17 – Police Secours, à votre écoute ?

33 commentaires


Tout le monde sur ce blog connait les 4 numéros d’urgence :
– 15 SAMU
– 17 Police
– 18 Pompiers
– 112 Secours Européens

Chacun de ces numéros est rattaché à des centres d’appels distincts, plus ou moins locaux (par circonscriptions ou départements), gérés par des équipes différentes. Pour le 17 Police Secours, ces centres sont les CIC, Centre Information & Commandement de la Police. Quand vous appelez le 17, vous tombez donc en général sur le centre du département ou d’une partie du département — le centre n’est donc pas forcément dans votre ville. Si vous êtes à la campagne, le 17 renvoie sur le COG, Centre Opérationnel de la Gendarmerie. Dans les petites circonscriptions sans CIC ni COG, c’est le chef de poste du commissariat qui répond aux appels.

Fonctionnement
A chaque appel non fantaisiste, l’opérateur du 17 crée une fiche dans « Pégase », le système d’informations du 17. La fiche apparaît alors à l’opérateur radio local en charge de dispatcher les équipages. Dans les cas d’urgences en cours (« un homme est en train de tirer dans la rue », « un cambriolage est en cours »), l’opérateur du 17 lancera directement un « appel général » à la radio.

Le 17 n’est pas interfacé en direct avec les « pages blanches ». Cela veut dire que dans l’urgence, il ne pourra pas obtenir les nom/prénom/adresse de la personne qui appelle (cela sera bien entendu possible a posteriori s’il y a enquête). Les appels ne peuvent pas non plus être géolocalisés en temps réel (mais seulement sur requête auprès des opérateurs privés, ce qui est trop chronophage pour un traitement systématique & efficace dans l’urgence). Les numéros s’affichent en revanche tous (pas de « numéro masqué » pour le 17). Les personnes qui ont signalé un problème, par exemple via une « main courante », peuvent être consignée dans « Pégase » et ainsi avoir leur fiche qui apparaît dès qu’ils appellent. L’opérateur 17 voit les appels en attente et peut sélectionner des appels indépendamment de leur ordre d’arrivée si un critère particulier attire son attention (une personne qui rappelle par exemple). Votre appel au 17 est enregistré et archivé et peut être utilisé en cas d’enquête a posteriori.

En termes de volumes, ce sont environ 1,5 millions d’appels que gèrent au global, les centres du 17 chaque année. C’est un peu moins d’1 appel pour 1000 habitants par jour. Les statistiques indiquent qu’environ 30% sont des urgences réelles. Le reste des appels ne sont pas urgents : demandes de renseignement (plus de 25%), appels fantaisistes (+ de 5%), appels incohérents, appels fourrière, raccrochés… Les appels fantaisistes récurrents sont fichés & dé-priorisés des files d’attente téléphonique (tant pis s’ils ont une vraie urgence !), et les personnes parfois poursuivies.

Les pics d’appels sont variables, mais il y a tout de même des tendances : en journée, les pics sont sur la pause déjeuner (12h-14h) & en fin de journée (16h-23h). Du vendredi soir au dimanche matin (8h) est clairement une période plus dense en appels. L’hiver est bien entendu plus calme que l’été.

Points d’amélioration
J’ai pu enquêter auprès d’un CIC de province, et étant relativement habitué des centres d’appels privés, je n’y ai pas vraiment trouvé la rigueur organisationnelle de ces derniers. Les effectifs d’opérateurs sont de quelques personnes, et leur organisation temporelle n’est pas indexée sur une analyse des prévisions d’appels (modèles statistiques que mettent en place les grandes entreprises pour anticiper le volume de télé-conseillers à staffer chaque jour). La QS (qualité de service / taux d’appels répondus) n’est pas un indicateur sur lequel les centres ont des engagements contractuels, ce qui est surprenant — les centres privés ont des engagements sur la QS d’opérations commerciales, et pour un sujet aussi sensible que les appels d’urgence, la Société ne demande pas d’engagement de services à ceux qu’elle emploie… le monde à l’envers, non ? D’ailleurs, hormis des cas très particuliers comme le G20 où des centres d’appels spéciaux sont mis en œuvre, il n’y a pas de plateforme nationale de débordement (pour les soirs où un département a du mal à répondre à toutes les demandes).

Les opérateurs ne sont pas toujours des hommes (ou des femmes) qui ont été sur le terrain… cela tient à la réduction du nombre de fonctionnaires et à la faible appréciation du métier d’opérateur au CIC au sein de la Police — cette image peu attractive est un problème qui devrait être adressé par les services RH & de communication de la Police/Gendarmerie, car dommageable pour la qualité de ce service crucial dans la chaîne de secours. Aux Etats-Unis, par exemple, les fameux « dispatchers 911 » sont considérés et intégrés aux équipes de terrain dans la mesure où leur rôle est primordial dans le quotidien des patrouilles & que la « complicité » qu’il peut y avoir entre équipage & opérateur est clé dans le succès des interventions.

