénal qui prévoit le fait justificatif de légitime défense. Dans votre cas d’espèce, une agression est en cours, en réunion, contre un homme seul. Les coups qui sont portés par la victime, quand bien même il utilise une arme, le sont dans le cadre strict de la légitime défense puisqu’ils ne visent pour la victime qu’à se soustraire à l’agression dont elle fait l’objet. Le seul point qui serait étudié éventuellement par le magistrat serait la nécessité d’asperger de gaz lacrymogène le premier agresseur alors même qu’il semble avoir mis hors d’état de nuire par le premier coup frappé. D’une manière générale, la scène que vous décrivez entre toutefois bien dans les prévisions légales de l’article 122-5.

PROTEGOR : Un autre exemple concret (*) : Bruno, 45 ans, est tireur sportif. Il détient chez lui une arme de poing en 9mm, qu’il garde au coffre, selon les modalités de la loi sur la détention d’armes. Il vit avec sa femme dans une maison en périphérie de Bordeaux, et une nuit il est réveillé par un bruit au rez-de-chaussée, sous leur chambre. Il se lève, sort son arme et la charge. Il descend et se trouve nez-à-nez avec un individu armé d’un pied de biche massif. Ce dernier arme son geste pour frapper Bruno avec l’outil, Bruno tire 2 coups rapides dans le buste de l’agresseur qui sera sérieusement blessé mais ne décédera pas. Même question que précédemment, sachant que cette fois-ci il n’y a logiquement pas de témoins extérieurs à la scène ?
Laurent-Franck Liénard :
Ici encore la scène que vous décrivez entre dans les prévisions de la loi. Il ne s’agit pas de l’article 122-5, mais cette fois de l’article 122-6 du Code Pénal qui présume en état de légitime défense celui qui accomplit un acte pour repousser, de nuit, l’entrée par effraction, violence ou ruse dans un lieu habité. L’utilisation d’une arme détenue à titre sportif ne pose pas de difficulté en droit. Le fait également de s’en saisir et de la charger en vue de se défendre ne pose pas de difficulté juridique. La question qui se posera sera celle de la proportionnalité entre les coups susceptibles d’être portés par l’agresseur et la riposte appliquée par Bruno. La légitime défense est une rencontre entre un moyen et une probabilité d’atteinte. Si l’agresseur est au contact de sa victime, armé d’un pied de biche, et qu’il risque de frapper sa victime sur la tête, il en découle bien évidemment un risque extrêmement grave.
Dans ces conditions, la vie de la victime étant directement menacée, il peut appliquer un tir mortel. La deuxième difficulté sera celle de démontrer la réalité des faits. L’article 122-6 du Code Pénal renverse la charge de la preuve de sorte que ce sera au Parquet de démontrer qu’il n’y avait pas de légitime défense. Bruno se trouve donc dans une situation favorable sur le plan légal.


Force à la Loi

PROTEGOR : Merci pour ces analyses. Les textes de loi relatifs à la légitime défense sont connus, mais y a-t-il des cas de jurisprudence qu’il est intéressant de connaître car ils sont venus bouleverser la façon de traiter ces cas de « répliques par une victime » ?
Laurent-Franck Liénard :
Les cas de légitime défense sont traités par les Tribunaux ou par les Cour d’Assises et constituent, à chaque reprise, des cas d’espèce. Il est très rare qu’une question touchant au fond du droit soit suffisamment abordée pour qu’elle donne lieu à publication. De ce fait, il y a peu de cas de jurisprudence utiles à la compréhension de la légitime défense. En tout état de cause, il n’y en a pas de nouvelles par rapport à celles que j’ai décrites dans mon ouvrage.

