Free-fight et self-défense ?

6 commentaires

J’adore le Free-Fight & le MMA. J’adore la Self-Défense. Les deux sont bien différents. Et pourtant, quand le Free-Fight est né (souvenez-vous 1993, les premiers UFC, Royce Gracie qui plaçait un juji-gatame à l’envers…), c’était le sport de combat le plus réaliste qu’il existe — Le plus réaliste, car permettant le plus de techniques & de distances de combat.

Mais n’oublions pas les grands principes de nos disciplines : la compétition par nature ne peut pas être réaliste, et a tendance à supprimer tout ce qui est dangereux et efficace (normal, on souhaite protéger les compétiteurs).

Le site Fight Authority a publié un article intéressant sur les « faiblesses » du MMA dans la rue.
Je me suis permis de traduire en français une partie des éléments cités car je les ai trouvés pertinents et assez complets. Par ailleurs, encore une fois, l’idée n’est pas de critiquer le MMA qui reste une excellente discipline à pratiquer, l’une des plus complètes qu’il soit… mais de voir que même en MMA, pourtant sacrément réaliste, et bien on est encore loin de la réalité !

Fight Authority

Les pré-supposés d’un combat de free-fight (et qui ne tiennent pas dans la rue) :

1. Un endroit précis à un moment prévu (ce qui permet de se préparer)
2. Un seul adversaire, de face
3. Une catégorie de poids
4. Une règle anti-drogues/dopage
5. Pas d’arme
6. Une surface bien délimitée, sécurisée & immobile
7. Pas d’objets usuels/situationnels qui puissent être utilisés (table, chaise…)
8. Des tenues proches du corps rendant très difficile l’utilisation du vêtement de son adversaire
9. Port de gants pour protéger les mains
10. Aucun accessoire/vêtement ne venant encombrer les combattants dans leur mouvement

Les techniques interdites (qui ne le sont pas dans la rue) :

1. Donner un coup de tête
2. Presser directement sur les yeux de son adversaire
3. Mordre
4. Tirer les cheveux
5. Mettre les doigts dans la bouche de son adversaire
6. Attaquer le bas ventre
7. Introduire un doigt dans n’importe quel orifice ou blessure de son adversaire
8. Faire une clés sur des petites articulations (doigts…)
9. Frapper sur la colonne vertébrales ou l’arrière de la tête
10. Donner des coups de coude descendants
11. Attaquer à la gorge (y compris saisie de la trachée)
12. Griffer ou pincer la chair
13. Saisir la clavicule
14. Donner un coup de pied à la tête de l’adversaire au sol
15. Donner un coup de genou à la tête de l’adversaire au sol
16. Ecraser du talon un adversaire au sol
17. Frapper les reins à coups de talon
18. Smatcher sur la peau de la tête ou du cou
19. Projeter son adversaire en dehors du ring
20. Tenir le short ou les gants de l’adversaire
21. Cracher sur son adversaire
22. Avoir une attitude anti-sport pouvant conduire à blesser son adversaire
23. Tenir la corde ou la cage (pour plus de stabilité)
24. Insulter l’adversaire
25. Attaquer pendant le break
26. Attaquer pendant que l’arbitre intervient
27. Attaquer après que la fin du combat ait été signifiée
28. Ne pas respecter les instructions de l’arbitre
29. Être timide (!) et éviter tout contact avec son adversaire intentionnellement, jeter son protège-dents régulièrement ou faire croire à une blessure

6 Comments

  1. Yoan

    3 novembre 2010 at 22:18

    Bonjour, je me permets d’intervenir sur cette article étant pratiquant de MMA, membre de l’ACDS (depuis cette année) et quelques années de penchak silat derrière moi…bref

    Effectivement le MMA a des failles si l’on se réfère à une situation dans la rue, mais, je crois et je l’espère, que les pratiquants de ce sport de combat s’entrainent dans cette discipline afin de se dépenser et pourquoi pas faire de la compétition et non pour se battre dans la rue (évidemment il y a toujours des exceptions…).
    D’un autre côté, la self-défense quelle qu’elle soit (même si je considère qu’il y en a des biens et des moins biens) a ses limites. Trop souvent les gestes sont codifiés! L’adversaire donne un coup de poing ou un coup de couteau et reste vers l’avant sans revenir en garde ou à sa position de départ. Les techniques de défense se limitent souvent face à un enchainement d’un ou deux coups…

    Tout ça pour dire que chaque discipline à ses limites mais avant de la pratiquer, je pense qu’il faut se demander pourquoi on la pratique et dans quel but?!

    Pour faire face à une situation d’agression dans la rue, je dirais qu’il faut avoir des connaissances en pied poing, sol (les bagarres de rue terminent souvent au sol), lutte, self…en gros, touché un peu tout lol, ce qui n’est pas du tout évident!
    Pour la rue on peut tirer des limites dans chaque discipline mais également des avantages, à nous de faire le bon choix et d’en prendre conscience 😉

  2. admin

    3 novembre 2010 at 23:52

    100% d’ac’ !
    « absorb what is useful » 🙂

  3. Bruno

    4 novembre 2010 at 18:36

    pour ma part après plusieurs années de pratique de la boxe anglaise et un peu de full contact, je me suis mis au krav maga. Redoutable, poing pied sans limite plus quelques clés et projections, très efficace mais pas très sportif dans l’esprit

  4. Coach sportif

    15 février 2011 at 15:53

    Merci pour toutes ces infos sur cette discipline ! bonne continuation.

  5. Pingback: Les fondamentaux du MMA - PROTEGOR® guide & blog de sécurité personnelle, self-défense & survie urbaine

  6. DavPit

    27 novembre 2013 at 18:08

    le MMA est une discipline sportive a part entière. C’est un sport de combat qui n’est effectivement pas appris dans le but de se battre dans la rue, même s’il est certain qu’il y aidera en cas d’agression.C’est une discipline très complexe et très technique.
    En situation de stress intense (partons sur l’idée d’une agression violente avec multi-agresseur et donc, un danger grave, voir de mort) le trop plein de technique sera inapplicable dans la rue et créera un « bouchon » au niveau du cerveau.
    L’enseignement de la self-défense est étudiée pour le contexte de la rue. Si l’enseignant est objectif il ne s’éparpillera pas et restera minimaliste dans ces techniques de défenses qui seront enseigné comme des principes plutôt que comme des techniques.
    L’enseignement de la self-défense doit en premier lieu prendre en compte le « facteur stress intense », le mécanisme de la peur et ses conséquences physiologiques.
    La démarche d’apprentissage de la self-défense est avant tout psychologique, la technique doit rester secondaire. Il s’agit de sauver sa peau et non de marquer des points. Aucune comparaison possible avec tel ou tel sport de combat.Le plus grand des champions sera toujours déstabilisé par un coup génital, un coup de tête ou une morsure sévère….

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