La conséquence pour le 17 est que le recrutement se fait de plus en plus sur des agents débutants qui répondent aux appels avant même d’avoir suivi une quelconque formation sur la communication à adopter face à une personne en détresse par exemple. Beaucoup apprennent sur le tas, en faisant des erreurs, en les corrigeant, en potassant des supports de formation entre 2 appels, et avec, heureusement, les conseils que quelques aînés (mais ça ne suffit pas !). Quelques échanges ont lieu entre les CIC & même parfois avec les pompiers — des synergies de formation & d’outils qui devraient être développées finalement au quotidien et non ponctuellement.

Désolé pour ce paragraphe critique, mais je pense qu’il y a beaucoup à faire pour un service qui devrait être « top-notch »… les élus devraient à mon sens demander des comptes (des engagements de taux de prise d’appels et de qualité de traitement) à ces services, quitte à accorder du budget supplémentaire pour permettre cela (puisque c’est en partie là que la bas blesse). Dans une période de restriction budgétaire, cela veut dire que c’est la priorisation des budgets qui est à revoir pour laisser plus de place à la qualité de la prise en charge en cas d’urgences, versus d’autres postes de coûts sur des sujets moins « primaires », plus « conforts ».

Conseils pratiques
Voici quelques conseils si vous appelez le 17 :
– Rappelez-vous, le 17 est une plateforme téléphonique pour les urgences, pas le commissariat local ; Pour des demandes de renseignements non urgents, passez par le standard du commissariat, ou les renseignements (118)
– Le 17 (comme le 18 & les autres centres d’ailleurs) ne peut pas localiser simplement votre appel ; pour cela il doit faire une requête à l’opérateur téléphonique et la procédure est bien trop longue pour pouvoir être efficace dans une situation d’urgence. Par ailleurs, si le téléphone a été coupé, la localisation ne marche plus. On n’est pas dans « 24 heures chrono », donc soignez le point suivant, c’est ainsi que les secours arriveront vite
– A la question « Où vous trouvez vous actuellement ? », ne répondez pas « je suis chez moi / dans la rue » (ça arrive souvent :/) mais l’adresse complète & exacte. Cela signifie : ne pas se tromper entre allée/rue/avenue (il y a des homonymies), préciser la ville (encore une fois, les CIC couvrent différentes villes) et toutes les indications qui éviteront de perdre du temps : code du digicode, escalier, numéro de porte, … pourquoi pas la couleur de la porte si elle est différente des autres, etc.
– En cas de tentative d’intrusion dans un domicile, nous conseillons à la victime de s’enfermer dans une pièce verrouillable (chambres, salle de bain) avec un téléphone pour pouvoir la joindre et continuer à avoir des renseignements avant l’arrivée d’un équipage police
– Éviter les signalements fantaisistes (exemple réel : « il ressemble à un personnage de BD »), ou trop vagues (« il est habillé comme la racaille »). Les termes « Français » et « Étrangers » sont a éviter car trop vagues : un Français peut être d’origine Européenne, Africaine, Asiatique, etc. A éviter aussi, les termes injurieux, racistes ou discriminatoires, si ne voulez pas voir votre requête au 17PS sans suite
– Pour les problèmes avec présence d’un véhicule, relever systématiquement la plaque d’immatriculation afin que l’opérateur 17 puisse faire une recherche
– Lors d’une rixe sur la voie publique impliquant un certain nombres d’individus, se tenir éloigné de celle-ci au maximum (dans certains cas, le bruit de la rixe est tellement fort qu’il est difficile de comprendre le requérant), et signaler si des armes ont été utilisés / exhibées / dissimulées, puis s’il y a des blessés. N’hésitez pas à doubler d’un appel au 18 ensuite pour les blessés, les opérateurs 17 pouvant être débordés
– Si une tentative d’enlèvement sur mineurs a eu lieu et qu’elle a échoué, prévenir tout de même le 17 immédiatement et fournir le maximum de renseignements
– Si vous êtes victime, n’hésitez pas à formuler clairement « Appeler les secours / la police »… pour inciter les témoins à le faire
– Ne raccrocher que lorsque l’opérateur 17 vous invite à le faire — ne pas raccrocher en 1er (pour rappel, le 17PS est gratuit, que ce soit portable ou fixe)

Une vidéo intéressante pour finir ici.

Merci à Quentin pour les nombreuses informations.