PROTEGOR : Pouvez-nous rappeler la notion d’instantanéité de la défense (ie vengeance versus légitime défense) ?
Laurent-Franck Liénard :
La légitime défense suppose la réunion d’un ensemble de conditions qui sont prévues par la loi. Il est indispensable notamment que la riposte soit instantanée et nécessaire. Cela veut dire que, pour que les coups portés échappent à une répression pénale, il faut qu’ils aient eu pour seul but que d’échapper à l’agression dont l’auteur de ces coups faisait l’objet. Dès que l’agression a cessé, ou que l’agresseur n’est plus en état de constituer un danger, soit parce qu’il a été mis hors d’état de nuire, soit parce qu’il a pris la fuite, les coups qui lui seraient portés ne seraient plus nécessaires et constitueraient de ce fait des violences volontaires susceptibles d’être poursuivies pénalement. Tel est le cas lorsque des policiers tirent sur une voiture qui vient de passer et qui a manqué de les écraser, ou d’une personne qui se défend en portant des coups à son agresseur et continue à le frapper alors que cet agresseur est manifestement hors d’état de nuire. Ensuite, bien évidemment, tout est une affaire d’appréciation par les magistrats qui devront connaître de l’affaire.

PROTEGOR : Pour nos lecteurs qui se trouveraient agressés et qui répliqueraient face à leur agresseur, quels seraient vos conseils pratique de protection juridique immédiate ?
Laurent-Franck Liénard :
Les conseils pratiques sont décrits dans mon ouvrage. Les principes fondamentaux sont de ne jamais mentir, de faire les déclarations les plus limitées possibles, retenir les témoins de la scène afin d’avoir plusieurs versions de ce qui s’est passé. Il faudra bien évidemment s’assurer de l’assistance d’un conseil efficace et spécialisé.

PROTEGOR : Ceux qui portent un intérêt fort à leur sécurité personnelle sont souvent conscients de la très forte difficulté à prouver une situation légitime défense, et préfère souvent se réfugier sur l’adage américain « je préfère être jugé par 9 que porté par 6 » (autrement dit, je préfère aller en prison que mourir). Connaissez-vous des cas, peut-être chez des professionnels de la sécurité, où la pression juridique sur le respect des règles de défense a probablement entraîné la mort de la victime ?
Laurent-Franck Liénard :
Je ne connais pas personnellement de cas dans lesquels la pression juridique a entraîné la mort directe de la victime. En revanche, je connais un ensemble de cas, très nombreux, dans lesquels le doute a entraîné un temps de réponse trop important et des blessures graves. Je peux même vous dire que, dans les dossiers que j’ai traités, la très grande majorité des affaires présente cette caractéristique d’une réponse trop tardive de la personne agressée, notamment justifiée par l’inhibition qui frappe chacun de nous à porter des coups à notre agresseur.

PROTEGOR : Bon nombre de nos fidèles lecteurs sont belges & suisses (je pense aussi à nos amis québécois, aux différents pays du Maghreb & d’Afrique sub-saharienne, etc. mais je ne peux pas demander une étude mondiale à notre invité ;-) ) ; les lois en Belgique & en Suisse sont-elles très différentes de celle appliquée en France sur le sujet de la « légitime défense » ?
Laurent-Franck Liénard :
L’application de la loi française et sa connaissance sont suffisamment techniques et difficiles. Je n’ai pas de connaissance particulière en matière de droit belge ou suisse.

PROTEGOR : Si l’un de nos lecteurs avait besoin de votre aide pour le défendre dans un cas de « légitime défense », comment peut-il faire appel à vos services ?
Laurent-Franck Liénard :
Etant avocat à la Cour d’Appel de Paris, mes coordonnées figurent dans l’annuaire.
Je vous les rappelle : 5 rue Edouard Fournier – 75116 PARIS – Tél. : 01 56 91 29 29, Télécopie : 01 40 72 62 05
E mail : lflienard[at]orange.fr ; Je reste bien évidemment à votre disposition, ainsi qu’à celle de vos lecteurs.

(*) ces exemples concrets sont inventés de toutes pièces et ont pour unique objectif de mieux comprendre la notion de Légitime Défense, en France

PS: page facebook pour les fans du livre Force à la loi


Steve LEE, he likes guns!

