Arts martiaux traditionnels & self-défense… divergence ou convergence ?

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De plus en plus, on observe des courants très différents dans les arts martiaux & sports de combat :
– le courant de la compétition sportive, avec le dépassement de soi, la fixation d’objectifs personnels, la progression très poussée sur un set de techniques bien réglementées… c’est le courant de plus en plus d’arts martiaux anciennement traditionnels & qui se modernisent, c’est aussi le courant des sports de ring et du MMA
– le courant de la self-défense pure, qui n’aime pas la compétition de combat puisque par définition elle élimine les techniques les plus dangereuses de l’arsenal d’une discipline (au nom légitime de la sécurité du pratiquant), et qui développe donc une forme d’entraînement différente, avec des mises en situation, une recherche constante d’efficacité et un objectif de survie plus que celui de victoire au combat
– le courant des arts martiaux traditionnels, qui s’attachent aux formes techniques originelles d’une discipline, à la recherche des découvertes & enseignements des maîtres ; c’est aussi le courant qui permet d’aller plus loin dans la pratique, vers le développement personnel (bien au delà du combat), l’efficacité personnelle, la gestion du stress, la santé, le bien-être, l’ouverture à des cultures différentes, etc.

On reproche souvent au dernier courant (de ma liste) de s’éloigner de la réalité du combat et de l’efficacité pragmatique en cas d’agression. Et c’est en réalité en effet parfois le cas : pratiquer certains kata/taolu/poomse/form… ne contribue que très peu à développer son propre enchaînement efficace en cas d’agression. Ça développe autre chose (maîtrise de son corps, de ses techniques, notion de perfectionnement, d’esthétique corporelle, entretien de la condition physique, etc.).

Mais quand on rencontre des gradés de disciplines traditionnelles qui essaient de rattacher leur pratique à la gestion des conflits et aux agressions, on se dit que l’on aimerait voir beaucoup plus de liens comme ça qui se développent entre les courants cités plus haut.

L’exemple auquel je pense est un article sur Ellis Amdur qui pousse la réflexion vers des sujets finalement très proches des réflexions que nous pouvons avoir autour de la « sécurité personnelle » : les conflits, l’agression, le contexte de l’agression, la peur, la gestion de la peur, la peur de la mort, etc.

Bonne lecture & bons visionnages de vidéos ! 

Merci à Xavier Letertre pour le lien, et indirectement bien sûr à Guillaume Erard, l’auteur de l’article mentionné !



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5 Comments

  1. didier

    9 juin 2013 at 13:04

    Superbe article

  2. james

    10 juin 2013 at 14:04

    l éternel débat de l efficacité en situation réelle ! vaste débat . n oublions pas que c’est surtout l homme qui fait le combattant et non pas la discipline qui fait le combattant. de toute facons je pense qu inconsciemment on se dirige vers la discipline qui correspond a notre état d esprit.

  3. Voulaz

    15 juin 2013 at 19:46

    Salut à tous et félicitations encore pour ce suberbe site internet que je consulte depuis quelques années. Je suis gendarme en peloton d’intervention pratquant le karaté en préparation pour ma 3ème dan. Je m’intéresse de prêt à ce sujet et effectivement il s’agit d’un vaste débat, particulièrement alimenté par de sois disant expert en self défense qui n’hésitent pas une seule seconde à démontrer un ensemble de techniques, souvent en treillis ou en civil (pour faire mieux…) en prétendant vous apprendre une discipline dont le nom « accroche » de type commando ou opérationnel…
    Vous avez raison, aujourd’hui au sein même des arts martiaux, on retrouve plusieurs pratiquants dont l’objectif. Il convient donc de s’entraîner par rapport à son objectif.
    Dans le cas du karaté, le compétiteur va entraîner sa condition physique, ses réflexes, des techniques et tactiques efficaces en COMPETITION !!! Il
    Celle ci peut apporter une habitude à gérer ma condition physique, une gestuelle précise … En revanche le pratiquant soucieux de sa sécurité personnelle va s’entraîner en respectant des principes différents.
    En effet l’agresseur m’est totalement inconnu, est il mains nues, est il seul??? La situation peut être variée : en marchant sur un trottoir, en sortant de ma voiture, est ce que je suis seul, avec mes enfants, mon épouse, il fait jour, il fait nuit….. Il convient donc de se préparer à toutes les situations avec des techniques basées sur les réflexes du corps humain, en faisant des mises en situation…
    Et dans le karaté on peut retrouver cette préparation encore faut il soit avoir un professeur ayant cette vision de l’art martial si je suis élève, ou est ce que moi même je souhaite enseigner cette vision là si je suis enseignant? Et si bien sûr j’en ai les capacités.
    A ce propos, Une personne entraînée à l’extrême va développer des capacités physiques et mentales importantes dans le domaine des arts martiaux, des sports de combat ou de la self défense, il faut bien faire la différence entre arts martiaux, sports de combat et self défense, guerre ou lutte anti terrorisme. Il faut cesser de faire croire à des esprits fragiles ou à une jeunesse qui souhaite se lancer dans les arts martiaux pour développer certaines capacités qu’ils vont pouvoir demain ou dans 1 semaine armés de leur mental lutter contre le terrorisme ou faire face à des bombes, des tanks, ou je ne sais quoi.
    Je ne vois là qu’un seul but, acquérir renommé et argent.
    Il y a un tel méli mélo aujourd’hui dans toutes ces méthodes de self défense, une telle confusion dans les techniques et dans les intervenants se faisant passer pour des experts..
    Combien sont ils parmi tous ces formateurs à être allé sur le terrain, à rencontrer la violence de la rue et des quartiers difficiles? Combien sont ils vraiment formé au travail d’équipe? Tous ceux qui enseigne sans jamais être allé sur le terrain ?? .quelle expérience peuvent ils apporter?
    Que l’on soit bien clair, un homme ou une femme de moins de 50 kg fragile psychologiquement ne va pas pouvoir maîtriser un individu de 110 kg en pleine rage, sous l’emprise de produits stupéfiant…
    Dans la même catégorie, certains n’hésitent pas à participer à une formation de 5 jours, remettre un chèque de 1500 à 2500 euros contre une attestation bidon d’instructeur. Celle ci n’ayant aucune valeur.. Je comprends que, une fois encore, certains individus attirés par l’argent, la réputation, la renommée, soient toujours prêts à aller plus loin pour les obtenir…

    Enfin le débat est long.. Désolé c’est long mais je souhaite participer à ce sujet avec d’autres.

    Bon training

    • JCF

      10 août 2013 at 10:37

      Tout à fait d’accord. Comme le disait Morihiro Saitō Senseï : le plus important est de trouver un bon professeur.

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