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Posté le 4 janvier 2012 |
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Les « GPB » (gilets pare-balles) sont à la fois mythe & mystère : tout le monde connait mais peu connaissent vraiment. Peu de gens connaissent vraiment car le monde des munitions est complexe et car les niveaux de protection sont peu parlants. J’ai pensé qu’un article de vulgarisation pourrait avoir de la valeur ajoutée pour les lecteurs du blog. Les spécialistes relèveront quelques imprécisions ou oublis, normalement pas d’erreur — j’ai volontairement fait synthétique pour rendre accessible le sujet à une audience large.
Minimum à connaître sur les munitions
- côté armes de poing, les revolvers sont souvent en .38* ou en .357* (et peuvent aller jusqu’au .44* voire .50* ; le qualificatif Magnum adossé à une munition signifie une charge plus importante de poudre) et les pistolets souvent en 9mm ou en .45* (aux US, le .40* est courant)
- côté fusils d’assaut, les calibres les plus courants sont le 5,56 OTAN (permettant de tirer la munition .223* Remington) pour le FAMAS français et le fameux M4 (M16) américain, le 7,62 Russe pour la très célèbre Kalashnikov (AK47), et le 7,62 OTAN (munition .308 winchester) pour les FAL, M14, SIG 751, AR10, etc.
- côté fusils d’assaut, le diamètre de l’ogive est donc assez petit, la charge de poudre supérieure (ce qui confère à la balle une vitesse souvent 2 à 3 fois plus rapide que pour une arme de poing), et donc la pénétration beaucoup plus forte que pour une arme de poing
- côté armes de chasse & fusils à pompe, la munition est souvent en « calibre 12 » (18,5mm de diamètre) et son contenu peut être très varié (chevrotine de différents grains, Brenneke ou « slug » quand la cartouche ne contient qu’un seul projectile)
- malgré ces généralités, il existe des centaines de munitions différentes, variant de diamètre, de poids de l’ogive, de charge, etc. Pour aller plus loin, un des ouvrages de référence sur les munitions est le Malfatti
* (diamètre de l’ogive en pouce ; 1 pouce = 2,54cm)
Minimum à connaître sur les niveaux de protection balistique
- il existe plusieurs standards balistiques qui peuvent permettre de mesurer le niveau de protection d’un GPB
- le standard le plus connu est le standard américain NIJ (National Institute of Justice) et est composé des niveaux IIA, II, IIIA, III et IV. Vous pouvez retenir :
- les niveaux IIA et II arrêtent certaines balles d’armes de poing, considérez ces niveaux comme désuets
- le niveau IIIA arrête la majorité des munitions d’armes de poing, y compris les plus fortes (.44 Magnum par exemple)
- les niveaux III et IV permettent d’arrêter certaines munitions de fusils d’assaut, ainsi que les Brenneke ; le niveau III permet d’arrêter des munitions blindées standards (noyau en plomb), alors que le niveau IV stoppe les balles dites perforantes (pointue avec noyau acier)
- certaines entreprises productrices de GPB créent parfois leurs propres niveaux intermédiaires (III+, III++, IV+, etc.)
Minimum à connaître sur les GPB
- un gilet pare-balles souple est, à ce jour & niveau de technologie, au plus de niveau IIIA ; il n’arrêtera donc jamais une munition de fusil d’assaut
- un gilet pare-balles souple simple ne protège en général pas des attaques au couteau (un coup d’estoc traversera la couche pare-balles), sans l’ajout d’un insert spécifique anti-couteaux
- pour protéger d’un fusil d’assaut, il faut des plaques dures (inserts additionnels) dites « plaques balistiques »
- il est possible d’ajouter ces plaques par dessus son gilet souple IIIA (c’est le concept ICW, « In Conjuction With »), grâce à un gilet porte-plaques (en anglais « plate-carrier » ou « armor-carrier »), pour atteindre le niveau III ou IV ; pendant des années, la référence de porte-plaques était le CIRAS de la marque Eagle – ce modèle a depuis été largement copié, amélioré… des marques comme Crye Precision ou TYR Tactical propose des systèmes désormais encore plus évolués
- il est aussi possible de ne porter qu’un gilet porte-plaques équipés de plaques dite « stand alone » et protégeant à elle-seule le porteur dans un niveau III ou IV
- les plaques dures couvrent moins le corps qu’un gilet souple ; une plaque stand-alone est en général plus lourde qu’une plaque non stand-alone ; une plaque IV est en général plus lourde qu’une plaque III ; la capacité « multi-impact » d’une plaque n’est pas un élément constitutif de son niveau standard de protection, c’est donc un point supplémentaire à vérifier
- certains gilets pare-balles disposent d’une plaque anti-trauma ayant pour objectif d’absorber une partie du choc de l’impact ; il ne faut pas confondre cette petite plaque fine avec une plaque balistique bien plus épaisse & massive
- les matériaux fréquemment utilisés pour les gilets souples sont le fameux Kevlar® (fibres d’aramide), ou des dérivés comme le Twaron®, le GoldShield®, ou des produits à base de PolyEthylène comme le Dyneema®
- les matériaux fréquemment utilisés pour les plaques balistiques sont la céramique (de différents types), le PE (PolyEthylène), l’acier pur, etc.
- la détention de gilet pare-balle souple, de porte-plaques, et de plaques balistiques personnelles est libre en France (et dans la plupart des pays) ; l’acquisition reste toutefois plus compliquée (certains revendeurs demandant par précaution une carte professionnelle de crainte de vendre du matériel qui serait ensuite utilisé dans un casse)

En photo,
– à gauche, un gilet pare-balles souple IIIA de marque SecondChance, avec plaque anti-trauma
– à droite, un porte-plaques Blackhawk (disponible chez USMC), équipé de plaques de niveau IV, par-dessus le gilet souple ; à noter la poignée ici sur l’épaule gauche, permettant de dégrafer tout le gilet en urgence
Merci à Terräng pour les essais de plaques, et à YannC pour les corrections sur l’article