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Steve Lee est australien. Il est l’auteur et interprète de la chanson « I like guns » qui fait un gros buzz sur Youtube depuis quelques semaines. Originaire de la ville de Parkes (10 000 habitants), dans la région de New South Wales, à 450km de Sydney, Steve est pyrotechnicien et il s’occupe aussi d’un terrain de paintball. A ses heures perdues, il est musicien dans un groupe familial baptisé THE LEES. Il adore être dans la nature et voyager, et c’est avec une grande ouverture d’esprit qu’il a accepté de répondre à mes questions pour le blog PROTEGOR.

Pour vous procurer l’album de Steve Lee : ilikeguns.com.au
Les paroles de la chanson sont ici.

PROTEGOR : Steve, quand as-tu écris « I like guns » ?
Steve Lee :
« I like guns » a été écrite il y a 5 ans, à l’époque où le gouvernement australien était en train de changer les lois sur la détention d’armes, et que ces dernières étaient particulièrement impopulaires dans les médias.

PROTEGOR : Et où a été tourné le clip ?
Steve Lee :
La première moitié chez moi, sur mon terrain de paintball, et l’autre moitié dans différents endroits au Cambodge.

PROTEGOR : C’est ton premier album ?
Steve Lee :
C’est le premier en solo. J’ai participé à trois autres albums avec THE LEES. Et d’ailleurs nous sortons un quatrième album ce mois-ci qui s’appelle « Welcome Road ». Nous avons enregistré une version avec tout le groupe de « She don’t like guns », une chanson sur ma femme Tracey, qui est aussi présente sur l’album de « I like guns » en acoustique.

PROTEGOR : Le nombre d’armes dans le clip est impressionnant, elles sont toutes à vous ?
Steve Lee :
Toutes les armes de la première partie du clip sont bien à moi. Et vous remarquerez qu’il n’y a pas d’armes au style militaire dans cette partie, car elles sont illégales en Australie. On ne peut pas avoir de semi-auto ou de fusils à pompe. Dans la deuxième partie, les armes militaires ne sont pas à moi.

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PROTEGOR : Quelle est ton arme préférée ?
Steve Lee :
J’ai plusieurs armées préférées : mon .357 et mon fusil à canons juxtaposés. J’adore ce dernier car je l’ai eu quasiment toute ma vie, il est vieux et cool et j’ai beaucoup de plaisir à tirer avec.

PROTEGOR : Et si tu avais une arme pour la self-défense, quelle serait-elle ?
Steve Lee :
Le .357, il tire super bien et est vraiment sûr, il ne m’a jamais laissé tomber.

PROTEGOR : Et est-ce tu aimes aussi les couteaux ?
Steve Lee :
Pas vraiment, c’est pas que je ne les aime pas, mais je ne les vois que comme des outils utilitaires.

PROTEGOR : Quelle est la loi en Australie sur les armes à feu ?
Steve Lee :
Il faut un permis pour pouvoir posséder et utiliser une arme à feu. Il faut aussi une bonne raison pour en posséder une : être chasseur our tireur sportif par exemple. Il n’est pas possible de détenir une arme pour la self-défense en Australie. Chaque arme doit être enregistrée.

PROTEGOR : Sur Youtube, ton clip fait un carton… et dans les commentaires, un vrai débat s’est installé ; que penses-tu de ce qu’il se dit ?
Steve Lee :
Je suis un peu le débat, mais je ne pense pas qu’il soit possible de changer la position des gens comme ça. Les gens ont besoin de rechercher les faits et se faire une opinion par eux-mêmes.

PROTEGOR : Tu pensais que ta chanson ferait le tour du monde ?
Steve Lee :
Je n’avais pas du tout prévu celà… je n’avais d’ailleurs rien prévu. Je suis très content qu’elle se soit répandue à l’international. Je l’avais écrite en relation avec ma vie en Australie, donc à la base elle était plutôt destinée aux Australiens, mais bon le rêve de tout musicos est d’aller à l’international (rires).

PROTEGOR : Et la question que tout le monde se pose après avoir vu le clip… pourquoi ton fusil à double canon est-il rafistolé avec du scotch ?
Steve Lee :
Et bien le scotch tient le fusil en une pièce (rires)… je n’ai juste pas eu le temps de l’amener à l’armurerie encore. Tu sais, il ne s’est cassé qu’il y a 7 ans, et j’ai été occupé ! ;-)

Merci Steve !