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33 Comments

  1. Ratatosk

    8 novembre 2011 at 9:26

    « Éviter les signalements fantaisistes (exemple réel : « il ressemble à un personnage de BD »), ou trop vagues (« il est habillé comme la racaille »). Les termes « Français » et « Étrangers » sont a éviter car trop vagues : un Français peut être d’origine Européenne, Africaine, Asiatique, etc. A éviter aussi, les termes injurieux, racistes ou discriminatoires, si ne voulez pas voir votre requête au 17PS sans suite »

    Oui mais ne pas hésiter non plus à dire clairement la « race » du signalement. Politiquement incorrect ? Au états unis, ça ne pose AUCUN problème. Vous pouvez dire « d’ethnie » X par exemple au lieu du mot tabou si ça vous choque trop.

  2. Ratatosk

    8 novembre 2011 at 9:26

    Ah et super article !

  3. Razgriz

    8 novembre 2011 at 12:05

    L’annonce téléphonique d’attente au 17 Police Secours :

    http://www.youtube.com/watch?v=Nbr5tQCAOLc&feature=related

    Et une vidéo intéressante avec le sujet :

    http://www.youtube.com/watch?v=rCA6iDascos&feature=related

  4. AC

    8 novembre 2011 at 12:37

    J’ai eu besoin un jour d’appeler le 18 en montagne, une amie a eu un genre de problème au poumon elle n’arrivait plus à respirer.
    L’operateur qui me demande ou je suis…
    J’avais (comme dab) mon GPS Foretrex 401 autour du poignet
    Ni une ni deux, je lui file Latitude Longitude

    Et la j’ai souris, le mec à mis un blanc, puis il ma dit je regarde pour localiser sur une carte.

    Tu m’étonne on doit plutôt lui annoncer, « je suis à côté du sapins en plein milieu de la montagne »

  5. Guillaume [admin]

    8 novembre 2011 at 15:23

    Avec la latitude/longitude, ils peuvent les mettre dans Google Map ou un autre site de geolocalisation en fait (pour ceux qui savent s’en servir (là c’est un avantage d’avoir des jeunes)), ils le font parfois, c’est très bricolage en fait (et on ne peut pas compter sur un service web pour des urgences — l’outil 17 devrait intégrer un super outil de géolocalisation, réservé aux forces de l’ordre, mais ça coûte juste trop cher)…

    Après selon les situations, il faut être pragmatique. Dans votre cas visiblement ça a marché.

  6. AC

    8 novembre 2011 at 17:21

    Oui sa a marché, en même temps a plus de 1700 mètre d’altitude, j’avais que sa comme infos à lui fournir.. J’ai pas demander comment il avait fait vu que j’avais autre chose en tête mais il nous ont trouvés, ils ont envoyer l’hélico, il ont surement du lui envoyer les coordonnées GPS que j’avais donnés, après pour c’est un jeu d’enfant pour l’hélico avec les coordonnées

  7. Robert Marchenoir

    9 novembre 2011 at 0:00

    Intéressant article.

    Il est sidérant de constater que le 17 ne tient pas compte de la répartition des appels dans le temps pour prévoir ses effectifs.

    En gros, l’Etat Régalien, Protecteur et Bienfaisant, avec les milliards d’impôts qu’il nous pompe à la pointe du pistolet, ne songe pas à faire ce que fait le moindre boulanger de quartier…

    Ce n’est donc pas une question de « moyens ». D’ailleurs, la France a plus de policiers par habitant que de nombreux pays comparables.

    Par ailleurs, il est extrêmement inquiétant de lire que la police n’interviendra pas si la personne qui appelle utilise des termes jugés « racistes ».

    A vrai dire, j’ai du mal à y croire. Pouvez-vous nous confirmer ce que vous dites ? Comment le savez-vous ?

    A vous lire, si je suis attaqué par un Noir dans la rue et que je fais le 17 en disant qu’un nègre me menace avec un couteau, la police me laissera me faire tuer pour m’apprendre à vivre.

    Ce serait tout simplement un délit (de la part de la police, bien entendu), en plus d’être criminel, scandaleux, immoral et toutes ces petites choses.

    Si nous en sommes vraiment rendus là, il serait temps d’envisager la privatisation de la police. Et, bien entendu (mais ce n’est pas incompatible avec une police publique), le droit au port d’armes pour les citoyens.

  8. Robert Marchenoir

    9 novembre 2011 at 0:21

    D’autre part, sur le plan de l’efficacité, il me semble tout à fait stupide d’avoir 4 numéro d’urgence différents (sans compter les innombrables numéros spécialisés : psychiatrie, suicide, jeunes, femmes et koalas battus, etc).

    Vous dites que tout le monde les connaît, mais je suis bien persuadé que c’est faux. En ce qui me concerne, les seuls qui me viendraient à l’esprit sans réfléchir en cas d’ugence, c’est le 17 et le 18. Le 15, déjà moins. Quant au 112… faites donc un petit sondage dans la rue, demandez aux gens 1) s’ils connaissent ce numéro, 2) s’ils savent à quoi il sert.

