Le casse-doigts par Gérard Lecoeur

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Grâce à Fred Perrin, à l’occasion d’un de ses stages, j’ai pu rencontrer une personne que je connaissais de nom depuis mon adolescence : Gérard Lecoeur. Gérard Lecoeur, ancien militaire, est l’auteur de nombreux livres sur les armes en général, et les couteaux en particulier. Mais pas que, vous allez voir.

Voici à titre d’exemples quelques références de Gérard Lecoeur :
Le Tanto, poignard japonais et sa technique (un des tous premiers livres que j’ai achetés !)
L’arme froide (le plus connu ?)
Le couteau de lancer et Les couteaux de jet (version antérieure)
Les couteaux de nos soldats
Couteaux, dagues & poignards
RIC & Bull Dog et leurs dérivés
Derringers d’hier et d’aujourd’hui
Sarbacanes d’hier & d’aujourd’hui
Guide pratique des atemis avec objets (de la pure self !)
Guide pratique de la canne
… et surtout le Guide pratique du Casse Doigt

J’ai entendu parlé de cette dernière référence il y a quelques années dans la bouche de Philippe Choisy qui me présentait l’accrochérisme (sic), mais impossible de la retrouver dans le commerce. J’ai donc eu la chance de rencontrer Gérard Lecoeur qui a eu l’immense gentillesse d’écrire un article exclusivement pour Protegor. Bonne lecture !


Le casse-doigts, par Gérard Lecoeur

Le casse-doigts, ou lutte du bout des doigts, ou encore acrochirisme… si les deux premières appellations sont évidentes pour nous tous, le terme acrochirisme se décompose en :
– ACRO, avec un seul C, qui veut dire « haut », « extrémité »,
– CHIR correspond à « main », et se retrouve dans « chirurgien »,
– ISME est un suffixe qui désigne une « école », un « enseignement »

C’est dans des ouvrages anciens que j’ai retrouvé les éléments de départ, et su des bas-reliefs et des poteries, que quelques images m’ont aidé à comprendre.

C’est avec les Jeux Olympiques, créés en Grèce en 776 avant J.-C. que cela débute afin d’éviter des affrontements plus violents. Ce fut tout d’abord avec des épreuves de course à pied que les athlètes se mesurèrent, et peu après, en 696 avant J.-C., Orsippe, un coureur à pied perdit son perizona, c’est-à-dire son caleçon. Aussi pour éviter ce genre de choses, il fut décidé que participants seraient nus et que les femmes n’y asisteraient pas sous peine de mort, hormis la prétresse du Mont Olympe.

Mais très vite d’autres épreuves s’ajoutèrent avec les sauts en longueur et en hauteur au-dessus d’une haie de piques, ainsi que des épreuves de lutte à mains nues, debout ou ortho-palé, où le vainqueur gagnait par tombé ou abandon, puis s’ajouta la lutte au sol ou palé, ainsi que l’acrochirisme, et par la suite le pugilat et le pancrace.

Le principe de base de la lutte est de saisir son adversaire et de le faire tomber, ce qui explique les illusrations avec les pieds très en arrière. Mais pour saisir il faut s’avancer et tendre les mains, aussi certains lutteurs choisirent d’agir au niveau des doigts, des mains et des poignets, ce qui permettait de rester à distance sans nécessiter une grande force, mais seulement de la rapidité. Deux ont laissé leur nom car très doués ainsi : Sostrate de Sicyone, et Leontisque de Messine, sans jamais aller au corps à corps.

Toutefois le stade de l’Olympe était tout en longueur pour les épreuves de courses, et il pouvait accueillir 60 000 personnes, aussi les spectateurs voyaient très mal les lutteurs s’affrontant ainsi, et très vite il y avait un cri et un abandon. Dès lors cette forme fut prescrite et les lutteurs devaient démarrer au corps, forme que l’on retrouve de nos jours dans les luttes au corps, gréco-romaine ou libre.

Par la suite d’autres épreuves furent adoptées, avec les courses de chars. Et en 66 après J.-C., l’empereur Néron lui aussi y participa et gagna le premier prix dans une discipline spécialement créée pour lui, la poésie où il fut d’ailleurs le seul participant ; épreuve qui d’ailleurs ne fut jamais renouvelée.

D’autres faits pourraient être cités, mais cela déborderait de notre sujet. Les Jeux Olympiques disparurent en 369 de notre ère, car l’Empereur Theodose étant chrétien, il n’admettait pas le sacrifice fait à Olympe lors de l’ouverture par la prétresse ; les Jeux furent interdits.

Pour nous, nous distingons :
– la garde
– les actions offensives à une main
– les actions offensives à deux mains, en parallèle ou groupées
– les actions défensives avec l’arrêt
– les dégagements et les sorties
– l’esquive

Il y a toute une progression qui est très facile à suivre, et c’est une forme défensive qui plait particulièrement aux femmes car il n’y a pas de contact au corps ni usage de la force. L’enseignement en est simple mais il faut toutefois travailler la vitesse et bien sûr doser son action à l’entraînement.

Un premier ouvrage fut tiré en petite quantité par un petit éditeur, mais il est épuisé. Une nouvelle version est déposée chez un autre éditeur plus sérieux, avec d’autres manuscrits…




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3 Comments

  1. mathieu C

    15 juin 2017 at 23:54

    j’en veux un… les bases du close 🙂

  2. chap

    19 juin 2017 at 19:04

    C’est une bonne idée de rééditer ce livre introuvables. Merci d’en parler.

    Quand aux éditeurs plus sérieux je me méfie un peu car j’attends de voir la publication du livre « close combat catastrophe » annoncé il y a plus d’un an et qui semble être passé à la trappe.

  3. Guillaume [admin]

    19 juin 2017 at 23:44

    L’éditeur est une filiale de Crépin-Leblond, je n’ai pas le contact, mais les plus motivés d’entre vous, n’hésitez pas à faire un mail à Crépin-Leblond, car Gérard m’a dit ne pas relancer l’éditeur et le laisser décider en fonction des manuscrits qu’il a remis… si on est plusieurs à demander ce livre là, ça orientera peut-être le choix de l’éditeur ?

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