Hugh MAC MANNERS, rock & adaptation !

Hugh McMannersHugh McManners est l’auteur d’une vingtaine d’ouvrages sur des sujets comme la survie, la sécurité, l’aventure, la vie dans la Nature, les sports en extérieur, l’élite militaire & leurs équipements, etc.

Profil très académique à la base, Hugh McManners est issu d’Oxford, fils d’un historien de renom, le révérend John McManners ; mais il fut élevé en Australie, dans un cursus privé puis militaire. Il passa 17 ans dans l’armée britannique cumulant des expériences de commando, parachutiste & spécialiste plongée. Il servit aussi pour l’armée américaine, en Californie, dans l’infanterie & plus ponctuellement en Irlande du Nord pour une mission d’anti-terrorisme et pour les Nations Unies à Chypre pendant l’invasion turque de 1974.

Hugh a eu l’extrême gentillesse d’accepter un entretien exclusif à PROTEGOR et y dévoile son caractère bien trempé et quelques conseils bien fondés.

Protegor: Mr McManners, Amazon.com renvoie 112 résultats de livre à votre nom, combien y en a-t-il eu en vrai ?
Hugh McManners:
Il y en a 18 ou 19 en tout, mais beaucoup ont été renommés selon le pays de publication, la langue, etc.

Protegor: Et question stupide, quel est votre préféré ?
Hugh McManners:
Ils sont tous mes préférés pour différentes raisons. « The Scars of War » par exemple donna lieu à 6 mois de procès à la Haute Cour de Londres et fut une bonne gifle dans le figure du Ministère de la Défense du Royaume Uni qui refusait de s’occuper de leurs blessés de manière appropriée. Ceci dit, peu de choses ont changé au final –  au Ministère de la Défense, ce sont plus des poules mouillées que des soldats, et ils pensent toujours qu’ils sont plus importants que ceux qui combattent.

Protegor: Quel fut votre parcours militaire ?
Hugh McManners:
Dix-sept ans, entre 1972 et 1989, à faire tout ce que la British Army faisait à cette période là. J’ai combattu pour le Special Boat Squadron pendant la guerre des îles Falklands, et j’ai pris ma retraite après avoir travaillé au Ministère de la Défense.

Protegor: Quel fut votre expérience la plus mémorable ?
Hugh McManners:
La guerre des Falklands… ce fût mon premier livre “Falklands Commando”.

Hugh McManners

Protegor: Vous êtes devenu expert en « survivalisme »… (Hugh intervient)
Hugh McManners:
Non, je n’ai rien d’un « survivaliste », et je ne m’intéresse pas à la vie en milieu sauvage dans le cas où l’humanité venait à s’auto-détruire. J’adore vivre dans des grandes villes comme Londres ou New York, pleines de la créativité, de la culture & de l’humanité apportées par les autres. Le survivalisme est comme tous les mots en « -isme », comme une religion, l’idée d’un d’autre sur comment vivre sa vie, et que certains essaient d’imiter. Ca ne m’intéresse pas. Je fais ce que j’ai envie de faire… et je sais exactement comment le faire, n’importe où dans le monde.

Protegor: En France, la chaîne NT1 diffuse depuis plusieurs mois “Man vs. Wild”. Vous connaissez ?
Hugh McManners:
Je ne regarde pas la télévision, c’est une perte de temps. Il faut toujours se rappeler que quand « n’importe quoi dans la nature sauvage » est filmé, une fois que la caméra est éteinte, ils retournent à l’hôtel pour recharger les batteries & prendre un bain chaud. J’ai fait assez de show télévisés, en tant que présentateur ou producteur, pour ne pas être pris à ce piège. Lisez des livres ou écoutez la radio quand vous faites quelque chose, mais ne regardez pas la télé, elle est faite par des gens intelligents qui pensent que les téléspectateurs sont stupides, et tirent tout vers le bas.