    Vous-même, le savez-vous ? Moi, je l’ignore. Et je n’ai JAMAIS lu, nulle part, une explication de son utilité et de son mode d’emploi.

    Ca veut dire quoi, secours européens ? Ca veut dire qu’on peut choisir de faire venir des flics belges si on préfère ? Est-ce qu’on peut choisir des Danois ? Personnellement, je préférerais des Danoises. Je peux ?

    Vous conseillez, vous-même, dans certains cas, d’appeler le 17, puis le 18. Excellente démonstration de l’absurdité du système. Un enfant de huit ans comprendrait que c’est à un spécialiste, entraîné et expérimenté, d’analyser une situation et de décider s’il faut envoyer les flics, les pompiers, le SAMU, l’armée de l’air ou les quatre à la fois.

    Là, on demande à un civil incompétent, a priori stressé, voire paniqué, voire en danger de mort imminente, de connaître dans ses moindres détails les subtilités de l’organisation administrative des secours, de savoir analyser lui-même une situation d’urgence, et de se transformer en quelques dixièmes de secondes en officier de police ou en capitaine des pompiers ! Puis d’appeler, le cas échéant, PLUSIEURS services de secours pour être sûr que les gens ne vont pas mourir sur place !

    Les voilà, vos fameux « moyens » ! Supprimez-moi tous ces numéros qui doublonnent entre eux, fusionnez-moi ces services, et vous aurez à la fois plus d’efficacité dans les secours, et plus de « moyens » ! Tout en faisant des économies d’effectifs !

    Bien sûr, on va m’objecter que je n’y connais rien, que ce n’est pas si simple, etc, etc. Comme d’habitude, lorsqu’il s’agit de s’attaquer aux gaspillages et aux inefficacités de la machine étatique.

  9. Curieux

    9 novembre 2011 at 11:39

    @Robert Marchenoir

    Concernant les termes racistes ou discriminatoires, chacun aura compris qu’ils décrédibilisent l’appelant et que son appel risque donc de passer dans la catégorie appels fantaisistes. Mais évidement ce n’est pas automatique…

    Par ailleurs si vous aviez lu attentivement l’article vous sauriez que tous les appels sont enregistrés. En cas de doute le 17 enverra donc certainement une équipe afin de ne pas être poursuivi par votre famille. Vous pouvez donc utiliser vos expressions favorites : ça ne vous empêchera probablement pas d’être secouru par contre vous pourrez par la suite être poursuivi.

    Les numéros d’urgence sont spécialisés pour permettre d’accéder directement au service compétent et gagner ainsi un temps précieux. Vous pouvez toujours appeler le 15 pour une agression : votre appel sera redirigé, vous aurez perdu du temps et fait perdre du temps aux services du 15 mais ça marche.

    Le 112 est un numéro unique qui marche dans toute l’Europe et notamment en France. Si vous avez du mal à retenir plusieurs numéros, ne retenez que celui là.

    Prenez vous en main et renseignez vous un minimum. On est sidéré de lire votre commentaire totalement déconnecté sur un site dédié à la sécurité personnelle.

    L’article suppose que les lecteurs on fait un minimum d’effort ce qui n’est pas apparemment votre cas.
    Les conseils donnés permettent d’optimiser la prise en charge ce qui ne veut pas dire que s’ils ne sont pas respectés, aucune prise en charge n’interviendra…

    • Robert Marchenoir

      9 novembre 2011 at 19:51

      Curieux,

      Votre réaction est typique de la mentalité fonctionnariale française. Le « service public » ne prend jamais ses responsabilités, c’est toujours la faute de l’administré : les gens « ne comprennent pas », les gens « ne font pas d’efforts », les gens « sont cons », etc.

      Au cas où vous n’auriez pas remarqué, j’ai précisément, comme vous dites, « fait l’effort » d’écrire un commentaire long et précis, après une réflexion sur le sujet.

      Avez-vous lu les arguments techniques et opérationnels que j’ai donnés ? Quelles objections précises, techniques, argumentées, avez-vous à formuler à leur encontre ?

      Qu’avez-vous à répondre à la critique évidente, manifeste, qu’en cas d’accident grave avec des blessés, un non-professionnel des secours n’a aucun moyen de savoir, par exemple, s’il faut plutôt appeler le 15 (SAMU) ou le 18 (pompiers, qui assurent aussi des missions médicales d’urgence) ?

      Sans compter que dans de nombreux cas, les trois grandes fonctions d’urgence sont requises simultanément (lutte contre l’incendie, police, secours médical) ?

