Préparation par expérience & par visualisation

commentaire(s)

L’habitude d’écrire pour ce blog me pousse naturellement à réfléchir & analyser mes différentes expériences de sécurité personnelle, et en particulier sur le sujet de la préparation — que ce soit la « preparedness » anglo-saxone (c’est-à-dire à la sauce survivaliste : être prêt au cas où une catastrophe arrive), ou bien les simples préparations à un déplacement/voyage, à une situation d’agression, à une situtation « nouvelle »…

Préparant une suite d’itinéraires de voyages pour des amis étrangers venant me rendre visite en France, j’accordais une attention particulière à la sécurité de ces invités, pour lesquels je souhaitais bien évidemment éviter toute « galère ». Je préparais donc mes affaires, comme d’habitude, avec une attention particulière sur les éléments de sécurité (surtout médicale, mais aussi vêtements chauds, anti-pluie (sympa les été pluvieux), chaussures pour la rando dans les Alpes…). Je suis bien content du résultat puisque l’on a, in fine, pu enchaîner : Normandie, Auvergne du Nord, Auvergne du Sud, Alpes, Paris & Rome.

La difficulté de la préparation était d’anticiper l’ensemble des situations, très changeantes d’une partie du voyage à l’autre. Entre les plages du débarquement sous la pluie & le saut en parapente du haut de l’Alpe d’Huez, en passant par les 4h de randonnée sur le GR 54 en plein soleil et les visites du Colisée en pleine foule… l’équipement & l’organisation ne sont pas les mêmes.

La préparation peut se faire de différentes façons, et les deux que j’utilise le plus sont « par l’expérience » & « par la visualisation ».

J’entends par « préparation par expérience » la préparation des situations déjà vécues (un endroit déjà visité, une situation d’évitement sécuritaire déjà vécue, …), on se souvient de l’expérience passée et on ajuste sa préparation en cours en fonction : à l’identique (si la dernière fois c’était un succès), en modifiant/ajoutant (si la dernière fois on s’est dit « dommage que je n’ai pas tel ou tel accessoire, ou agit comme ci ou comme ça »), voire en faisant totalement différement (si la dernière fois était un fiasco).

J’entends par « préparation par visualisation » la préparation de situations nouvelles ou pas (on peut utiliser la visualisation sur du déjà-vécu, ce n’est pas une méthode opposée à la précédente) par projection visuelle des différentes phases de cette situation, et par déduction des besoins en préparation.

Par exemple, pour le précédent itinéraire, j’ai visualisé étape par étape :
– à l’endroit A, que fait-on selon les envies (questionner les amis en avance), le temps (a-t-on des parapluies, des vêtements de pluie), quels sont les différents lieux à voir (liste d’adresses sur papier / téléphone)
– on prend la voiture pour aller de A à B (ai-je assez d’essence, ai-je les directions (une adresse qui marche pour le GPS, de la batterie dans mon iphone (Google Map en 1e backup du GPS), une carte Michelin (le backup de toute notre électronique de confort), le kit médical est-il bien à sa place, ai-je de quoi grignoter/boire si l’on était amené à être coincé plusieurs heures…)
– on va dormir à l’endroit B (ai-je bien une impression papier de la réservation, mon lifelock, un cable de sécu pour mon laptop, où sera garée la voiture, etc.)
– puis le lendemain on va à l’endroit C, etc.

visualisationLe sujet m’est apparu un peu évident au début dans mon analyse, puis je me suis dit qu’il ne l’était peut pas pour tous, et que la visualisation était à la fois une façon de structurer son approche de préparation, mais aussi un moyen de mieux mémoriser et de louper moins de choses (que par exemple l’autre approche de la checklist… que j’utilise aussi parfois pour mes voyages réguliers, car plus rapide & que je suis rôdé, la checklist me servant principalement d’aide-mémoire confortable).

Le sujet de la visualisation est en fait, quand on creuse un peu, beaucoup plus vaste que la simple utilisation faite pour une préparation de voyage. J’ai vu qu’il y avait des livres sur le sujet. La visualisation s’étend d’ailleurs tout à fait à la pratique de la self-défense (et plus largement des sports de combat & arts martiaux) & de la sécurité personnelle au quotidien.

Je me suis procuré « Visualisation en sports de combat » de Aymeric Guillot, un ouvrage récemment sorti chez Amphora, le même éditeur que Protegor, qui lui se concentre sur la visualisation dans l’optique de l’affrontement. On y apprend par exemple que « les voies neurologiques sont les mêmes pour une action réellement exécutée que pour une action imaginée ».

Répéter une action en la visualisant est donc un élément efficace d’entraînement. L’ouvrage en question propose la visualisation comme entraînement :
– technique : comment perfectionner techniques & enchaînements de combat
– tactique : comment analyser un combat, prendre du recul pour faire le bon choix
– mental : comment renforcer sa confiance en soi, sa motivation, limiter son appréhension, contrôler son stress
– corporel : comment récupérer plus vite, comment mieux récupérer d’une blessure

Cette méthode ne doit pas être l’unique méthode d’entraînement, mais c’est un outil intéressant qui permet de s’entraîner n’importe où.

Pour ceux qui ont déjà lu le bouquin, quels sont vos commentaires ?

Commentaire

  1. Alefe

    23 septembre 2014 at 13:57

    Je n’ai pas lu ce livre là, mais bien d’autres sur ce sujet. Formé à ce types d’approches (notamment PNL et hypnose) depuis plus de 30 ans , j’en ai expérimenté l’intérêt, tant pour des apprentissages physiques que des évolutions psychologiques.Depuis quelques années la recherche analyse assez bien la base neurologique de ce type de travail, notamment depuis la découvertes du rôle des neurones miroirs et de la fantastique plasticité du cerveau. Pour ceux qui souhaiteraient mieux comprendre, sans se prendre la tête, un excellent livre au titre un peu aguicheur : « Votre cerveau n’a pas fini de vous étonner ». Quatre chapitres clairs, écrits chacun par un professionnel très pédagogue : Boris Cyrulnik, Jean-Michel Oughourlian, Thierry Janssen, Patrice Van Eersel et
    Christophe André.

Laisser un commentaire