Eau potable & filtration

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Voici un article proposé par un lecteur canadien, « George Smiley », merci à lui !

Pour certains, la thématique de la filtration de l’eau tient plus du survivalisme que de la sécurité personnelle urbaine. Je ne suis pas totalement d’accord avec cette vision. Pour moi, la question d’avoir accès à une source fiable d’eau, indépendante du réseau usuel de distribution, est une composante importante de la sécurité personnelle.

Le 22 mai 2013 à Montréal (Québec), un avis d’ébullition à cause de sédiment dans le réseau a touché 1,3 million de personnes. Cette situation en milieu urbain a causé un phénomène de panique qui a rendu difficile de se procurer de l’eau en bouteille et des filtres type pichet.

Pour réagir à ce type d’incident, certains préfèrent conserver une réserve d’eau à la maison. Cette méthode à un gros désavantage. Elle prend de la place et est assez peu pratique à transporter. Une autre raison de s’intéresser aux filtres est qu’ils offrent la possibilité d’offrir de l’eau fiable en voyage quand on doute.

Comme dans toutes approches portant sur un EDC ou un BOB, le choix est au final une décision personnelle de ce que l’on veut avoir avec soi. Nous retrouvons sur le marché un grand nombre de types de filtre dans un large spectre de prix. De manière générale, plus votre filtre est performant contre un grand nombre de « menaces » dans l’eau, plus il va coûter cher pour produire un litre d’eau.

Pour choisir son filtre, il faut définir clairement ce que l’on veut prévenir. Cette décision est personnelle, car elle doit tenir compte de nombreux facteurs. Vivant au Canada, le risque pour moi est de nature biologique (principalement la Giardia et le Cryptosporidium). Le risque viral est faible et dans l’éventualité d’une alerte de ce type, je préfère filtrer mon eau avant de procéder à un traitement chimique ou d’ébullition. Cette méthode maximise l’effet du traitement chimique et réduit la turbidité de l’eau.

Notez que si vous vivez dans le sud de la France et la zone méditerranéenne, vous pouvez être en contact avec le virus de l’Hépatite A (risque modéré). Une filtration peut ne pas être suffisante. Vous pouvez avoir besoin d’une purification de votre eau.

Pour choisir un filtre de sécurité personnelle, j’ai établi quelques critères pour aider à la prise de décision :

· Établir le type de filtration (ou purification) nécessaire : biologique, virale ou contaminant (métaux lourd et pesticide) ? Ne choisissez pas les trois classes si cela n’est pas nécessaire. Le coût au litre va devenir peu intéressant et plus le filtre traite de produit, plus il est lent.

· Le filtre est-il simple d’emploi et d’entretien ? Un enfant peut-il l’utiliser après 5 minutes d’explication ou un autre membre de la famille sans une formation ? Cette question est importante, car le filtre doit être utilisable en situation de stress ou nos facultés motrices et intellectuelles sont limitées. L’entretien doit aussi être facile. Un filtre difficile à entretenir rend la tâche moins agréable et augmente les risques de le briser.

· Le filtre est-il solide ? Certains filtres peuvent hautement performant, mais être très fragiles. Or, le but est de s’assurer que le filtre est utilisable dans la vie réelle.

· Le filtre est-il polyvalent ? Partez du principe que votre filtre doit permettre de s’adapter à vous besoin. Un bon filtre doit aussi s’adapter à plusieurs sources d’eau : système municipal, eau venant d’un lac ou une rivière, eau en bouteille douteuse…

· Est-il facilement transportable ? Le facteur de poids du filtre et sa taille joue dans la sécurité personnelle, car, si vous voulez utiliser un filtre en déplacement, il doit être compact et léger. Votre filtre n’est utile que si vous pouvez l’utiliser et donc l’avoir avec vous quand vous en avez besoin.

· Quel est son débit ? Un bon filtre doit produire une quantité d’eau suffisante pour vos besoins dans un temps raisonnable et avec un niveau d’effort raisonnable. Katadyn produit par exemple des filtres qui vont de 4 à 5L par heure contre d’autres qui le fait en une minute. Choisir le bon ratio entre la quantité nécessaire et l’effort est important, car un filtre qui produit de l’eau potable vite et demande beaucoup d’effort n’est pas toujours le meilleur choix. Un filtre trop lent peut aussi être frustrant pour vous et votre famille.

· Quelle est sa capacité ? Un filtre à une durée de vie avant son remplacement. Vous pouvez trouver des filtres qui vont de 75 L à + 3 785 000 L (+1 000 000 de Gallon US). Vu la technologie actuelle, il est facile de trouver des filtres avec un rendement de 1 000 L ou plus pour un coût acceptable si l’on veut traiter une menace biologique.