      Comment se fait-il que le 999, en Angleterre, et le 911, en Amérique du Nord, soient des numéros d’urgence unifiés, qui donnent indistinctement accès à la police, aux pompiers et aux ambulances ? Qu’est-ce qui vous fait dire que c’est un plus mauvais système que l’exception française du 15/17/18 ?

      Nous, les citoyens, entretenons à grands frais une fonction publique, dont la police, les pompiers et les hôpitaux font partie. Nous avons le droit d’exiger un service à la hauteur. Surtout quand il s’agit de questions de sécurité, de vie ou de mort.

      Les fonctionnaires ont le devoir de fournir ce service, et de rendre compte de la façon dont ils ont exécuté les missions que nous leur avons confiées. Sans se défausser sur « les gens ».

      • Curieux

        10 novembre 2011 at 11:13

        Je ne suis pas fonctionnaire et ne l’ai jamais été même si le fonctionnaire-bashing ce n’est pas mon truc.

        Il y a un numéro unifié c’est le 112, admin l’a écrit dans son article et vous l’a rappelé en commentaire et moi-même je vous l’ai rappelé.

        Le 112 dispatche vers le 15, le 17 ou le 18. Les opérateurs du 9111 ou du 999 vont aussi dispatcher d’une façon similaire.

        Mais en France, vous avez aussi la possibilité de contacter directement le service le plus approprié ce qui me semble un plus. Dans la plupart des cas, le choix entre le 15, le 17 et le 18 n’est pas insurmontable et on gagne de précieuses secondes.

        Par définition si vous appelez le 15 ou le 18 c’est que l’accident est grave. On ne dérange pas le SAMU ou les pompiers pour un nez qui saigne.
        C’est quoi un accident grave? Un accident de la route? Un pied pris dans un motoculteur?
        Si vous hésitez, appelez le 15 car au 15 vous avez des médecins alors que les équipes du 18 n’ont pas de médecin.

        Maintenant je reviens à ma critique principale de votre point de vue.
        Il me semble que ce blog incite les gens à se prendre en main et à penser leur sécurité personnelle.
        Vous avez vu : admin commence son article par « Tout le monde sur ce blog connait les 4 numéros d’urgence »…

        Tout le monde sur ce blog devrait aussi avoir fait l’effort de passer le PSC1 pour avoir au moins quelques notions et ne pas rester les bras ballants devant quelqu’un en train de mourir. Et accessoirement on y rappelle aussi les numéros d’urgence et leurs différences.

        Ce n’est pas la faute des fonctionnaires si vous ne faites pas l’effort de mémoriser quatre numéros qui comprennent en tout 9 chiffres!
        Vous citez les US? Et bien aux US les gens se prennent en main et ne sont pas tout le temps en train de demander aux fonctionnaires de venir les border!

        • un SPV

          20 novembre 2011 at 23:38

          Le 112 en France est à réserver en priorité aux Etrangers étant en France (Il y a des traducteurs ou autres méthode de traduction)
          Le 15 et 18, dans beaucoup de département, sont en plateforme commune, et PARTOUT en liens direct, donc l’un ou l’autre ça n’est pas grave. Quand au médecin, il peut aussi y en avoir un à un CTA 18 (le SSSM, service de santé et secours médical, des sapeurs pompiers, existe)

  10. Guillaume [admin]

    9 novembre 2011 at 11:44

    Robert, sur le sujet du racisme, c’est issu d’échanges avec un opérateur 17PS. Ce n’est pas aussi strict, mais je voulais souligner que franchement, ça aidait pas. Déjà, la Police est à l’image de la société (et c’est bien), et donc si votre opérateur est noir, je pourrais très bien comprendre qu’il réagisse mal à de tels propos. Dans tous les cas, si une agression est en cours, la procédure est bien évidemment de lancer l’appel, il n’est pas question de « punir » pour propos racistes — toutefois, dans la majorité des cas, un rappel sur le fait que ces propos sont enregistrés et sont punissables par la loi risque d’être fait, ce qui fait perdre du temps à tout le monde. Il n’est donc pas efficace d’être raciste !

    Sur le sujet du flou autour des numéros, je vous rejoins sur l’efficacité relative d’un tel système. Un bon 911 unique serait plus clair. Quand on suit une formation de premiers secours (tout le monde sur ce blog devrait l’avoir fait), en général, on a une explication des différences entre chaque numéro. Le 112, pour faire simple, est à utiliser en Europe, il n’y a pas d’intérêt à l’utiliser en France (mais si on ne l’écrit jamais, après ça ne rentre pas dans la tête des gens pour le jour où ils en ont besoin en voyage). En France, la plateforme du 112 va redispatcher sur du 17 ou du 18 (si ce n’est pas déjà opéré par eux), et donc au mieux c’est pareil qu’appeler le 17/18, au pire on perd du temps. En revanche, les opérateurs ont plus de chance de parler anglais, etc. (pratique pour un étranger en France ou un français à l’étranger donc).