Protegor: Un de vos livres s’intitule “Commando: Winning the Green Beret” (1995). Quels sont vos conseils pour quelqu’un qui aimerait avoir une chance d’entrer dans les forces spéciales ?
Hugh McManners:
Soyez très en forme (« get really fit »). Portez des rangers lourdes & faites des marches partout. Apprenez à naviguer dans les montagnes de nuit. Ne vous sur-entrainez pas, mais réussissez à être heureux à marcher de longues distances avec 30kg sur le dos. Cultivez le sens de l’humour qui vous permettra de vous moquer de vous même et de vos sentiments. Ca vous servira ;-)

Protegor: Et en dehors de la survie, de la marche, du backpacking, des voyages, des armes, des affaires militaires… quels sont vos centres d’intérêt ?
Hugh McManners:
Le Rock & les guitares, tout particulièrement « psychedelia », qui fût inventée en Angleterre. J’adore « overdriven valve amplifiers, modulation, Gibson Les Pauls & 345’s,  Fender Sratocasters & Telecasters ». Regardez cette vidéo et matez mon pantalon en cuir :-)

Protegor: Et de quoi parlera votre prochain livre ?
Hugh McManners:
La mère de toutes les batailles… la Guerre du Golfe, 1990-91.

Merci beaucoup Hugh !

Hugh McManners


Damien BANCAL, le gardien de la toile

Damien BancalPROTEGOR : Damien, peux-tu te présenter aux internautes qui ne te connaîtraient pas ?
Damien Bancal :
J’ai une grosse trentaine d’année, marié, deux enfants, journaliste. J’ai cofondé ZATAZ.COM un site dédié à l’actualité liée à la problématique de la cyber criminalité sur Internet. J’ai commencé à écrire sur le sujet en 1989 (sous forme de fanzine) ; puis sur le web en 1996 et sous le nom de ZATAZ en 1998.

P. : L’actualité fait parler de toi, puisque l’on t’accuse en ce moment d’avoir aidé à dénoncer une faille informatique grave… tu peux nous expliquer rapidement ? Que risques-tu ?
D.B. :
Septembre 2008, je suis alerté par un lecteur. Ce dernier, via un moteur de recherche, découvre d’étrange documents via les liens proposés par ce moteur. Je verifie et découvre que les documents sont référencés à partir d’un FTP ouvert, libre d’accès. J’alerte l’entreprise. Elle corrige et me remercie par courriel. Trois mois plus tard, elle me met devant la justice. Au civil pour faire retirer l’article et en Correctionnel pour « diffamation ». Au civil, j’ai eu ordre de retirer l’article après avoir perdu mon appel en septembre 09. L’article n’étant plus en ligne depuis décembre 2008 je dois rembourser les frais d’avocats de la partie adverse. Pour le pénal, le juge a suivi la demande du Ministère public (Procureur) qui demandait la relaxe. L’entreprise a fait appel de la décision.

P. : Comment expliques-tu cette tourmente ?
D.B. :
Je pense que le patron de cette entreprise n’a pas été informé correctement sur le sujet. Il a fait son travail, protéger son entreprise. Après, il est très simple de sortir l’argent, les avocats, les experts.

P. : Tu animes l’excellent site d’information multimédia zataz.com, avec un très fort accent mis sur la sécurité informatique. Selon toi, à quel point les systèmes d’information sont-ils un risque pour chacun ?
D.B. :
Je ne suis pas un informaticien, ni un expert en sécurité informatique mais le témoin de faits sur la toile. Et ce témoin est de plus en plus inquiet à la vue de ce que les entreprises laissent trainer sur l’Internet. Les jeux concours, les fiches que l’ont rempli, les contrats que l’on passe sont quasiment tous automatisés. La moindre erreur est fatale.

zataz.com

P. : Quel est pour toi le plus gros danger pour un internaute lambda aujourd’hui ?
D.B. :
De cliquer sur un lien et de se retrouver face à des informations sensibles. Il peut prier pour que l’administrateur ne hurle pas, ensuite, au piratage. Il sera très difficile pour l’internaute de prouver le contraire. Autre cas à prendre au sérieux : contrôlez TOUTES les informations privées que vous diffusez sur la toile.

