Le syndrome The Walking Dead, entre survivalisme & zombies-story

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The Walking Dead, tout le monde connaît j’imagine. Pour ceux qui n’ont pas vu cette série US (disponible en ce moment en « binge viewing » sur OCS et sur Netflix, et la saison 5 venant de sortir), voici le pitch : un policier sort du comas et découvre un monde ravagé par les zombies. L’état de droit n’est plus, l’armée est décimée, des groupes de personnes s’organisent pour survivre et ne pas se faire mordre par les hordes de zombies.

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Pourquoi la série marche bien ?
La série marche très bien pour plusieurs raisons. La réalisation est de qualité (avec des budgets de 4-5M$ par épisode, c’est du lourd). Mais ce qui plaît le plus, c’est le scénario. Ou je dirais plutôt, l’ambiance, le contexte de l’histoire. Certaines zones du scénarios sont discutables, et quand on discute ou lit les réactions des fans de la série, on trouve des critiques de-ci de-là sur des bouts d’histoire peu crédibles ou mal ficelés. En revanche, ce qui me semble être un point fort de la série (et une raison de son succès), c’est cette attente d’une histoire sur fond de rupture de l’état de droit, de survie, un retour à la vie primaire dans une société où les lois ne s’appliquent plus, où la loi du plus fort est de rigueur. Ce contexte permet beaucoup de liberté aux personnages, à leurs faits et gestes, cela permet de repenser le bien & le mal et finalement de challenger certaines valeurs de la société (éthique, justice, droit, devoirs, etc.) et de revenir aux basiques (courage, générosité, valeur apportée dans un groupe, capacités (physiques, intellectuelles), etc.).

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Pourquoi des zombies ?
Ce n’est pas nouveau, les zombies ça fait un carton aux US. Moi pourtant, je n’aime pas du tout à la base, car c’est faux. Ca n’existe pas les zombies, on est d’accord. Mais en revanche, les zombies, c’est la métaphore idéale qui cache suffisamment tous les maux que peuvent mettre à mal une société (invasion militaire par des ennemis, fléau d’une maladie qui décime la population, soulèvement au sein de la société et guérilla urbaine, etc.). Les zombies sont une métaphore irréelle mais réaliste des risques qui nous menacent (plus ou moins sérieusement), sans en citer une précisément. Dans The Walking Dead, on retrouve les éléments de crise économique puisque les productions sont arrêtées, la monnaie n’a plus cours, le commerce entier est en banqueroute.

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Est-ce réaliste ?
Le scénario de The Walking Dead est-il réaliste ? Les plus extrêmes et paranoïaques diront peut-être oui. Les plus utopistes ou optimistes diront « bien évidemment que non ». Peu de chance que des zombies nous envahissent mais un mal peut-il à tel point réduire à néant une société, un pays sur terre ? (dans The Walking Dead, c’est même a priori la terre entière… quoique, on ne sait pas en fait). Je ne suis pas « survivaliste » (même si à chaque fois que le sujet est à la mode dans les médias, je reçois quelques coups de fil de journalistes à qui j’explique que ce n’est pas cet axe que je souhaite donner à PROTEGOR, même si en effet, tous les éléments de sécurité personnelle s’appliquent dans une situation de surivalisme et qu’à ce titre, je suis heureux de compter nombre de preppers dans mes lecteurs et apprends beaucoup d’eux). Mais, être « prêt » c’est surtout et avant tout avoir réfléchi quelque fois dans sa vie à anticiper des situations catastrophiques. En sécu-perso, on anticipe des mini-situations de crise (des agressions, des incivilités, des accidents, etc.). Penser parfois un peu plus grand (sans que cela devienne la principale motivation de sa vie), c’est à dire au cas où quelque chose se mette à impacter tout ou partie de la société est une attitude responsable. Et encore une fois, on est dans les basiques de Maslow. Tout est question de mesure et d’équilibre. Le scénario de The Walking Dead n’est pas réaliste (et a fortiori quand on rentre dans le scénario en détail, pleins de choses ne tiennent pas debout), MAIS, il a cette vertu de faire poser la question à chacun : « comment tu gérerais cette situation exceptionnelle ? »

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Quels sont les détails qui plaisent ?
Quels sont les éléments, souvent clichés, qui accrochent le téléspectateur ? Les armes bien sûr (non-stop dans cette série, et allant du couteau au fusil d’assaut, en passant par la machette, la hâche, l’arbalète, le Python 357 Magnum et le fusil à pompe), et scènes d’action associées ; les images martiales comme Michonne est son sabre japonais récurrent. L’équipement est présent partout, il n’y a qu’à se servir, c’est le paradis du geardos. Et puis il y a ce sentiment de sécurité, régulièrement mis à mal… mais qu’est-ce que l’on se sent bien quand le groupe trouve refuge dans une prison, lieu idéal pour se protéger d’un mal extérieur. Les expéditions à la recherche d’objets font aussi appel à un ressort d’enfance, c’est l’aventure à l’état pur. L’image du village abandonné aussi est très présent dans la série, les personnages pénètrent sans arrêt dans des maisons désertées et découvrent la vie d’inconnus telle qu’elle a été laissée, en l’état. Cela assouvit nos besoins d’homme invisible et de passe-muraille, cette envie de pouvoir entrer dans l’intimité des autres sans qu’ils le sachent.