    Les plateformes se font des renvois d’appels régulièrement… le 18 sollicite le 15 s’il n’a plus d’ambulance dispo par exemple.

    Sur le sujet de la fusion des numéros, on en avait déjà parlé… en effet, c’est compliqué compte-tenu des organisations en place. Comme tout, ça coûterait beaucoup d’argent à réaliser (même si en effet, il y aurait une petite rationalisation des effectifs — quoique déjà sous-staffé, je suis pas sûr), et dans un contexte de réduction de budget, et globalement d’une priorisation trop basse des budgets « sécurité » compte-tenu de la « légèreté ambiante » chez un bonne part de nos décideurs… :/

  11. Robert Marchenoir

    9 novembre 2011 at 12:44

    Merci de ces précisions, Guillaume.

    Concernant les policiers noirs (ou arabes), ils sont parfaitement habitués à avoir des « clients » qui sont noirs et arabes de façon tout à fait disproportionnée par rapport à leur représentation dans la population, donc il ne faudrait pas trop qu’ils jouent les chochottes non plus…

    Au sujet des effectifs, une anecdote personnelle qui prouve, une fois de plus, la validité de l’adage (que je viens d’inventer) : sous l’uniforme, Policier, tu restes un Fonctionnaire :

    Au mois de janvier dernier, je me suis inscrit pour recevoir les mails d’information sur l’activité répressive de la préfecture de police de Paris.

    Mails d’information qui constituent une bonne initiative, au demeurant : transparence, haute technologie, toussa toussa.

    Aujourd’hui, 9 novembre, je reçois pour la première fois la newsletter de la préfecture.

    Il a donc fallu seulement neuf mois pour qu’un fonctionnaire de la préfecture se réveille de sa sieste prolongée auprès de l’ordinateur à côté duquel il hibernait (comment appelle-t-on un hivernage qui inclut aussi l’été ?), puis qu’il copie quelque part mon adresse mail (je suppose à la plume d’oie), et enfin pour qu’il me balance 5 mails d’un seul coup le même jour.

    J’ajoute que cette newsletter est conçue en débit du bon sens et de tous les usages en vigueur sur Internet :

    – Au lieu d’avoir un seul mail avec toutes les nouvelles du jour, on reçoit un mail par nouvelle. Pratique !…

    – 4 mails sur 5 ne comportent aucun lien de désabonnement. Quand vous avez manifesté votre désir d’être informé des activités de la police, c’est à vie. Heureusement que mon organisation Internet est « fonctionnaire-proof », et que j’utilise des adresses sur mesure désactivables !

    – Il est impossible, à partir du nom de l’expéditeur et du sujet du mail, de deviner de quoi il s’agit.

    L’expéditeur est « CABINET-COM-RAMA PP CAB COM » (bon sang, mais c’est bien sûr !…), et le sujet est « Pprama du 9 novembre 2011 ».

    A noter que la propension à coller le suffixe « rama » sur tout et n’importe quoi pour inventer des noms de marques, d’entreprises, etc, a été très à la mode au… XIXème siècle. Ca fait un siècle que c’est totalement ringard. Ca fait un siècle que la préfecture de police roupille.

    Je confirme donc : ce n’est pas une question de moyens…

  12. chap

    10 novembre 2011 at 6:51

    Si le sujet n’était pas aussi sérieux, on pourrait en faire un sketch du type le 22 à Asnières de Fernand Raynaud.

  13. Endavour

    10 novembre 2011 at 20:22

    Article très intéressant pour sensibiliser le public de ce blog sur ce qu’est le « 17 POLICE SECOURS ».
    Par contre, les précisions quant aux fiches PEGASE…hum hum

    • Guillaume [admin]

      11 novembre 2011 at 0:05

      N’hésitez pas à corriger, la tribune est libre et les précisions / corrections intéressantes.

      J’ai appris aussi par ailleurs que Pégase n’était pas déployé sur tous les CIC (question de coût).