En appliquant les précédents principes, j’ai pu isoler quelques filtres possibles pour une utilisation contre le risque biologique : Lifestraw, Renovo Trio, Sawyer Mini et le Sawyer Squeeze.

LifeStraw : 1 000L filtration 0.2 micron

filtre-LifeStrawCe filtre qui est sur le marché depuis quelques années fonctionne comme une paille. Il permet de boire directement l’eau qui traverse sa membrane filtrante par aspiration. Il a été testé sur le terrain et offre une bonne simplicité d’utilisation. Je le mentionne, car il est facile à trouver et relativement économique. Son plus gros point faible est qu’il ne permet pas de transférer l’eau filtrée dans un contenant sans devoir la recracher. Vous ne pouvez pas par exemple l’utiliser pour filtré l’eau vous faire un thé pour quelques personnes. (~20 USD)

Renovo Trio : 1 000L filtration et purification 0.05 micron

filtre-renovotrioCe filtre à un fonctionnement similaire à la Lifestraw. Il est aussi une paille, mais avec un filetage pour le visser à une bouteille d’eau standard. Son avantage tient dans le fait qu’il permet de filtrer l’eau comme cette dernière en plus de réduire les virus et les contaminants comme les métaux lourds ou les produits chimiques. Ses éléments comme le filtre au charbon, le préfiltre et la membrane sont remplaçables. Il offre aussi le même inconvénient que la lifestraw de ne pas permettre de transféré l’eau filtrée dans un contenant sans qu’elle ne passe par votre bouche. Son coût est le double de la lifestraw. (MRSP 43.99 USD selon le fabricant)

Sawyer Mini : environ 378 500 L (100 000 gallons US) filtration 0.1 micron

J’avoue avoir une préférence pour ce filtre en particulier : c’est celui que j’ai.
filtre-sawyerminiJ’adore ce filtre, car il est simple, polyvalent, offre une capacité de filtration incroyable, rapide, solide et économique. Son prix est légèrement supérieur à la Lifestraw (environ 5 USD de plus). Par contre, il est plus polyvalent et dure beaucoup plus longtemps. Correctement entretenu, il peut fournir environ 100 000 gallons AMÉRICAINS selon le fabricant (soit 378 500 L environ) (plus de 3x le rendement d’un Katadyn Expedition). Son rendement incroyable vient en partie de sa solidité qui permet un « backwash » assez énergique du filtre. Pour nettoyer le filtre, il suffit de remplir la seringue fournie avec de l’eau filtrée et de l’injecté à contre sens du flot de filtration selon la méthode recommandée par le fabricant.
L’autre avantage du Sawyer mini est sa polyvalence dans une très petite taille. Il peut être utilisé comme une paille, vissé sur une bouteille d’eau standard, fonctionne avec une bouteille souple de type Platipus comme un filtre à pression, se connecte sur le tuyau d’eau d’un Camelbak pour fournir une filtration « inline » ou il peut être utilisé dans une configuration par gravité. Il peut même être installé sur un robinet de cuisine avec un adaptateur en option.
Question portabilité, le filtre seul pèse 2 oz et est de la taille de la paume d’une main.
Le prix est d’environ, 20-25 USD (même prix sur Amazon.ca en dollars canadiens)

Sawyer Squeeze : environ 3 785 000 L (1 000 000 gallons US) filtration 0.1 micron

filtre-sawyersqueezeLe Sawyer Squeeze est le grand-frère du mini. Il a été créé un premier. Le mini est fondamentalement une version plus petite qui intègre de série quelques options du Squeeze. La principale différence entre le Squeeze et le mini est la durée de vie le Squeeze offre une durée de vie 10x plus longue. Cette durée de vie se fait aux dépens de la taille qui est un peu plus grosse (3 oz contre 2 oz pour le mini à sec selon le fabricant). Il faut aussi acheter l’adaptateur « inuline » (environ 5 USD) et un bout de tuyaux pour l’utiliser en mode paille. Il est aussi plus cher. Le prix de vente varie entre 30 et 60 USD pour le filtre selon le vendeur et si vous prenez avec un ou trois contenants souples. J’utiliserais plus ce filtre pour une résidence secondaire en campagne relié à l’évier de la cuisine si je doute de l’eau…

Conclusion

Le choix du filtre est un fait personnel. Il doit répondre à vos besoins. Il existe d’autres types de filtres valables sur le marché. J’ai voulu limiter le choix à trois compagnies qui répondait à mes besoins pour un coût faible.