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Peut-on tirer quelque chose de cette série ?
Mais au final, ai-je appris quelque chose en regardant TWD ? Pas grand chose en matériel ni en fight. En revanche, j’ai été sensibilisé à ce qui est sûrement l’aspect le plus important (et le plus compliqué) du survivalisme : le groupe. Toute la série tourne autour d’un groupe qui ne cesse d’évoluer… il se construit, se sépare, se retrouve, se détruit, se re-construit… sans fin. Être équipé est finalement presqu’accessoire dans la survie. On se rend compte dans TWD d’une évidence déjà sous nos yeux dans la société actuelle (au travail), c’est le succès, la survie, repose principalement sur le groupe auquel on appartient. Il est quasi-impossible de survivre seul, car personne n’a toutes les compétences, et car seul, on devient vite fou/déprimé/… (tiens, on remonte un peu dans la pyramide de Maslow). Et construire un groupe, une équipe efficace n’est pas simple : il faut savoir recruter les bonnes personnes (et savoir dire non aux mauvaises), savoir mettre leurs forces à profit du groupe et accepter/compenser leurs faiblesses, il faut que les rôles soient clairement établis et communiqués à tous, il faut du leadership (et on voit que les petits chefs sans expérience de gestion d’équipe ne font pas long feu), et comprendre que l’équilibre d’un groupe n’est jamais acquis.

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J’espère que tous ceux qui auront vu et accroché à cette série se poseront cette question : quel serait mon rôle dans un groupe qui doit survivre ?

3 Comments

  1. chris

    4 janvier 2015 at 10:07

    Bjr,
    belle analyze.
    @+

  2. Quénéhervé

    5 janvier 2015 at 11:32

    Bonjour. J’aime assez votre analyse sur « The Walking Dead » J’adhère complètement au retour à la pyramide de Maslov comme system universel de base, et à la notion de groupe. Je ressent aujourd’hui un lien plus fort avec les miens(peu être à cause de la crise)et ce que j’appelle « mon clan élargi », (en gros mes potos). J’ai une défiance de plus en plus grande envers nos politiques qui nous envoie droit dans le mur. Je crois que notre futur ressemblera plus à un KO Bosniaque qu’à autre chose. Que les Zombies seront les membres de factions religieuses ou politiques extèmes qui s’affronteront, essaieront d’imposer un modèle Féodale, et le personnage du « Gouverneur » dans TWD est le type même du genre de Dictateur auxquels nous pourrions avoir à faire dans le futur, au niveau local, sans oublier que Rick lui même à faillit basculer de côté obscur. Loin d’être un expert en survie,je m’y entraine. Je suis plutôt Prepers dans l’esprit et j’essaie d’amener mes amis à s’y intéresser. Arts martiaux, Self Défense, connaissance de base en secourisme, jeu vidéo (The Last of Us, Call of Duty…) font partis des l’entrainement. Mais aussi guitare, méditation, grosse discussion autour d’une bonne tarte au chèvre maison sur ce que pourrait être un nouveau system démocratique issue de Ko, plus référendaire par exemple, à l’instar de la Suisse et de son system de votations. des réflexions sur le troc, sur le stock ou pas de nourriture. Bref pas mal de choses intéressantes. Ce qui me fait marrer c’est les armes dans TWD. Ils en ont en profusion, ils deviennent, tous des supers chasseurs, des supers killers. je chasse à l’arc, c’est un sport. Si demain je dois nourrir les miens, je serais plus efficace avec un calibre 12, ou un 7,64 qui sont les calibres les plus répandus dans le milieu de la chasse en France. Avant de toucher un cerf ou un chevreuil avec une flèche, faut pas mal s’entrainer et en plus ça court ces bestiaux. Je pense que je me mettrais à élever des poules, comme mon grand père. Prenez aussi le coup de l’arbalète. Ca me fait marrer. C’est plus précis c’est clair, mais si elle est à poulie c’est la merde si ça pète en forêt, idem pour les arcs, un bout de bois, une corde, les cames dans les 2 cas sont difficiles à régler . Faut rester simple. Je suis pas riche, j’ai pas d’or, mais juste un petit stock de bouffe,de pq, de capotes, de café en dosettes et du matériel de camping basic, des briquets Bics, des piles, Made in Decathlon pour réchauffer,(même les Commandos Marine y achète du matos). C’est bien le 5.11, mais c’est pas, pour toutes les bourses. Je pense aussi qu’il faudra peu être rester en ville et continuer à y vivre, en troquant, en faisant le tour des maisons abandonnées, ce qui semble être un classique des film de Zombie. Ce qui est certains c’est que la durée de vie sera moindre, ça sera plus difficile, mais plein de gens vivent dans des conditions rudimentaires dans le monde. L’urgence est à mon sens de se poser la question de qu’est ce qui m’est vital: boire, manger, respirer et profiter des siens tant qu’on peut. Là est « mon essentiel ». dans le genre série survie pas Zombie, mais pas mal et plus proche de nous, « Les Survivants »(Angleterre), « The last of Ship », scénario plus réaliste.

  3. Quénéhervé

    5 janvier 2015 at 13:15

    Ps/ A noter également l’excellente première saison de « Jérico ».(us)

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