      • Razgriz

        12 novembre 2011 at 10:51

        @admin

        PEGASE : Pilotage des Événements, Gestion des Activités et Sécurisation des Équipages
        ou Programme d’Expérimentation d’une Gestion Automatisée et Sécurisée (la 1ère signification semble être la + crédible, elle émane du site de la société conceptrice du logiciel, le groupe C-S

        http://www.c-s.fr/Securite-nationale-et-collective_a19.html

        CHEOPS : Circulation Hiérarchisée des Enregistrements Opérationnels de la Police Sécurisée.
        Application regroupant en son sein la majorité des fichiers policiers (FVV,FPR,STIC,etc)

        ACROPOL : Automatisation des Communications Radioélectriques Opérationnelles de Police.
        Il s’agit du système de transmission de la Police Nationale, censée être non-interceptable par des moyens de radio classique ou autre. L’équivalent Gendarmerie s’appelle RUBIS

        C.S.U : Centre de Supervision Urbaine
        Centre gérant la vidéo-protection d’une ou plusieurs communes, géré donc par une mairie ou un regroupement de communes. Ses opérateurs sont soi des policiers municipaux ou soit des opérateurs civils entièrement dédiés à cette tache

  14. aramis

    10 novembre 2011 at 21:26

    @curieux
    il est faux de dire que les SP n’ont pas de médecins. Beaucoup de CS des grandes villes ont des médecins réanimateurs (c’est le cas à paris) et en zone rurale, il y a très souvent un médecin qui est SPV médecin.

  15. Razgriz

    10 novembre 2011 at 23:01

    Hello admin

    Dans la même veine, mais avec le 18 :

    http://www.sdis66.fr/index.php?page=le-cta-codis

    Une chronique d’un appel 17PS réussit avec interpellations des malfaiteurs :

    http://www.blog-police-recrutement.com/2010/06/04/interpellation-en-direct/

    Pour information :

    Quand vous appelez le 17 pour un problème situé sur une autoroute, ce ne sont pas les CIC ou COG qui gèreront l’affaire mais les pelotons de gendarmes/CRS autoroutiers directement.
    Ceci étant, lorsque vous appelez le 17 depuis une autoroute, vous tomberez tout de même sur un CIC/COG, mais ses opérateurs disposent de tous les numéros des pelotons autoroutiers et vous transferont vers le peloton adéquat

  16. aramis

    11 novembre 2011 at 0:32

    sur autoroute, il est surtout demandé de ne pas faire le 17, mais d’utiliser la borne d’appel la plus proche.

  17. curieux

    14 novembre 2011 at 10:38

    Je n’ai jamais dit que les pompiers n’avaient pas de médecin mais qu’une équipe d’intervention habituelle n’en comporte pas, comme on peut le constater par exemple ici :
    http://www.lapoutroie.fr/vie-pratique/fpthr.pdf
    Sur du secours routier, une équipe médicale est très souvent engagée mais encore une fois ça n’est pas la norme.

  18. aramis

    14 novembre 2011 at 22:41

    voici ce que vous avez écrit : « Si vous hésitez, appelez le 15 car au 15 vous avez des médecins alors que les équipes du 18 n’ont pas de médecin ».Et votre fiche n’a pas de rapport puisqu’elle concerne le secours incendie. En secours à victime, on engage un VSAV ou VSAB. La nuance est dans l’équipement.
    Deux précisions :
    -le SAMU ne se déplacera que si au vu du compte-rendu du requérant, il estime son intervention nécessaire. Sinon, il vous rebascule sur lespompiers.
    -si votre appel au pompiers est précis, la première équipe sera une ambulance réanimation. A titre d’exemple, j’ai eu le cas dans les années 90 à Paris sur une blessure par balle (un règlement de compte entre truands). Le médecin-réanimateur des pompiers est arrivé avec la 1ere équipe.
    J’ai également relevé dans l’article une erreur/omission : à l’heure actuelle, dans plusieurs départements français (c’est le cas du mien, le val-d’Oise. Je sais, par coquetterie et parce que ça m’énerve, j’appelle les départements par leur nom et non le numéro. Je ne dis JAMAIS le 9-3, le 15/18 est un standard commun qui déclenche les secours adéquats en tant que besoin et où le samu est assuré par les pompiers (équipage pompier et médecin smur). Economie et rationalisation de moyens.

    • L'apprenti Docteur

      20 novembre 2011 at 23:46

      Les pompiers de Paris peuvent effectivement engager des médecins au départ. Mais les SPP sont militaires. Dans les autres villes (et campagnes) (hormis Marseille où les marins pompiers sont également militaires), il est rare (bien que possible) qu’un médecin pompier soit dans l’équipe de départ. Par contre, ils peuvent effectivement joindre le médecin-capitaine s’ils en disposent, qui est généralmeent volontaire.
      De même, en province il n’y a pas d’AR chez les pompiers.

      D’où l’argument d’appeler le 15 pour un problème médical. En plus au centre 15 vous pourrez parler au médecin régulateur, alors qu’il ne me semble pas qu’il y ait de médecin dans les CTA.