Dans ceux que j’ai regardés, je crois que le Sawyer Mini est le meilleur rapport qualité, taille/poids et prix. Il offre de série l’option « inuline » du Squeeze et la différence de prix (au Canada) entre les deux est du simple au double. Pour mon usage, je ne vois pas de justification pour passer de 100 000 gallons à 1 000 000 de gallons.

Je n’ai pas tenu compte dans mon choix de filtre des contaminants il est possible d’ajouter un filtre à charbon « inline » avec le mini ou pour un usage domestique d’utiliser une carafe filtrante. Je trouve plus économique de rajouter cette option quand le besoin se fait sentir. En cas de menace virale, vu le risque très faible au Canada, un traitement chimique ou par ébullition me semble suffisant.
Si vous devez ou prévoyez un risque de virus fréquent, vous pouvez aller vers le Renovo Trio.
Par contre, pour une utilisation relativement fixe en utilisant un système par gravité ou l’arrivée d’eau d’un robinet, il y a la série Sawyer Point Zero Two (0.002 micron) à environ 130 USD. Il offre aussi 1 000 000 de gallons US. Le débit est cependant plus lent que pour la série point one (0.1 micron). Je n’ai pas envisagé cette série dans le présent cas pour la simple raison que je doute de leurs pertinences pour la majorité des situations dans les pays développés. Il semble aussi plus utilisable dans des installations semi-fixes ou fixes.
Pour la filtration de virus, il y a aussi la série LifeStraw Familly 1.0 et 2.0…

5 Comments

  1. Gilles

    22 septembre 2014 at 12:18

    sur le sujet de la filtration, voir l’article suivant sur Lifehacker.
    L’auteur propose de remplacer le (couteux) filtre à membrane par un petit tronçon de branche en ne conservant que l’aubier. Les ports du bois offre une finesse de filtration permetant de blqouer les bactéries de E.coli.
    lifehacker.com/make-a-water-filter-out-of-a-tree-branch-1636945955
    Je en sais pas si ça fonctionne mais cela mériterait d’être essayé.

    • George Smiley

      11 octobre 2014 at 23:34

      Oui, cette technique semble fonctionner. J’ai cependant quelques réserves. Il faut bien choisir l’espèce d’arbre pour ne pas s’empoisonner. L’article original sur le site de l’université qui a lancé la nouvelle le spécifie. Certains arbres ont une sève qui peut nous rendre très malade d’autre peuvent vous sauver la vie. Il faut s’assurer que l’arbre choisi est bénéfique.

      Ma plus grande crainte est le débit en fait… Je plaide coupable, j’ai acheté aussi la version Sawyer all-in-one après l’article. C’est le squeeze avec des raccord pour évier et contenant de 5 gallons…

      Mais la remarque sur le filtre « branche d’arbre » est une excellent solution en cas d’urgence.

  2. Pierre

    14 janvier 2015 at 16:01

    Tous les systèmes cités ici ne « fonctionnent » que si les particules en suspension dans l’eau ne sont pas de nature à colmater le filtre. Par exemple, des argiles fines colmatent un filtre avant même de pouvoir produire 100ml.
    La méthode la plus simple et la plus efficace pour éliminer le risque biologique (virus, bactéries, parasites et kystes) reste l’ébullition maintenue au moins 3′(altitude 0)pour produire de l’eau de boisson (30′ si usage medical. On peut éventuellement faire un préfiltrage grossier (linge, gant de toilette, chaussette. On peut aussi faire ce préfiltrage sur du charbon de bois pillé (par ex en le mettant dans la chaussette). Les pollutions chimiques sont plus complexes (et l’ébullition peut les agraver (en les concentrant à cause de l’évaporation)et le charbon de bois pillé reste encore la méthode la plus simple. J’insiste sur les 3′ qui permettent d’éliminer les virus qui sont les plus résistants à la T° (ex Hépathite A; plus longtemps est inutile. Entre ça et l’eau en bouteille (pas tjs fiable non plus…)je n’ai jamais eu besoin de filtre du commerce – et quand j’ai voulu les essayer, la nature de l’eau à traiter ne convenait pas. Voilà mon expérience de 30 ans dans diverses zones climatiques, géographiques, en zone urbaine, rurale, camp de réfugiés, inondations, tremblements de terre et j’en passe !

  3. SimonT

    16 mars 2016 at 12:46

    Vous oubliez de citer l’Argile, capable d’emprisonner et détruire virus et autres bactéries.

  4. SimonT

    16 mars 2016 at 12:50

    Le désavantage du Sawyer, c’est qu’il ne filtre pas les produits chimiques dans l’eau.

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