P. : A part les informations bancaires, y a-t-il vraiment un risque induit à se faire voler des informations personnelles ?
D.B. :
Un cas concret. La semaine dernière, un internaute m’alerte d’une fuite de données à partir du site d’un jeu mis en place par un important assureur. Les données, les identités, les adresses, téléphones, adresses emails des joueurs. Il suffit à un pirate d’intercepter les informations pour se faire passer pour l’assureur. Les internautes seront en confiance. Seules, l’entreprise et eux sont censés avoir ces informations. Le pirate pourrait proposer une assurance habitation, par exemple, pour 20 euros pour l’année et diriger ses victimes vers un faux site. On n’imagine pas la capacité de nuisance que peuvent avoir les escrocs du web.

P. : As-tu des anecdotes de piratages particulièrement éloquentes ?
D.B. :
En juin dernier, un môme m’annonce avoir trouvé un lien étonnant chez un important FAI américain. En cliquant sur l’URL, il suffisait de changer le chiffre contenu dans ce dernier pour connaître l’ensemble des secrets des clients. Ici, ce n’est pas du piratage, juste une erreur de programmation qui se retrouve accessible au commun des mortels.

P. : Si tu avais 3 articles de zataz à mettre en avant à des férus de sécurité personnelle, lesquels seraient-ils ?
D.B. :
Sacré question ça ! Avec plusieurs dizaines de milliers d’actualiés…

http://www.zataz.com/rfi-honey-net/
… qui permet de suivre les attaques en cours à l’encontre de zataz et de serveurs honey pot (pot de miel), cela donne une petite idée de qui fait quoi, de quel lieu et comment.

http://www.zataz.com/alerte-virus/19313/protocole–alerte–zataz.html
… le protocole d’alerte

http://www.zataz.com/haided/
… qui permet de suivre les alertes en cours

et j’espère le prochain !

P. : Nos informations personnelles sont stockées dans des dizaines de systèmes informatiques (administration, banque, assurance, sécurité sociale, EDF, service telecom, abonnements mobile, TV, etc.), chacun accessible par des dizaines d’acteurs différents (employés de ces entreprises pour le besoin de service associé, mais aussi par les prestataires travaillant pour ces entreprise & par beaucoup de membre de la DSI de ces entreprises) ; comment est-il possible de sécuriser cela ?!
D.B. :
Très honnêtement, j’en ai aucune idée !

P. : Les administrateurs de grosses bases de données stockant des informations personnelles ne sont-ils pas finalement les personnes les plus potentiellement dangereuses en termes de risques informatiques ? (vu leur facilité à extraire & revendre les données de manière intraçable)
D.B. :
Il est clair que celui qui a en main la possibilité de lire l’information est celui qui maitrise cette dernière. Maintenant, des protocoles, des lois et des règles internes doivent pouvoir mettre quelques protections.

P. : Pour finir, si tu avais un conseil à prodiguer à des non-informaticiens soucieux à la fois de leur sécurité personnelle & de la confidentialité de leurs informations personnelles, pour qu’ils puissent être serein (du point de vue sécurité) sur un ordinateur, quel serait-il ?
D.B. :
Que la boite en métal qu’ils ont devant eux, n’est pas qu’une boite en métal justement. Aujourd’hui, l’ordinateur sait presque plus de chose que sa propre famille. Courriels, informations confidentielles, photographies, surfs, … Bref, je n’ai jamais vue quelqu’un jeter son carnet intime, son porte-feuille dans la rue en se disant « je le place ici, je le reprendrais plus tard »… alors pourquoi ne pas faire pareil sur le web ! Dernier point, un HACKER n’est pas un pirate(*) !

Merci Damien !

(*) NDLR : Pour Damien, le hacker est celui qui va aider, permettre à la communauté des utilisateurs d’avancer, de se protéger, de réfléchir avec les nouvelles technologies. Il peut aussi bien permettre la mise en avant d’une faille, sa correction, dénoncer des problèmes de liberté, etc. Le pirate, lui, vole, détruit, …


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