  19. Southouest

    15 novembre 2011 at 23:02

    Bonsoir,

    Quand vous êtes en secteur gendarmerie, lorsque vous faites le 17 vous tombez sur le COG qui s appelle d’ailleurs depuis 2007 le CORG (Centre d’Operations et de Renseignement de la Gendarmerie). Il est composé de plusieurs militaires de la gendarmerie qui sont touts déjà passés par une unités de terrain contrairement a ce qui est dit dans l’article sur le 17 police. Lors d’un appel qui nécessite une intervention l’opérateur crée une fiche et engage une patrouille. Si la patrouille est équipe d un TIE (ordi embarqué) elle reçoit la fiche dessus accompagne d un signal sonore. Si la patrouille n’a pas de TIE, les renseignements sont transmis par radio ou téléphone. Suite a cela le militaire sur le terrain effectue des manipulations sur sont boitiers radio, des genres de SMS qui signalent au CORG le départ en intervention, l arrivée sur les lieux…Le logiciel qui permet tout cela a été développe par Thales et s’appelle Athena. Vous pouvez avoir quelque information en suivant ce lien http://www.ppsl.asso.fr/deplacements.php ou celui ci qui est intéressant sur les CORG http://www.somme.gouv.fr/gendarmerie/activite/corg.pdf .

    Voila je ne peux pas vous parler des opérateurs police car je ne me suis intéressé qu a ceux de la gendarmerie .Je peux juste vous dire que ce sont des militaires formés d’experience et qui ont les nerfs solides pour garder leur calme face a certains appels. La seule chose qui leur manque c’est des moyens efficaces et qui simplifieraient leur travail….comme pouvoir localiser un GSM sans avoir a passer par l’opérateur ou encore posséder des ordinateurs récents mais pour ça il faut du budget !

  20. L'apprenti Docteur

    20 novembre 2011 at 23:48

    Bonsoir,
    Je découvre cet article et par la même occasion ce blog, au demeurant très intéressant.
    Fort intéressant, je connaissais l’organisation du CTA et du centre 15 mais pas du tout celle derrière l’appel au 17.

    Merci !

  21. L'apprenti Docteur

    1 décembre 2011 at 17:52

    En tombant sur cet article du Courrier Picard, j’ai tout de suite pensé qu’il pourrait illustrer le votre 😉

    http://www.courrier-picard.fr/courrier/Actualites/Info-locale/Amiens-et-Metropole/Les-appels-au-secours-arrivent-ici

    • Razgriz

      2 décembre 2011 at 18:25

      @apprenti docteur

      Merci pour le partage de l’article, bien représentatif de l’environnement d’un CIC !

      Avec les appels guet-apens, il faut aussi noter les prises de bec entre différentes acteurs, en particulier avec les pompiers du CTA, mais pas tout le temps tout de même !

      Quelques perles des requérants du 17PS :

      « Au secours, la moquette bloque la porte, on ne peut plus rentrer »

      « Je suis un mamie de 78 ans et je veux savoir comment gagner de l’argent »

      « Il y a un pot de yaourt périmé depuis 2-3 jours au supermarché et la caissière refuse de l’enlever, venez le retirer…

  22. Razgriz

    6 décembre 2011 at 23:00

    Il serait aussi conseillé d’avoir toujours sur soi de quoi écrire et prendre des notes (EDC in short), lorsqu’un opérateur 17/18/15 nous fourni un numéro à composer ensuite

    @admin,
    pour illustrer encore ton bon billet 17PS, voici un exemple d’appel malveillant aboutissant à 1 sanction coercitif :

    http://www.lexpress.fr/actualite/societe/fait-divers/une-ado-passe-9788-appels-malveillants-a-la-police_1020434.html

    Et encore quelques liens intéressants :

    http://www.prefecturedepolice.interieur.gouv.fr/Prevention/Les-numeros-d-urgence

    http://videos.tf1.fr/jt-13h/trop-d-appels-inutiles-au-17-4804343.html

  23. Guillaume [admin]

    15 février 2013 at 15:42

    Pour ceux qui souhaiteraient contacter des services d’aide d’urgence par email (cas d’impossibilité d’accès à un téléphone) :
    http://www.interieur.gouv.fr/Menu-accessibilite/Nous-contacter

  24. bremond

    19 mars 2017 at 3:17

    J’ai porté plainte et enregistré les menaces d’un voisin qui avait pénétré chez moi ; tout est parti chez le procureur de Pontoise…cette personne a plusieurs fois essayé de me parler mais je reste toujours silencieuse d’autant que je ne suis pas rassurée ; aujourd’hui j’ai appelé le 17 car ce voisin avait bloqué l’accès à ma cave certainement pour m’obliger à communiquer…au 17 j’ai demandé une intervention car je ne veux pas m’approcher de ce voisin et j’ai eu une femme qui m’a dit d’arrêter mon cinéma …, se moquant de moi , m’infantilisant et finalement me raccrochant au nez …Même si c’est symbolique , je souhaiterai écrire à leur hiérarchie.Pourriez vous m’aider en m’indiquant une adresse

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